La situation des chrétiens d'orient est à la mode. Les médias se mettent à en parler, des questions sont posées au gouvernement. Après un long travail de préparation, les passages médias de dignitaires venus à Rome pour un synode sur le sujet, l'événement déclencheur d'émotion est arrivé avec un attentat meurtrier dans une église de Bagdad. La sauce a pris et on nous sort plein d'articles sur le sujet, avec tous les poncifs et les angles occidentalo-centrés habituels.

C'est le Vatican qui est à l'origine de cette montée médiatique, et il est dans son rôle de défense des chrétiens, en premier lieu des catholiques. Remarquez au passage que la plupart des interventions et intervenants dans les médias sont liés à l'église catholique : le patriarche latin de Jérusalem, des maronites, un jésuite égyptien. L'église durement touchée par un attentat à Bagdad est d'obédience catholique. Ce n'est qu'une facette de la chrétienté d'orient, très éclatée (presque autant que les protestants, c'est dire...). Il ne faudra pas que l'on s'imagine que tous les chrétiens d'orient sont catholiques...

On s'inquiète maintenant, mais le problème n'est pourtant pas nouveau. Le déclin de la chrétienté d'Orient a commencé au VIIIe siècle, avec l'arrivée de l'islam et n'a pas cessé depuis. Ce déclin est du aux conversions, et depuis le XIXe siècle à l'émigration. Il y a eu des périodes plus difficiles que d'autres, comme la guerre du Liban, qui a poussé nombre de maronites à l'exil. Le problème est également plus complexe, car il n'est pas seulement religieux. Mis à part quelques islamistes fous furieux, tous aux proche-orient admettent que les communautés chrétiennes ont leur place. C'est une communauté parmi d'autres, qui toutes se tapent dessus. Pendant la guerre du Liban, les chrétiens valaient bien les autres pour les atrocités. Les violences entre communautés musulmanes sont toutes aussi fréquentes. Il n'y a qu'à voir, en Irak justement, les massacres entre sunnites et chiites. En Irak, il n'y en a malheureusement pas que pour les chrétiens, mais pour tout le monde !

Cette préoccupation médiatique finira par retomber, sans avoir apporté le moindre début de solution concrète aux problèmes que rencontrent les chrétiens d'orient. La réponse de Bernard Kouchner est limpide. On est dans le compassionnel pur, avec des gens qui sont loin, qui sont d'une autre aire culturelle, mais avec qui nous avons des liens et que nous pensons proches de nous parce que chrétiens. Bref, nous regardons l'autre en fonction de sa proximité avec nous. As usual...