Je suis absolument sidéré par l'annonce, par le gouvernement, de la mise en place d'une TVA sociale. Alors qu'il en était question déjà en 2007, avec une magnifique bourde de Jean-Louis Borloo (qui a coûté 30 députés à l'UMP), rien n'a été fait depuis. Eric Besson s'est même d'ailleurs chargé de la flinguer par un rapport rendu en septembre 2007. Et voilà qu'à l'orée de la campagne présidentielle, on nous ressort le bouzin, la bouche en cœur, en nous promettant qu'on va le faire...

On nous l'annonce, mais sans nous dire que ça va induire une réforme fiscale de fond, notamment sur les cotisations sociales. Et bien évidemment, on ne nous donne aucune indication sur l'architecture globale du nouveau système. Cette question de la réforme fiscale est pourtant essentielle, tant notre droit fiscal est devenu complexe. On l'a bien vu depuis 10 ans, rien qu'avec la question des niches fiscales, combien il est difficile de faire des réformes ponctuelles. C'est une démolition-reconstruction qui est nécessaire pour mettre en place la TVA fiscale. La crédibilité de cette annonce nécessite un peu d'information sur l'ensemble.

Je crains que nous n'ayons pendant cette campagne, une série d'annonces, nous assurant que le candidat Sarkozy fera, entre 2012 et 2017, tout ce que le président Sarkozy n'a pas pu ou voulu faire entre 2007 et 2012. Il faudra quand même qu'on m'explique comment, avec les mêmes équipes, la même majorité, les mêmes lobbies, il arrivera, d'un coup de baguette magique, à réussir là où il a échoué...

Ça marche quand on n'a pas été au pouvoir depuis 10 ans. On ne fait pas une campagne de challenger quand on est le sortant, à moins de prendre vraiment les gens pour des cons.