Dans deux affaires très médiatisées, nous avons surtout entendu une version, celle de la "victime" que l'on a eu trop tendance (certains ne se sont même pas posé la question) à prendre pour la vérité pure. J'aimerais, dans les deux cas, attirer l'attention sur la parole de l'autre intervenant, à savoir à chaque fois les forces de l'ordre. Je ne dis pas que leur version est la vérité pure, mais le recoupement des deux versions peut permettre de cerner les points qui posent problème, et éclairer ainsi le degré de "bonne foi" de chacun.
Commençons par l'affaire de Filippis, ce journaliste de Libé qui a connu les désagréments de la procédure d'arrestation. Aliocha publie le témoignage d'un commissaire, qui explique comment ça se passe dans ces cas-là. Oui, la fouille au corps est humiliante, mais nécessaire, car effectivement, s'il arrive malheur (suicide en garde à vue par exemple) c'est sur les policiers qu'on tombera à bras raccourcis ! Soit on leur donne les moyens d'exercer pleinement leurs fonctions, soit on accepte qu'ils ne soient pas responsables en cas de pépin. C'est l'un ou l'autre. Personnellement, je préfère qu'on laisse à la police les moyens de mener à bien son action, tout en surveillant et en sanctionnant les débordements. Dans cette affaire, le policier apporte des éléments qui cassent un peu la version de Monsieur de Filippis. Bien entendu que les policiers savent qui ils arrêtent, surtout si c'est un journaliste. C'est l'évidence même ! La réaction violente de Monsieur de Filippis, sans doute vexé d'être traité comme une personne ordinaire, a inutilement dramatisé la chose. Quand le ton monte, qui est responsable, difficile à dire, en général, les torts sont partagés. Sur cette affaire, il manque un témoignage, celui de la juge. Pourquoi a-t-elle utilisé ce moyen de convocation, en apparence disproportionné avec les faits reprochés ? Quelles sont ses raisons ?
L'autre affaire est celle d'un descente de police dans un établissement scolaire à la recherche de produits stupéfiants. Un épisode a eu lieu à Auch, l'autre à Marciac. Le blog Secret défense (trouvé via Rubin) publie le témoignage du responsable de gendarmerie qui a procédé à la visite à Auch. Que la police entre dans les établissements scolaires ne me choque pas, à condition que cela soit fait dans les règles, c'est à dire sur réquisition d'un juge ou d'un procureur, avec l'assentiment de la direction de l'établissement. A Auch, le but était de trouver de la drogue, et les policiers en ont trouvé. Pas beaucoup certes, mais ils ont attrapé un dealer. Cela servira de leçons pour les autres ! Que cela fasse forte impression sur des jeunes, ce n'est pas forcement mauvais. Il est bon de temps en temps de rappeler qu'il existe des lois et qu'elles sont appliquées !
Dans ces deux affaires, on retrouve le même discours anti-policier de la part des "victimes". Tout juste si on ne dit que les policiers qui ont opéré étaient semblables à ceux qui en 1942, venaient arrêter les juifs. En tout cas, tout est fait pour le suggérer. Les médias de gauche se sont jetés sur cette affaire, car l'allergie à la police est un élément de l'identité de leur lecteurs, qui ne peuvent que s'y retrouver dans un article s'indignant vertueusement de "débordements" policiers. Ces mêmes lecteurs sont pourtant bien contents de faire appel à la police quand ils en ont personnellement besoin. De gauche quand c'est pour les autres, de droite quand c'est pour sa pomme...