Le gouvernement vient de lancer une grande campagne de publicité pour vanter son action sur le pouvoir d'achat. La marque de Thierry Saussez, à n'en pas douter. A défaut de faire, on fait parler. C'est une vision très politique des choses.

Le gouvernement a consenti beaucoup d'efforts pour soutenir le pouvoir d'achat. Toutes les ficelles ont été utilisées, jusqu'aux limites. Pour un résultat bien maigre, mais peut-on en faire le reproche au gouvernement. Il a fait des choix, en ciblant les bénéficiaires de ses politiques. On va me dire qu'il n'y en a eu que pour les riches. Oui, ils ont été servis, mais nombre de mesures contenus dans la loi TEPA visaient les classes moyennes, et visaient à favoriser la transmission de l'argent de ceux qui l'épargne à ceux qui le consomment. Encore faut-il qu'il y ait de l'argent à transmettre. Les "pauvres" ont également eu droit à quelque chose, avec une augmentation du SMIC, mais la marge de manoeuvre est plus étroite avec eux, car on ne peut jouer que sur un transfert direct d'argent public (comme les augmentations du SMIC ou des petites retraites). Il n'est pas possible de tenter de jouer sur des arbitrages entre épargne et consommation, puisque de toute manière, ils n'ont pas les moyens d'épargner.

La conjoncture économique n'a pas franchement aidé le gouvernement, avec la hausse des prix des matières premières, que l'on retrouve évidemment dans les prix à la consommation, alimentant une inflation qui grignote les marges supplémentaires que le gouvernement s'est efforcé d'apporter. Et contre la conjoncture, il n'y a pas grand chose à faire, surtout quand on dispose d'aussi peu d'outils de politiques économiques. Pas de contrôle sur la monnaie, donc pas de dévaluations. Très forte contrainte sur les déficits, donc limitation drastique de la redistribution directe.

Bilan, les résultats sont maigres, et perçus comme tels par la population. C'est du pain béni pour l'opposition, qui bien entendu en fait porter l'entière responsabilité sur le gouvernement. En lançant cette campagne de pub, le gouvernement innove en se plaçant sur le terrain de la comm' à l'état pur, de la publicité. Le produit n'est pas terrible, mais avec un petit coup de ripolin et un bon matraquage publicitaire, on devrait pouvoir arranger les choses. C'est un peu désolant, mais c'est quelque part la réponse logique à une manière de faire de la politique qui privilégie l'emballage sur le contenu. La gauche n'est pas meilleure et ferait mieux de se taire quand elle dénonce le "gaspillage financier" que représente cette campagne de pub, car les conseils régionaux, et notamment celui d'ile de France, ne font pas autre chose !