Nicolas Sarkozy a annoncé clairement sa volonté de supprimer le juge d'instruction, pour le remplacer par autre chose. Mais dans son discours, il n'a pas dit ce que serait cet "autre chose". Il a donné quelques indications, mais finalement pas grand chose, en tout cas rien de figé ou de réellement attentatoire aux libertés.

Ces annonces sont un peu étranges, car si le président dit clairement d'où on part, il ne dit pas vraiment où on va arriver. Cela peut inquiéter, mais personnellement, cela me rassure, car pour une fois, toutes les options sont ouvertes et c'est du débat et des échanges que naitra la solution. Pour une fois qu'une réforme ne sort pas toute ficelée du bureau du président, on pourrait se réjouir. Et bien non, c'est le concert des gueulards et des conservateurs, qui annoncent tout de go que c'est une régression démocratique. Il faudrait peut se calmer et surtout savoir ce qui va être mis en place !

Ce genre de remarque m'agace d'autant plus quand ils viennent d'une ancienne juge d'instruction, exemple vivant d'un certain nombre de dérives. Le juge d'instruction doit instruire en toute impartialité. Il n'a pas à se prendre pour Zorro, il n'a pas à faire d'un dossier une "affaire personnelle". Si tant de PV d'audition arrivent si vite dans la presse, qui les donnent ? Je ne parle même pas du scandale d'Outreau, faillite d'un homme, mais surtout d'un système.

Dire que l'existence du juge d'instruction ne pose aucun problème, c'est de l'aveuglement. Je suis donc assez d'accord pour une réforme en profondeur de la procédure pénale.

Reste à connaitre son contenu. L'essentiel est là et non dans la défense d'un totem ou d'une vache sacrée. Que tout ceux qui protestent et tempêtent prennent plutôt leur plume pour proposer des alternatives. Leur énergie sera mieux employée !