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vendredi 27 juin 2008

Terra pas bien Nova

"L'expertise proclamée ne sert en effet pas à grand-chose si ce n'est à taper encore et toujours sur le gouvernement, ou à se préoccuper de la tambouille interne du PS". Moktarama résume parfaitement ce que je pense de Terra Nova, la fameuse fondation-qui-va-révolutionner-la-pensée-de-gauche.

A Chartres, on aime voter

Décidement, les électeurs de la première circonscription de l'Eure-et-Loir n'ont pas fini de voter pour désigner leur député. En juin 2007, le sortant Jean-Pierre Gorges (UMP) est réélu d'extrême justesse, au cours d'un scrutin finalement annulé, à cause de la frénésie de coupage de rubans du réélu juste avant les élections. La législative partielle, organisée fin janvier et début février 2008 se termine par la nette victoire de la candidate socialiste, François Vallet, le contexte national (chute de popularité de Sarkozy) ayant été particulièrement néfaste au sortant UMP. Et voilà que cette élection partielle est annulée, et que la députée socialiste se retrouve même inéligible pour un an. Que lui est-il donc arrivé ?

Lors de cette campagne, Françoise Vallet a bénéficié du soutien d'une personne qui voulait beaucoup de mal à Jean-Pierre Gorges. Il s'agit du patron d'un supermarché, qui voulait s'implanter dans l'agglomération de Chartres, et qui en a été empêché. Ce monsieur a considéré que les obstacles mis au développement de sa société privée venaient du maire de Chartres (à tort ou à raison, je n'en sais rien), et que le meilleur moyen de lever les obstacles est de faire disparaitre Jean-Pierre Gorges de la scène politique. Pour cela, il s'est employé, de manière très grossière, en faisant tirer des tracts diffamatoires et en organisant une manifestation du personnel de son supermarché devant la maire de Chartres (dont le maire était et est toujours Jean-Pierre Gorges). Là où la candidate socialiste n'a pas été maligne (mais alors pas du tout), c'est lorsqu'elle s'est affichée à la manifestation, signifiant par là qu'elle acceptait l'aide ainsi apportée par le directeur du supermarché. Je vous rappelle que l'on était alors entre les deux tours et que la défaite de Jean-Pierre Gorges était prévisible. Elle n'avait donc pas besoin de cela pour gagner. Comme quoi, il n'y a pas qu'à droite qu'ils ne sont pas malins.

Le Conseil constitutionnel a invalidé et déclaré inélgibile car il n'avait pas le choix, comme pour Georges Fenech et Joel Sarlot, le rejet du compte de campagne entrainant automatiquement la sanction. L'idée est de faire évoluer cela, en offrant au conseil constitutionnel une marge de manoeuvre. Bernard Accoyer vient d'ailleurs de missionner Pierre Mazeaud sur le sujet, et le conseil constitutionnel a faire savoir très officiellement qu'une telle réforme est plus que souhaitable. Cela aurait-il sauvé Françoise Vallet ? Je n'en suis pas certain, car si Georges Fenech et Joël Sarlot sont tombés pour des erreurs purement formelles, François Vallet a quand même commis une faute démocratiquement plus substantielle.

Au cours de sa campagne, elle a sciemment profité de l'aide d'un chef d'entreprise qui ne se cachait pas de ne défendre que son entreprise, et de ne souhaiter la défaite de Jean-Pierre Gorges que pour pouvoir lever un obstacle à ses affaires. Je trouve totalement indécent qu'un chef d'entreprise mélange ainsi les genres. Ce qui est proprement scandaleux est qu'une candidate, au lieu de dénoncer un tel comportement, ait voulu l'utiliser à son profit. Son invalidation et son inéligibilité sont donc, à mon avis, amplement mérités !