Deux institutions qui, il y a quelques mois encore, ne s’accordaient pas sur le rythme de l’économie française tombent désormais d’accord. Coup sur coup, l’Insee puis la Banque de France ont abaissé leur prévision de croissance pour 2026 à 0,4 % du PIB, contre 0,7 % espéré en début d’année. Un ralentissement confirmé par deux sources indépendantes, aux conséquences concrètes pour les ménages et les entreprises.
Un ralentissement confirmé par deux institutions
Le 10 septembre 2026, l’Insee a publié une note de conjoncture au titre sans détour, « Vigilance orange sur la croissance », révisant nettement à la baisse sa projection : de +0,7 % à +0,4 % pour l’ensemble de l’année. L’institut table sur une croissance de +0,1 % au troisième trimestre puis +0,2 % au quatrième, après un recul de 0,2 % au premier trimestre et une stagnation au deuxième. Si ce chiffre se confirme, 2026 afficherait la croissance la plus faible depuis 2012, en dehors de la parenthèse Covid.
Cinq jours plus tard, le 15 septembre, la Banque de France a publié ses propres projections macroéconomiques intermédiaires et retient, elle aussi, +0,4 % pour 2026 — une révision de 0,1 point par rapport à ses estimations de juin. Fait notable : les deux institutions, qui divergeaient sensiblement quelques mois plus tôt, convergent désormais sur le même diagnostic.
Pourquoi la croissance cale
L’Insee pointe deux facteurs précis derrière la révision : les canicules de l’été, qui amputeraient la croissance annuelle d’environ 0,1 point via la baisse de la production agricole, et la fermeture du détroit d’Ormuz depuis le mois de mars, par lequel transite environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié échangés dans le monde. Ce choc pétrolier pèse directement sur la croissance et le pouvoir d’achat des ménages français.
Conséquence directe : l’inflation, que l’Insee voyait redescendre, repartirait à la hausse pour atteindre 2,9 % en fin d’année, contre 2,4 % en août. La Banque de France, de son côté, table sur une inflation moyenne de 2,3 % en 2026, avant un reflux à 1,9 % en 2027 puis 1,6 % en 2028.
Ce que cela change pour les ménages et l'emploi
Selon l’Insee, le pouvoir d’achat des ménages reculerait de 0,4 % sur l’ensemble de l’année, pénalisé par la stagnation de l'emploi salarié et des salaires. La consommation des ménages ne progresserait que de 0,3 %, tandis que l’investissement des entreprises repasserait en territoire négatif (-0,3 %) et celui des ménages chuterait de 1,3 %.
Sur le front de l'emploi, la Banque de France anticipe un taux de chômage porté à 8,4 % fin 2026, avant un reflux progressif à 8,0 % en 2028. La croissance, elle, ne redémarrerait que graduellement : +0,9 % attendu en 2027, puis +1,2 % en 2028, portée par une demande intérieure plus solide — à condition que les tensions internationales sur l’énergie et l’incertitude budgétaire se dissipent.
- Croissance 2026 : 0,4 % (Insee et Banque de France)
- Inflation fin 2026 : 2,9 % (Insee) / 2,3 % en moyenne annuelle (Banque de France)
- Pouvoir d’achat des ménages : -0,4 % sur l’année
- Chômage fin 2026 : 8,4 %, en repli attendu à 8,0 % d’ici 2028
- Reprise attendue : +0,9 % en 2027, +1,2 % en 2028
Questions fréquentes
Pourquoi l’Insee et la Banque de France ont-elles toutes deux abaissé leur prévision ?
Les deux institutions invoquent des facteurs proches : un premier semestre plus faible qu’attendu, l’impact des canicules estivales sur la production agricole, et les tensions sur les prix de l’énergie liées à la fermeture du détroit d’Ormuz depuis mars 2026.
La croissance française est-elle plus faible que chez ses voisins européens ?
Oui : au premier semestre 2026, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni ont tous enregistré une croissance positive, alors que la France a reculé de 0,2 % au premier trimestre avant de stagner au second.
Quand la croissance française doit-elle repartir plus nettement ?
Selon la Banque de France, l’accélération n’est attendue qu’à partir de 2027 (+0,9 %), pour atteindre +1,2 % en 2028, sous réserve d’une amélioration de la demande intérieure et d’un apaisement des incertitudes énergétiques et budgétaires.
Sources
Insee — Vigilance orange sur la croissance, note de conjoncture
Banque de France — Projections macroéconomiques intermédiaires, septembre 2026
Franceinfo — L’Insee abaisse fortement sa prévision de croissance
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

