Le réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA) tire la sonnette d’alarme : pour la première fois depuis 2013, les effectifs d’apprentis dans les centres de formation du secteur reculent, alors même que l’artisanat reste l’un des plus gros pourvoyeurs de main-d’œuvre qualifiée en France.
Une baisse d’effectifs inédite depuis 2013
Les CMA forment chaque année environ 110 000 apprentis dans leurs propres centres de formation (CFA). Or, le réseau alerte sur une capacité désormais « gravement menacée » à former les artisans de demain : les effectifs reculent d’environ 6 %, une première depuis plus de dix ans. Ce retournement intervient après plusieurs années de croissance continue de l’apprentissage dans les métiers manuels.
Des financements rognés depuis la rentrée 2025
La cause principale identifiée par les chambres consulaires est budgétaire. La révision à la baisse des niveaux de prise en charge des formations, entrée en vigueur en septembre 2025, a entraîné une diminution moyenne de 8 % des moyens alloués au fonctionnement des CFA, soit une perte de ressources estimée à 30 millions d’euros sur la seule année 2025. Le projet de loi de finances 2026 accentue la pression sur les chambres consulaires : il prévoit une réduction de 56,5 millions d’euros de la taxe pour frais de chambres de métiers et de l’artisanat (TFCMA), qui finance une partie de leur activité.
Un cadre d’aides à l'embauche pourtant stabilisé en 2026
Paradoxe apparent : côté aides à l'embauche d’un apprenti, la situation s’est plutôt stabilisée pour les petites entreprises artisanales. Un nouveau dispositif s’applique aux contrats conclus depuis le 8 mars 2026, avec un montant d’aide qui varie selon la taille de l’entreprise et le niveau de diplôme visé. L’aide unique reste maintenue pour les formations jusqu’au niveau 4 (CAP, BP, BTM) — c’est-à-dire l’essentiel des recrutements en artisanat — et une aide exceptionnelle existe pour les niveaux supérieurs. Un soutien renforcé, pouvant atteindre 6 000 €, est prévu pour l'embauche d’un apprenti reconnu travailleur handicapé, et les exonérations de cotisations sociales sont reconduites pour 2026.
Deux logiques qui se percutent
Le problème ne se situe donc pas tant du côté de l’entreprise qui embauche un apprenti que du côté des centres de formation qui doivent l’accueillir : moins de financement pour les CFA signifie moins de places, de formateurs ou d’équipements, même si l’aide versée à l'employeur reste attractive. Pour les artisans, cela se traduit concrètement par un risque de listes d’attente plus longues ou de fermetures de sections dans certains métiers, à rebours des besoins de recrutement toujours élevés signalés dans le bâtiment, l’alimentaire ou les services de proximité. Ce sujet recoupe directement les enjeux plus larges d’emploi et de formation et pèsera sur la santé de milliers de très petites entreprises du secteur, dans un contexte économique déjà tendu pour les artisans.
Questions fréquentes
Pourquoi les effectifs d’apprentis reculent-ils dans l’artisanat en 2026 ?
Principalement à cause de la baisse des financements versés aux centres de formation (CFA) depuis septembre 2025, qui réduit leur capacité d’accueil, alors que les effectifs progressaient sans interruption depuis 2013.
Les aides pour recruter un apprenti ont-elles baissé en 2026 ?
Non, pour les formations jusqu’au niveau 4 (CAP, BP, BTM), qui concernent l’essentiel de l’artisanat, l’aide unique à l'embauche est maintenue, avec un dispositif renforcé pour les apprentis en situation de handicap.
Quel est l’impact du projet de loi de finances 2026 sur les chambres de métiers ?
Le PLF 2026 prévoit une baisse de 56,5 millions d’euros de la taxe qui finance les chambres de métiers et de l’artisanat, une ressource déjà fragilisée par la réforme du financement des formations en 2025.
Sources
CMA Auvergne-Rhône-Alpes — L’apprentissage en danger
MesInfos.fr — La baisse des coûts contrats, un coup dur pour la Chambre des métiers
France Apprentissage — Réforme de l’apprentissage 2026 : quels changements ?
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

