Thierry Saussez, le nouveau gourou de la communication du gouvernement veut des moyens à la hauteur de ses ambitions. Il ne demande pas moins qu'un quadruplement de son budget. Il peut toujours demander, c'est certain que s'il ne demande rien, il n'aura rien. Pour l'instant, Matignon (dont Saussez dépend budgétairement) semble répondre favorablement sur le principe. Reste à trouver l'argent et c'est là que ça commence à devenir drôle !

La solution envisagée, parfaitement cohérente, est de rapatrier les budgets communication des différents ministères. Puisque l'on centralise la fonction communication, que l'on centralise aussi les moyens. C'est d'une logique intellectuelle imparable. Reste à la mettre en oeuvre. Et là, j'attends avec gourmandise, car les différents services de communication des ministères ne vont certainement pas se laisser faire ! C'est leur survie qui est en jeu ! Pour y arriver, il faudra de la patience, une excellente connaissance des circuits de pouvoirs et des moeurs administratives ainsi qu'un poids politique certain pour emporter les arbitrages qui ne manqueront pas d'être demandés en haut lieu. Cela va bouffer du temps et de l'énergie !

Plus vraisemblablement, on va piquer du pognon comme on pourra, ceux qui verront leur budget rétrécir tenteront, en interne, de gratter des crédits à droite et à gauche, pour continuer à exister. Les ministres seront solidaires de leurs services de comm' et s'arrangeront pour qu'ils continuent à être alimentés, quitte à trafiquer un peu. De toute manière, ils ont l'habitude...

Au final, Saussez aura son budget, vendu au public comme une non augmentation, sans pour autant que les différents services de communication internes aux ministères ne cessent d'exister et d'agir. La première année, les transferts auront lieu, mais dès l'exercice budgétaire suivant, tels le roseau qui plie mais ne casse pas, les budgets comm' de chaque ministère retrouveront leur niveau réel d'autrefois, de manière plus ou moins masquée. Et voilà comment on augmente la dépense publique, par échec d'une louable intention de rationalisation et de recherche d'une meilleure efficacité.