Un rapport international signé par 146 chercheurs de 30 pays réclame que le changement climatique soit officiellement déclaré urgence sanitaire mondiale. Publiée le 28 octobre, cette dixième édition du Lancet Countdown, revue par la prestigieuse revue médicale The Lancet, dresse un constat sans détour : les effets du dérèglement climatique sur la santé progressent plus vite que la réponse des gouvernements.
Un rapport signé par 146 chercheurs de 30 pays
Le Lancet Countdown est devenu, année après année, l’un des baromètres les plus suivis des liens entre climat et santé publique. Pour cette édition, 146 chercheurs issus de 30 pays ont croisé données sanitaires, économiques et météorologiques. Leur conclusion est publiée quelques jours avant la COP 31, qui se tiendra à l’ONU du 9 au 20 novembre, et où ce rapport est déjà présenté comme un document de référence pour les négociations.
Des chiffres qui s’accélèrent
Le rapport documente une hausse continue de la mortalité liée à la chaleur :
- 3 millions de décès liés à la chaleur recensés entre 2016 et 2023
- 710 000 morts pour la seule année 2023, un record, dont plus des deux tiers attribuables au réchauffement d’origine humaine
- 2,73 millions de décès par an liés à la pollution atmosphérique
- Une hausse de 36 % de la mortalité liée à la chaleur depuis l’accord de Paris de 2015
Les auteurs rappellent que ces risques climatiques ne se limitent plus à des épisodes isolés : vagues de chaleur, sécheresses prolongées et maladies infectieuses progressent de façon simultanée dans plusieurs régions du monde.
Un coût économique déjà considérable
Au-delà du bilan humain, le rapport chiffre à plus de 1 000 milliards de dollars par an le coût économique de ces impacts sur les trois dernières années, avec des pertes de PIB particulièrement marquées en Asie du Sud-Est (3,9 %) et en Afrique (3,2 %). Un constat qui s’ajoute aux débats déjà vifs sur les perspectives de croissance économique dans plusieurs grandes zones du monde.
Ce que demande le rapport
La chercheuse Marina Romanello, qui a dirigé les travaux, résume l’enjeu : les effets du changement climatique sur la santé « s’accélèrent » plus vite que la réponse mondiale. Le rapport recommande trois priorités :
- reconnaître officiellement le changement climatique comme une urgence sanitaire mondiale, pour déclencher une réponse coordonnée plutôt qu’une succession de crises traitées isolément ;
- sortir progressivement des énergies fossiles, qui représentent encore environ 80 % du mix énergétique mondial ;
- renforcer le financement des systèmes de santé et de la recherche dans les pays les moins développés, les plus exposés aux conséquences du réchauffement.
Le document relève toutefois des signaux encourageants : 56 pays ont déjà engagé l’adaptation de leurs systèmes de santé, et les investissements mondiaux dans les énergies propres ont atteint 2 100 milliards de dollars en 2025. Un mouvement que suivent aussi, à leur échelle, les communes confrontées à des restrictions d’eau de plus en plus fréquentes.
L’ONU Climat a qualifié ce rapport de « majeur », soulignant que les systèmes de santé du monde entier subissent déjà une pression considérable. Reste à savoir si cette alerte scientifique pèsera sur les discussions de la COP 31, qui s’ouvre dans quelques jours.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Lancet Countdown ?
C’est un rapport annuel coordonné par la revue médicale The Lancet, qui réunit des dizaines d’institutions de recherche à travers le monde pour mesurer chaque année les liens entre changement climatique et santé publique.
Pourquoi parler d’« urgence sanitaire mondiale » plutôt que de crise climatique ?
Les auteurs estiment que ce statut permettrait de déclencher des mécanismes de coordination internationale comparables à ceux utilisés lors d’épidémies, avec un financement dédié et un suivi sanitaire renforcé, plutôt que des réponses dispersées pays par pays.
Ce rapport va-t-il changer les négociations de la COP 31 ?
Rien n’est acquis : le rapport est présenté comme un élément d’appui scientifique pour les négociateurs, mais la décision de modifier le statut international du changement climatique reviendra aux États membres de l’ONU réunis lors de la conférence.
Sources
France Info —
Boursorama —
Orange actu / L’Express
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

