Il semblerait qu'on arrive à la fin du processus du remaniement. Il est plus que temps, car tout le monde en a marre d'attendre, plus aucun dossier n'avance. Mais ce temps de préparation n'est pas forcement totalement négatif. Malgré les démentis et autres tentatives d'intoxications, on a pu suivre le processus assez facilement, voir les hésitations, la maturation de la décision du président, les luttes et les rivalités. Cette relative transparence est assez saine du point de vue démocratique. Surtout, cela ne s'est pas fait dans la précipitation, ce qui est l'excès inverse et cause parfois des dégâts plus graves.

A quelques jours du remaniement, on a en gros le dispositif de la Droite en vue de 2012 qui se dessine. On est maintenant dans la négociation sur la répartition des postes entre tendances, où chacun est amené à montrer ses muscles pour obtenir la meilleure part, dans le recrutement des personnalités. Ce n'est pas le moment le plus facile, car c'est là qu'on dit qui y va et qui prend la porte, ce qui a une incidence certaine sur l'humeur des intéressés.

Fillon reste à Matignon. C'est pour moi un soulagement. J'apprécie le personnage, il est parfaitement taillé pour le poste et l'a prouvé depuis trois ans. Il est toujours motivé pour continuer, il n'y a donc aucune raison de le virer. Copé prend en mains le parti UMP, pour le sortir de sa torpeur et en faire une machine de guerre pour la campagne présidentielle. Si Sarkozy lui laisse un tant soit peu les mains libres, Copé est parfait pour ce job, avec en ligne de mire Matignon en cas de victoire en 2012, ou prendre la tête de l'opposition en cas de défaite. Gagnant dans les deux cas. Au passage, il conserve la main sur le groupe parlementaire, vu que le nom qui revient pour la présidence du groupe UMP est celui de Christian Jacob. Enfin, Jean-Louis Borloo quitte le gouvernement avec comme mission de rassembler les centristes autour de sa candidature pour 2012, avec lui aussi Matignon en vue en cas de victoire de Sarkozy. La vraie rivalité ce n'est plus Copé-Bertrand, c'est maintenant Borloo-Copé.

Pour la droite, c'est le meilleur dispositif. Chacun est à la place qui convient le mieux à ses talents et à sa personnalité, avec ce qu'il faut de rivalités pour une saine émulation, mais pas assez pour que ça vire aux déchirements et à la cacophonie. La partie ne va pas être facile pour la gauche !