jeudi 30 avril 2009
Spirale infernale
Par Samuel, jeudi 30 avril 2009 à :: Parlement
Depuis quelques mois, les travaux de l'Assemblée nationale partent en vrille. Les incidents se multiplient, les échanges sont musclés et de plus en plus de textes donnent lieu à un affrontement politique où le projet de loi en discussion n'est qu'un prétexte pour croiser le fer. Il y a eu la réforme constitutionnelle, la loi audiovisuelle, la loi organique sur le droit d'amendement, maintenant Hadopi 2 et demain la réforme du règlement de l'Assemblée.
Le groupe PS est clairement responsable de cette situation. Ils ont fait le choix délibéré de chercher l'affrontement. Cela permet de souder le groupe, très divisé et plongé dans un vide sidéral de propositions, à l'image du parti d'ailleurs. On le sait, rien de mieux qu'un ennemi extérieur pour resserrer les rangs. Alors tout est bon pour agresser l'UMP, pour politiser les textes et en faire un affrontement binaire. Et à ce jeu, ils ont trouvé un allié en la personne de Jean-François Copé. Brillant politique, il s'ennuit à l'Assemblée. Le travail parlementaire l'emmerde alors qu'au contraire, les joutes politiciennes l'enchantent. Cela lui permet de se mettre en valeur, de souder son groupe, sommé de faire taire les divergences sur le contenu des textes. Rien de mieux pour éviter les couacs que d'imposer ainsi l'unité face à l'ennemi.
Cela me désole car le grand perdant dans l'affaire, c'est le travail parlementaire. Déjà que les textes sont mal foutus en temps ordinaire, je ne vous parle pas de ce que ça donne. Le groupe PS n'ayant aucune intention d'être constructif sur le fond, les rares propositions intéressantes qui pourraient être formulées de part et d'autres sont noyées dans le flot des diatribes politiques. Le bébé part avec l'eau du bain. Les décisions se prennent en petit comité, entre députés influents de la commission concernée car, une fois en séance publique, il n'y a plus d'échange, plus de débats. La loi organique sur le droit d'amendement est un exemple de massacre d'un texte, littéralement pris en otage par des considérations purement politiciennes. La séance publique n'a rien apporté de constructif, alors que pourtant, il y aurait eu des choses à dire. Même chose hier soir dans le débat sur la deuxième lecture d'Hadopi 2, où les échanges entre Jean-François Copé et Jean-Marc Ayrault ont été minables. Le premier attaque le second à propos de députés PS qui auraient filmé la séance de la commission des lois avec leur téléphone portable, Ayrault contre-attaquant sur une pinaillerie mesquine à propos d'une annonce qui aurait été inscrite au PV d'une séance alors qu'elle n'a pas été prononcée effectivement par le président de séance. Ce fut pitoyable, et le pire, c'est que les deux intervenants semblaient se contrefoutre du texte, qui pose pourtant d'immenses problèmes. Là n'est plus la question.
J'ai vraiment peur que cela aille en s'amplifiant et ne mette à mal le travail parlementaire, qui doit se faire dans un état d'esprit de collaboration loyale en commission, et dans l'affrontement politique policé en séance publique.