Après leur grogne sur les OGM, les députés continuent sur leur lancée avec la réforme des institutions. Sans aller jusqu'à la rupture ouverte avec le gouvernement (ils ont quand même finalement validé la loi OGM), ils font entendre leur petite musique en détricotant complètement le projet de réforme constitutionnelle. Ils ont commencé en commission des lois, ils poursuivent en séance publique. Adoption du référendum d'initiative populaire, refus de l'inscription dans la constitution de la limitation du nombre de ministres. Pour une fois, les députés UMP semblent bien décidés à prendre les choses en mains et à se faire entendre.

Le message a été bien reçu par le gouvernement qui a été obligé de lâcher sérieusement du lest sur plusieurs points. C'est par exemple la reconnaissance, dans l'article 1 de la constitution, que les langues régionales font partie du patrimoine de la Nation. Alors que les députés bretons, alsaciens, basques, catalans se battaient depuis des années, sans succès pour cette reconnaissance, voilà que tout d'un coup, alors que la commission avait pourtant refusé cette insertion, un amendement porté par le rapporteur et soufflé par le gouvernement, est adopté. Rachida Dati joue d'ailleurs profil bas et cherche à ne surtout pas donner l'impression que le gouvernement tente d'imposer des mesures.

Et ce n'est pas fini, les députés reprennent les débats lundi après midi, avec sans doute encore bien des surprises, tant il reste des points qui fâchent, que ce soit au sein de l'UMP ou entre le PS et l'UMP. Des négociations ont eu lieu à plusieurs endroits, mais il semble bien que le véritable lieu de négociation soit la salle des séances de l'Assemblée nationale. Et cela me réjouit, car enfin, la séance publique redevient le lieu de décision, et non pas une chambre d'enregistrement de décisions prises ailleurs, par d'autres, qui passent ainsi par dessus la tête des députés.

Et surtout, il reste encore le passage au Sénat. Le gouvernement risque fort de ne pas reconnaitre son bébé à la sortie. Et comme il faut un vote conforme des députés et des sénateurs, sans possibilité de CMP, une réunion du Congrès avant le 14 juillet m'apparait bien optimiste. Et encore fois, tant mieux, de telles réformes ne doivent pas se faire à la hussarde, et les commissions comme celle présidée par Edouard Balladur peuvent produire des rapports de bonne qualité, ce n'est pas là que les choses doivent se décider, mais au Parlement !