Si j'étais militant PS (pure hypothèse de travail, vous vous en doutez), je voterais ce soir pour Ségolène Royal.

C'est vrai que j'ai dit pis que pendre de cette femme. C'est encore plus vrai que je pense toujours ce que j'ai écrit. Mais...

A un moment donné, on est devant un choix, pas seulement de personnes, mais aussi d'orientations. Il faut trancher, et le faire à partir des éléments (un ou deux, pas plus) que l'on considère comme étant les plus importants. Oui Ségolène est une caractérielle, oui elle joue de manière détestable sur le registre émotionnel, oui elle n'est pas claire sur son programme de gouvernement et pas franchement au point sur les dossiers. Mais...

Elle propose très clairement de rompre avec le fonctionnement actuel du parti socialiste, celui-là même qui est responsable de tous les échecs depuis 20 ans (1997 a été une "divine surprise", davantage une défaite de la droite qu'une victoire de la gauche). Le clivage est très tranché avec Martine Aubry, qui dit très clairement qu'elle est pour le maintien des modes de fonctionnements actuels du PS.

Entre l'immobilisme d 'Aubry et la saut dans l'inconnu de Royal, je n'hésiterais pas une seule seconde. Si j'étais militant socialiste, je me dirais que l'important est là : il faut absolument une rupture, un renouveau du PS, et quoique je pense de la personne de Ségolène Royal, je la crois capable de provoquer cette rupture et ce grand ménage. Ce sera peut-être le chaos, le bruit et la fureur, mais ce sera toujours mieux que de rester dans l'impasse où se trouve actuellement le PS.