Depuis le dimanche 2 août, une nouvelle étape du règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act) s’applique en France comme dans le reste de l’Union européenne. Son article 50 impose désormais un principe simple mais lourd de conséquences : tout contenu généré ou modifié par une IA doit être signalé comme tel. Un chatbot doit dire qu’il en est un, un deepfake doit être identifié, et les images, sons, vidéos ou textes produits par une intelligence artificielle doivent porter une marque lisible, y compris par une machine.
Ce que change concrètement l’article 50 de l’AI Act
Le texte européen distingue plusieurs situations. Les chatbots et assistants conversationnels doivent informer clairement l’utilisateur qu’il interagit avec un système automatisé, sauf si cela est déjà évident du contexte. Les contenus de synthèse – images, vidéos ou sons ressemblant à des personnes, objets ou événements réels – doivent être étiquetés comme générés ou manipulés par IA. Les textes publiés dans un but d’information du public sur des sujets d’intérêt général doivent également porter une mention explicite lorsqu’ils sont produits par un système d’IA, sauf validation ou supervision éditoriale humaine.
Cette obligation ne concerne pas les usages strictement privés ou artistiques manifestement fictionnels, mais elle vise large : entreprises, éditeurs de contenus, plateformes publicitaires et médias sont concernés dès lors qu’ils diffusent du contenu généré par IA auprès du public.
Des sanctions qui montent vite
- Amende administrative pouvant atteindre 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise fautive
- Période de transition jusqu’au 2 décembre 2026 pour les systèmes déjà commercialisés avant le 2 août
- Application immédiate pour tout système d’IA mis sur le marché à partir du 2 août 2026
- En France, un délit spécifique de deepfake malveillant existe déjà depuis la loi SREN de mai 2024, puni de deux ans de prison et 45 000 euros d’amende en cas de diffusion en ligne sans mention du caractère artificiel du contenu
Le cumul de ces deux niveaux de règles, européen et français, place la France parmi les pays où le cadre juridique encadrant les contenus IA est aujourd’hui le plus complet.
Pourquoi cette étape compte plus que les précédentes
Le règlement européen sur l’IA est entré en vigueur par étapes depuis 2024, en commençant par l’interdiction de certaines pratiques jugées inacceptables. L’échéance du 2 août 2026 marque un tournant différent : elle touche directement les usages du quotidien, du service client automatisé à la publicité générée par IA, en passant par les contenus d’actualité assistés par des outils génératifs. Pour le grand public, l’effet le plus visible devrait être l’apparition progressive de mentions et de filigranes sur des contenus jusque-là indiscernables d’une production humaine.
Ce cadre s’inscrit plus largement dans les enjeux de droit et justice numérique et de régulation du secteur du numérique et de la high-tech, un terrain sur lequel l’Union européenne cherche à imposer ses standards de transparence à l’échelle mondiale. Les acteurs de l’actualité internet et de la tech devront, eux aussi, adapter leurs pratiques de publication.
Questions fréquentes
Qui est concerné par l’obligation d’étiquetage des contenus IA ?
Toute entreprise, plateforme ou média qui diffuse au public des contenus générés ou modifiés par une intelligence artificielle : chatbots, images, vidéos, sons ou textes de synthèse.
Quelles sanctions en cas de non-respect ?
Une amende administrative pouvant atteindre 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires mondial annuel de l’entreprise concernée.
Les systèmes déjà en place avant le 2 août 2026 sont-ils concernés ?
Oui, mais ils bénéficient d’une période de transition jusqu’au 2 décembre 2026 pour se mettre en conformité.
Sources
- Blog du Modérateur – L’étiquetage des contenus IA devient obligatoire dans l’UE
- OIA – AI Act : l’étiquetage des contenus IA est obligatoire depuis le 2 août 2026
- France Épargne – Deepfakes : étiquetage obligatoire dès le 2 août 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

