Quitter un poste de bureau pour apprendre la boulangerie, la maroquinerie ou l’électricité : le phénomène n’a plus rien d’anecdotique. Selon une étude conjointe de l’Institut Supérieur des Métiers (ISM) et de CMA France, 235 000 personnes se sont engagées dans une reconversion vers l’artisanat en une seule année. Un chiffre qui confirme que le secteur est devenu un refuge concret pour des actifs en quête d’un métier plus tangible.
Une étude bâtie sur plus de 3 800 témoignages
Pour mesurer précisément ce mouvement, l’ISM et CMA France ont interrogé 3 215 chefs d’entreprises artisanales ainsi que 670 apprenants engagés dans une formation de reconversion. Ce travail permet de distinguer plusieurs profils au sein du même phénomène : 160 000 salariés ont rejoint une entreprise artisanale sans forcément en devenir dirigeants, 100 000 ont opéré un changement radical de métier — soit près de 10 % des effectifs du secteur —, et 75 000 ont carrément créé leur propre entreprise artisanale.
La quête de sens, premier moteur du changement
Interrogés sur leurs motivations, environ la moitié des créateurs citent en premier lieu la quête de sens au travail. Viennent ensuite le désir de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle, cité par 27 % des répondants, puis des conditions de travail jugées difficiles dans leur ancien poste, évoquées par 19 % d’entre eux. Un constat que confirme Catherine Elie, de l’Institut Supérieur des Métiers, pour qui l’artisanat répond à une envie croissante de voir concrètement le résultat de son travail. Elle rappelle qu’au-delà des seules reconversions abouties, 58 % des Français se disent prêts à travailler dans l’artisanat si l’occasion se présentait.
Des entreprises qui tiennent mieux dans la durée quand elles sont accompagnées
L’étude apporte aussi un éclairage utile sur la solidité de ces nouveaux parcours professionnels :
- 75 % des créations d’entreprises accompagnées sont toujours actives trois ans après leur lancement
- ce taux tombe à 50 % pour les créations réalisées sans accompagnement
- les reprises d’entreprises accompagnées affichent, elles, un taux de pérennité proche de 100 % à trois ans
- 40 % des 75 000 créateurs recensés sont des femmes
Un tiers des chefs d’entreprise artisanale en activité aujourd’hui sont eux-mêmes issus d’une reconversion, dont près de 39 % au cours des trois à cinq dernières années. La tendance n’est donc pas un simple effet de mode post-crise sanitaire : elle s’inscrit dans la durée.
Un secteur qui a besoin de ces renforts
Ce mouvement tombe à point nommé pour un secteur confronté à une tension persistante sur le recrutement. Selon les mêmes données, 150 000 postes restent à pourvoir dans l’artisanat, et 57 % des métiers du secteur sont considérés comme en tension. Sans surprise, les employeurs se montrent plutôt accueillants envers ces nouveaux profils : 68 % des artisans se disent favorables à l'embauche de personnes en reconversion, et 30 % en ont déjà recruté au moins une. Les secteurs de la boulangerie-pâtisserie, du bâtiment et des services figurent parmi ceux qui attirent le plus ces candidats venus d’un autre univers professionnel.
Ce basculement vers des métiers manuels rejoint des dynamiques observées ailleurs, entre emploi et formation professionnelle et nouvelles trajectoires d’entreprise. Il interroge aussi, plus largement, le rapport au travail d’une partie des actifs, un sujet suivi de près dans notre rubrique lifestyle et société.
Questions fréquentes
Combien de personnes se sont reconverties dans l’artisanat selon cette étude ?
L’étude ISM/CMA France recense 235 000 personnes engagées dans une reconversion vers l’artisanat sur l’année étudiée, dont 75 000 créateurs d’entreprise, 100 000 ayant changé radicalement de métier et 160 000 salariés ayant rejoint une entreprise artisanale.
Quelle est la première motivation des personnes qui se reconvertissent ?
Environ 50 % des créateurs d’entreprise interrogés citent la quête de sens comme motivation principale, devant la conciliation vie familiale-vie professionnelle (27 %) et des conditions de travail difficiles dans leur ancien emploi (19 %).
Les entreprises créées après une reconversion tiennent-elles dans la durée ?
Oui, surtout lorsqu’elles sont accompagnées : 75 % des créations accompagnées sont encore actives après trois ans, contre 50 % pour celles lancées sans accompagnement.
Sources
Artisanat.fr / CMA France —
NouvelleViePro —
Institut Supérieur des Métiers
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

