L’artisanat français traverse une période délicate. Selon les données publiées par la CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) et par plusieurs Chambres de Métiers et de l’Artisanat régionales, l’activité a nettement reculé au premier trimestre 2026, après une année 2025 déjà marquée par les difficultés. Tour d’horizon des chiffres et de ce qu’ils signifient concrètement pour les artisans et leurs clients.
Un recul confirmé par plusieurs indicateurs
Au niveau national, la CAPEB relève un repli de 1,5 % de l’activité dans le bâtiment artisanal sur un an au premier trimestre 2026. Le détail par segment montre des situations contrastées : le neuf recule de 2,5 %, l’entretien-rénovation de 1 %, et les travaux de rénovation énergétique affichent leur sixième trimestre consécutif de baisse, à -1,5 %. Le carnet de commandes moyen représente désormais 80 jours de travail, un niveau qui traduit un ralentissement net de la demande.
Dans les Hauts-de-France, une enquête de conjoncture menée par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat régionale va dans le même sens : une majorité d’artisans y déclarent une activité dégradée sur la période, avec une baisse de chiffre d’affaires ressentie par plus de la moitié des professionnels interrogés. Une part significative évoque même un repli à deux chiffres.
Trésorerie sous tension et hausse des coûts
Le solde d’opinion sur la trésorerie s’établit à -18 points selon la CAPEB, un signal net de tension financière chez les petites structures. Un quart des entreprises indique avoir besoin de financement, pour un montant moyen avoisinant 24 000 euros. La hausse des coûts de l’énergie et des matières premières, en partie liée aux tensions internationales sur le marché du pétrole, pèse directement sur les marges : près de sept artisans sur dix qui constatent une érosion de leur marge l’attribuent à cette hausse des coûts.
Autre indicateur préoccupant : environ 12 200 emplois auraient été supprimés en 2025 dans les entreprises artisanales de moins de dix salariés, un mouvement qui pourrait se poursuivre si la conjoncture ne s’améliore pas rapidement.
Ce que cela change pour les artisans et leurs clients
- Des délais parfois plus courts pour obtenir un devis, faute de carnet de commandes plein — une opportunité pour les particuliers qui ont un projet en attente.
- Une vigilance accrue des artisans sur la trésorerie, qui peut se traduire par des acomptes ou des conditions de paiement plus strictes.
- Un risque de fragilisation des très petites structures, particulièrement dans le bâtiment, avec des conséquences potentielles sur l’emploi local.
Du côté des représentants professionnels, le ton est à l’alerte plutôt qu’à la résignation. Les chambres consulaires appellent à un allègement des contraintes administratives et financières pesant sur les artisans, tandis que la CAPEB insiste sur la nécessité d’une réponse rapide des pouvoirs publics pour éviter que les timides embellies du début d’année ne s’effacent.
Questions fréquentes
Tous les secteurs de l’artisanat sont-ils touchés de la même façon ?
Non. Le bâtiment, en particulier le neuf et la rénovation énergétique, est le plus affecté. D’autres branches de l’artisanat, comme les métiers d’art ou certains services de proximité, résistent mieux selon les régions.
Pourquoi la trésorerie des artisans se dégrade-t-elle autant ?
La conjonction d’une baisse de la demande, d’une hausse des coûts de matières premières et d’énergie, et de délais de paiement parfois longs pèse simultanément sur la capacité des petites entreprises à financer leur activité courante.
Cette baisse d’activité menace-t-elle l'emploi dans l’artisanat ?
Les chiffres 2025 font déjà état de pertes d'emplois dans les structures de moins de dix salariés. Sans amélioration de la conjoncture, la pression sur l’emploi pourrait se poursuivre en 2026.
Sources
- CAPEB — Note de conjoncture T1 2026
- Terres et Territoires — Baisse d’activité de l’artisanat
- France 3 Hauts-de-France — Artisanat en alerte
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

