Christine Albanel et Frédéric Lefebvre nous ont annoncé que la fin de la publicité sur France télévision pouvait se faire par décret. Qu'apprend-on aujourd'hui ? que finalement, cela se fera par décision du président de France-Télévision, qui est parfaitement habilité, comme gestionnaire de la société, à décider de l'organisation des programmes et de la diffusion ou non de spots de publicité. Mais de décret point, juste une lettre à Monsieur de Carolis lui enjoignant de prendre l'initiative.

Cette "voie règlementaire" était donc du flan. Les juristes les plus éminents avaient d'ailleurs émis des doutes certains sur cette hypothétique voie règlementaire, de même que certains personnages hauts placés de la république. J'attends avec un certain amusement la reprise des débats sur le projet de loi, cet après midi à 16 heures. Les députés de l'opposition ne vont pas manquer de commenter cette annonce. Et ils auront raison, car un tel comportement de la part d'un ministre, qui tente clairement un coup de bluff, c'est indigne de notre démocratie. Comment voulez-vous qu'elle soit crédible après ? Et surtout, comment voulez-vous qu'elle soit respectée après une telle tentative d'enfumage ?

Ce qui m'amuserais encore plus, c'est que Patrick de Carolis, qui sait que de toute manière il ne sera pas reconduit, décide de refuser. Il en a parfaitement le droit, et l'Etat a beau être actionnaire majoritaire, il n'en a pas pour autant le droit de donner des ordres directs et précis à celui qu'il a nommé. Il a certes bien des moyens de faire entendre raison au PDG de France télévisions, mais pas de moyen de le contraindre. La seule solution est de le destituer, ce qui est long et ne se fera pas pour le 5 janvier...

Un tel incident serait du plus mauvais effet pour le gouvernement et surtout pour Christine Albanel, à la veille d'un remaniement...