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Croissance en France : ce que révèle l’enquête de terrain de la Banque de France

Pendant que le débat sur le Budget 2027 occupe l’actualité, la Banque de France a publié début septembre les résultats d’une enquête plus discrète mais tout aussi révélatrice : son enquête mensuelle de conjoncture, menée directement auprès de près de 8 500 chefs d’entreprise entre le 27 août et le 3 septembre. Loin des tableaux de prévisions macroéconomiques, ce sondage de terrain donne une photographie concrète de l’état de l’économie française, secteur par secteur.

Une croissance qui se traduit en dixièmes de point

Sur la base des réponses recueillies et d’indicateurs complémentaires, la Banque de France estime la croissance du PIB au troisième trimestre 2026 à seulement +0,1 %. Un chiffre cohérent avec les prévisions de l’OCDE, qui table sur une croissance annuelle de +0,4 % pour la France en 2026, contre +2,9 % pour l’économie mondiale. La France ferme ainsi la marche des grandes économies de la zone euro : l’Allemagne est attendue à +1,1 %, l’Espagne à +2,6 % et l’Italie à +0,9 %. L’écart s’explique en partie par une marge de manœuvre budgétaire réduite, la dette et les déficits limitant les capacités de soutien massif à l’économie qu’avait permis, par exemple, la crise sanitaire. Notre article sur le ralentissement constaté conjointement par l’Insee et la Banque de France détaille les mois qui ont précédé cette nouvelle estimation.

Ce que disent vraiment les entreprises interrogées

Le détail sectoriel de l’enquête nuance l’image d’une économie simplement « en panne ». Dans l’industrie, la production s’est renforcée en août, portée notamment par les biens d’équipement et le matériel de transport, eux-mêmes dopés par les commandes liées à la défense et à la construction de data centers. Dans les services et le bâtiment, l’activité progresse également, mais de façon plus heurtée : les épisodes climatiques de l’été ont pesé sur l’hôtellerie-restauration et les chantiers. La trésorerie des entreprises, elle, reste jugée négative dans l’industrie comme dans les services, avec de fortes disparités selon les secteurs.

Un climat d’attentisme assumé par les dirigeants

Au-delà des chiffres, l’enquête relève un état d’esprit : les chefs d’entreprise interrogés disent avoir du mal à se projeter, même à court terme. L’incertitude progresse légèrement dans les services marchands et le bâtiment, alimentée par le climat politique, qui pousse à une forme de prudence dans les décisions d’investissement. S’y ajoute une inquiétude plus opérationnelle : la mise en œuvre de la nouvelle réglementation sur la facturation électronique, perçue comme une source de complexité supplémentaire pour certaines entreprises. Ce climat rejoint les difficultés déjà pointées dans notre article sur la hausse du chômage qui se poursuit depuis six trimestres.

Des prix qui n’évoluent plus tous au même rythme

Sur le front des prix, les pressions restent contrastées : le coût des matières premières demeure élevé, mais la hausse des prix ralentit dans l’industrie et le bâtiment. À l’inverse, les prix dans les services accélèrent légèrement, en particulier dans le transport et l’entreposage, sous l’effet des coûts du carburant. L’Insee de son côté avait mesuré une inflation remontée à 2,2 % en avril 2026, avec une consommation des ménages qui ne devrait progresser que de 0,3 % sur l’année, en partie grâce à un recours accru à l’épargne. Cette pression sur le pouvoir d’achat prolonge une tendance déjà observée avec le choc pétrolier du printemps, comme le rappelait notre article sur le ralentissement de la croissance française lié au choc pétrolier.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France ?

C’est un sondage réalisé chaque mois auprès de plusieurs milliers de chefs d’entreprise en France, portant sur l’activité réelle constatée dans l’industrie, les services et le bâtiment. Elle sert de base à l’estimation rapide de la croissance trimestrielle, avant la publication des chiffres officiels de l’Insee.

Pourquoi la croissance française est-elle plus faible que celle de ses voisins européens ?

Selon l’OCDE, la France dispose d’une marge de manœuvre budgétaire réduite en raison de son niveau de dette et de déficit, ce qui limite sa capacité à soutenir massivement son économie face aux chocs, contrairement à l’Allemagne ou à l’Espagne qui affichent des perspectives de croissance plus favorables pour 2026.

Quels secteurs résistent le mieux actuellement ?

L’industrie, portée par les biens d’équipement, le matériel de transport et les commandes liées à la défense et aux data centers, affiche un renforcement de sa production en août 2026, alors que les services et le bâtiment progressent plus difficilement en raison des épisodes climatiques de l’été.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

Tristan Picard
Tristan Picard
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