Nicolas Sarkozy n'était pas présent à l'ouverture du Salon de l'Agriculture. Il a préféré un déplacement officiel à l'étranger. Aussitôt, ses opposants croient y voir une faute politique et tentent de s'engouffrer dedans, dénonçant un "abandon" des paysans. Juste parce qu'il a laissé le ministre en charge du secteur couper le ruban. Une fois de plus, Aubry et Bayrou sont à la remorque des évolutions de la société...

Si les agriculteurs ont pu être un groupe électoralement puissant, c'est fini depuis bien longtemps. Numériquement, ils ne pèsent plus rien. Pareillement, leur "puissance" liée à leur capacité de nuisance a beaucoup baissé. Une moindre indulgence de la justice envers leurs débordements en a calmés beaucoup (et c'est très bien). Restait le dernier vestige de cette ancienne splendeur, la puissance symbolique. Et bien même elle est en baisse. L'agriculteur n'est plus entouré de la moindre aura, il n'a plus un "rôle à part". La guerre est loin, le problème de la nourriture ne se pose plus et ceux qui s'en souviennent sont de moins en moins nombreux. Même la ruralité n'est plus marquée par l'agriculteur. Les néoruraux ont envahi nos campagnes, avec un mode de vie finalement très urbain, et où l'agriculture est une nuisance (le bruit et l'odeur). C'est le signe que les français ont quasiment oublié leurs racines, par une sorte d'exode rural "intellectuel".

Il n'y a donc plus grand risque, pour un président de la République, à boycotter ce qui n'est, finalement, qu'un salon professionnel comme un autre. Il y aura quelques grognements au sein d'une profession habituée à plus d'égards, mais c'est à peu près tout. Entre arpenter les travées du parc des expositions de la porte de Versailles et aller en Afrique, et notamment au Rwanda, il n'y a pas photo !