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Un récif corallien qu’on croyait mort depuis 60 ans refait surface au large du Bénin

Au large des côtes du Bénin, un écosystème que l’on pensait disparu depuis les années 1960 vient de livrer son secret : un récif corallien intact et grouillant de vie repose à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, dans une zone que la lumière du soleil atteint à peine. Une équipe de chercheurs béninois, appuyée par du matériel d’exploration sous-marine, a confirmé sa découverte début septembre.

L’histoire commence dans les années 1960, lorsque des chalutiers remontent accidentellement des fragments de corail dans leurs filets, au large de Cotonou. Faute de moyens pour explorer ces profondeurs, la piste est classée sans suite et le récif présumé mort. Six décennies plus tard, une expédition menée par Gérard Zinzindohoué, de l’Institut de recherches halieutiques et océanologiques du Bénin, décide de vérifier l’hypothèse à l’aide d’un drone sous-marin et de caméras de haute mer.

Un habitat mésophotique resté invisible pendant 60 ans

Le résultat dépasse les attentes de l’équipe. Les images tournées dans cette zone mésophotique — un étage marin où la lumière est trop faible pour la photosynthèse classique mais suffisante pour certaines formes de vie corallienne — révèlent un écosystème dynamique : huit types de coraux différents, principalement des octocoraux, abritent au moins huit espèces de poissons qui s’y nourrissent et s’y reproduisent.

Ce type de récif profond est historiquement l’un des moins étudiés au monde, car il se situe hors de portée de la plongée classique et hors du champ des satellites d’observation utilisés pour cartographier les récifs de surface. Le cas béninois illustre un problème plus large : une partie significative des récifs coralliens de la planète pourrait rester non recensée, faute d’outils adaptés à ces profondeurs intermédiaires.

Pourquoi cette redécouverte compte au-delà du Bénin

  • Un refuge climatique potentiel : les récifs mésophotiques, moins exposés au réchauffement de surface, pourraient jouer un rôle de réservoir de biodiversité si les récifs peu profonds continuent de dépérir.
  • Une base scientifique inédite pour la région : c’est la première preuve documentée d’un récif corallien vivant sur le plateau continental béninois, un point quasiment vierge de données jusqu’ici.
  • Un argument pour les politiques de pêche : la confirmation d’un écosystème vivant pourrait justifier des restrictions locales de chalutage, comparables à des mesures déjà prises ailleurs dans le monde sur des sites similaires.
  • Une méthode reproductible : le protocole associant sonar, drone et caméras de fond peut être répliqué sur d’autres portions du plateau continental africain, où de nombreuses anomalies de sonar historiques n’ont jamais été vérifiées sur le terrain.

Les chercheurs restent toutefois prudents sur l’ampleur réelle du site : seule une portion limitée a été explorée à ce stade, et l’équipe prévoit de nouvelles campagnes pour cartographier précisément son étendue et sa composition. Cette découverte s’inscrit dans un mouvement plus large de redécouvertes scientifiques inattendues qui, comme les nouveaux outils d’observation spatiale, montrent à quel point des pans entiers de notre environnement restent mal connus.

Elle rappelle aussi que les écosystèmes marins profonds sont directement concernés par les risques climatiques qui pèsent sur les océans : hausse des températures de surface, acidification, et pression croissante de la pêche industrielle sur des zones jusque-là jugées sans intérêt économique.

Questions fréquentes

Où se trouve exactement ce récif corallien ?

Il est situé sur le plateau continental au large de Cotonou, au Bénin, à une profondeur correspondant à la zone dite mésophotique, où la lumière solaire ne pénètre que faiblement.

Pourquoi ce récif avait-il été considéré comme mort pendant 60 ans ?

Dans les années 1960, seuls des fragments de corail remontés par hasard dans des filets de pêche avaient été observés. L’absence de moyens d’exploration adaptés à cette profondeur avait empêché toute vérification, et l’hypothèse d’un récif mort avait prévalu par défaut.

Cette découverte va-t-elle changer la gestion de la zone marine béninoise ?

Les chercheurs et autorités locales n’ont pas encore annoncé de mesure de protection formelle. La confirmation d’un écosystème vivant fournit toutefois une base scientifique qui pourrait alimenter une réflexion sur l’encadrement de la pêche dans ce secteur.

Sources

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Christophe
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