Les négociations salariales de cette rentrée confirment une tendance qui inquiète les salariés : les augmentations de salaire accordées par les entreprises françaises tombent à leur plus bas niveau depuis plusieurs années. Entre une inflation qui reste sensible et une conjoncture économique tendue, le pouvoir d’achat des ménages est à nouveau sous pression.
Des hausses de salaire au plus bas depuis plusieurs années
Selon une étude du groupe de ressources humaines Alpha, qui a passé au crible plus de 140 accords d’entreprise signés cet automne dans des sociétés de taille moyenne, plus d’une entreprise sur deux ne prévoit aucune augmentation générale cette année. Celles qui accordent tout de même une revalorisation se limitent le plus souvent à une fourchette de 1,5 à 1,7 %, contre 1,5 % en moyenne pour les cadres. La chute est nette par rapport aux années précédentes :
- 2024 : environ 3,5 % d’augmentation moyenne
- 2025 : environ 2,3 % d’augmentation moyenne
- 2026 : entre 1,5 et 1,7 % attendus selon les accords déjà signés
D’autres cabinets de conseil en ressources humaines, dont Mercer France, évoquent une enveloppe médiane légèrement supérieure, proche de 2 %, mais confirment le même ralentissement général du rythme des revalorisations salariales.
Pourquoi les entreprises serrent la vis
Les directions financières invoquent plusieurs facteurs : la hausse du coût des matières premières, le ralentissement de la croissance et de nouvelles obligations administratives qui pèsent sur la trésorerie des PME. C’est notamment le cas de la généralisation de la facturation électronique devenue obligatoire pour les entreprises, qui a nécessité des investissements informatiques non négligeables dans de nombreuses structures de taille moyenne, au moment même où les marges restent fragiles.
Dans ce contexte, les enveloppes dédiées aux augmentations générales sont les premières ajustées, les entreprises préférant concentrer leurs efforts sur des primes ponctuelles ou des augmentations individuelles ciblées plutôt que sur une revalorisation collective.
Quel impact sur le pouvoir d’achat des ménages ?
Pour les salariés, l’équation est délicate : avec une inflation annuelle moyenne retenue autour de 1,8 % par l’OFCE, des hausses de salaire limitées à 1,5-1,7 % représentent, dans la plupart des cas, une stagnation voire une légère perte de pouvoir d’achat réel. L’Observatoire français des conjonctures économiques anticipe ainsi un recul de 0,7 % du pouvoir d’achat par unité de consommation, après une année 2025 restée stable. Ce ralentissement économique général, déjà observé avec le choc pétrolier qui a pesé sur la croissance française, se répercute donc directement sur le porte-monnaie des ménages.
Vers quelles solutions se tourner ?
Face à des augmentations de salaire limitées, certains ménages se tournent vers l’épargne pour préserver une partie de leur pouvoir d’achat, même si les rendements disponibles restent, eux aussi, à la peine : le taux du Livret A ne suit plus vraiment l’inflation. D’autres salariés misent plutôt sur la négociation individuelle, la mobilité professionnelle ou la demande de primes exceptionnelles pour compenser l’absence de revalorisation générale.
Quelques pistes concrètes à envisager avant un entretien annuel :
- Comparer sa situation salariale à la moyenne de son secteur et de sa région
- Documenter ses résultats et responsabilités récentes pour appuyer une demande individuelle
- Interroger les dispositifs d’intéressement ou de participation disponibles dans l’entreprise
Questions fréquentes
Pourquoi les augmentations de salaire sont-elles si faibles cette année ?
Les entreprises limitent leurs enveloppes salariales en raison du ralentissement de la croissance, de la hausse de certains coûts et de nouvelles contraintes administratives, ce qui réduit leur marge de manœuvre pour des revalorisations générales.
L’inflation va-t-elle continuer à peser sur le pouvoir d’achat ?
Selon les prévisions de l’OFCE, l’inflation devrait rester sensible cette année, ce qui, combiné à des hausses de salaire modestes, devrait entraîner un léger recul du pouvoir d’achat par ménage.
Toutes les entreprises sont-elles concernées de la même façon ?
Non : les grandes entreprises et certains secteurs protégés continuent d’accorder des augmentations plus proches de 2 %, tandis que les PME et ETI, plus exposées aux coûts fixes, sont les plus prudentes.
Sources
France Info —
OFCE —
OrientAction
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