Louis Gallois vient de rendre son rapport. J'aurais vraiment aimé qu'il soit enterré, car c'est une escroquerie politique, une honte ! La mesure principale, reprise par un gouvernement qui se dit socialiste (oui, de gauche...), consiste à transférer 20 milliards de charges payées par les entreprises, sur les ménages. Sans le moindre engagement de la part des entreprises... Un cadeau pur et simple ! Tout cela ressemble à une opération de lobbying du Medef. Qu'elle réussisse avec la droite au pouvoir, ce n'est guère surprenant. Mais avec un gouvernement dit de gauche, c'est sidérant.

L'affliction devient profonde quand on regarde comment le gouvernement finance ce transfert de charge : hausse de la TVA, l'impôt indolore par excellence, qui pèse sur les ménages et particulièrement sur les plus modestes. Le recours à la CSG n'a pas été retenu "parce que la CSG pèse sur la feuille de paie" et ça se serait vu. Le dispositif retenu, un crédit d'impôt, est une magnifique usine à gaz, qui laisse la trésorerie à la charge des entreprises : elles continuent à payer comme avant, et sont remboursées ensuite. Le but avoué est de faire remonter les marges des entreprises, sans le moindre dispositif pour orienter l'usage que vont faire les entreprises de ce supplément de marge : investissement ou distribution de dividende ? Que croyez-vous qu'elles vont faire ?

Les autres propositions du rapport Gallois ne sont que des cadeaux financiers de l'Etat aux entreprises comme le maintien des dispositifs fiscaux avantageux ou la sauvegarde des trésoreries, ou de vieux trucs impossibles à mettre en place comme le small business act, qui oriente les commandes de l'Etat vers les PME ou encore des "démarches de simplification". Depuis Jean-Luc Warsmann, on sait ce que veut dire "simplification". Le plus ridicule, et représentatif malheureusement, est la proposition de sanctuariser le budget de la recherche publique, sans la moindre interrogation sur la qualité et l'organisation de cette recherche publique. Tout est à l'avenant : l'Etat doit financer, mais ne surtout pas regarder ce qui est fait avec l'argent, et bien entendu, encore moins contrôler...

Et le gouvernement reprend le truc. Délirant et inquiétant !