Les anti-sarkozystes primaires pensent avoir trouvé un nouvel os à ronger. Sarkozy aurait traité un journaliste de pédophile. Le journal Libération publie l'intégralité du son de ce "off", ce qui permet à chacun de se faire une idée réelle de tout cela.

Passons rapidement sur l'accusation de dérapage, qui est totalement bidon. Le son permet de se rendre compte de l'ambiance et de voir qu'on est dans une conversation informelle. Nicolas Sarkozy ne s'exprime pas officiellement, mais bavarde. A cette occasion, il fait un peu d'humour. Je ne vois pas comment on pourrait prendre autrement ses propos.

Ce son est très intéressant car il est long. C'est rare que l'on ait ainsi à disposition un tel document, qui nous parle bien plus du travail des journalistes que de Sarkozy. On y entend Nicolas Sarkozy rappeler aux journalistes quelques règles élémentaires de leur métier : être précis, ne pas tout prendre pour argent comptant et avoir des documents, pas des on-dit. Une discussion s'engage, sans énervement, bien au contraire. Ce genre de conversation peut difficilement donner lieu à un article. Il n'y a pas, à proprement parler, d'info qui justifie un papier. Mais il permet aux journalistes de sentir un état d'esprit, d'entendre la défense que présente Sarkozy (qui tient parfaitement la route). La tonalité de ce qu'ils pourront écrire sur ce sujet peut changer après cet échange informel.

Cela permet de casser un peu le mythe du "off", ce moment du "on nous cache tout on nous dit rien" qui fait les choux gras des populistes et complotistes de tout poil. Cela permet de bien se rendre compte que les journalistes en ont besoin pour bien faire leur travail, et qu'il n'y a pas de secret d'Etat, de connivence inavouable. Briser ce genre de "off" n'a aucun intérêt pour l'information du public. C'est en écoutant ce son que l'on s'en rend compte et qu'on se dit que finalement, les journalistes ne font pas si mal leur travail (malgré tout les reproches qu'on peut leur faire et que parfois, ils méritent).