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mercredi 18 juin 2008

Quel avenir pour l'Europe

Jean Quatremer expose des pistes intéressantes sur l'avenir de l'Union Européenne, que je partage pleinement. Je suis heureux de voir que certains constats que je fais sont partagés au plus haut niveau, notamment sur le grave déficit démocratique. Qualifier ainsi les désignations de responsables européens "On est plus proche du fonctionnement d’un Politburo que d’une démocratie" est très juste. De même, il est indispensable de clarifier les objectifs de l'Union et de les faire valider par un référendum !

Je reste favorable à la construction européenne, mais d'une autre manière que celle actuellement proposée, sur la forme, mais aussi sur le fond. Une Europe où les décisions se prennent de manière transparente et démocratique, avec une vérification régulière du soutien populaire. Cela obligera les responsables en poste à se préoccuper un peu de ce que pensent les populations, et à vérifier que l'adhésion populaire est toujours là. Sur le fond, je suis pour un Europe à plusieurs vitesses, mais pas forcement une Europe à la carte. Je suis également pour une clarification nette des champs de compétences, donnant ainsi une lisibilité qui fait gravement défaut. Enfin, je suis pour une Europe qui ne se contente pas de l'économique. On ne peut pas construire toute la politique d'un ensemble aussi complexe uniquement sur des objectifs économiques. C'est ambitieux, et difficile, car il faudra aborder les sujets qui fâchent (exemple : les racines culturelles de l'Europe). On a trop esquivé ces sujets, pourtant, un jour, il faudra bien y venir...

Ce sont là quelques éléments d'une réflexion qui est en cours, donc forcement inachevée et inaboutie. C'est le propre du blog !

Moucher le noniste

Versac n'attendait que ça, l'occasion de moucher le noniste sur l'Europe. Il a profité de mon billet d'humeur d'hier soir pour lancer l'offensive.

Versac, je sais parfaitement que formellement, le conseil de l'Europe, c'est autre chose que l'Union Européenne. Pour autant, il existe des liens, et aux yeux du grand public (qui n'a pas complètement tort), c'est le même ensemble, l'entité "Europe", peuplée des mêmes gens, pondant des avis, des rapports qui participent au même mouvement global, celui de la construction européenne. Alors laissons donc de coté les distinctions byzantines de juristes. Que le conseil de l'Europe fasse un travail important en faveur des droits de l'homme, c'est très bien, je ne le conteste pas. Mais le problème n'est pas là !

A travers ce petit fait, qui même s'il est rapporté par le Figaro, n'en est pas moins véridique (c'est ça qu'il aurait fallu contester Versac), on se rend compte du fossé énorme qui existe entre ces fonctionnaires et assimilés-fonctionnaires européens, qui vivent sur une autre planète, sans la moindre sensibilité politique. S'occuper d'interdire la fessée : mais de quoi je me mêle ! Et s'il n'y avait que ça qui fasse bondir dans les initiatives venues du "complexe Europe". On a vraiment l'impression que dans ces instances, ils s'en foutent royalement des réactions des populations, pire, qu'ils ne se sentent pas concernés.

Et après, ils s'étonnent de prendre de grosses baffes dans la gueule quand un peuple a l'occasion de leur en mettre une. Il semble que le non irlandais ne suffira pas, et que les eurocrates et eurobéats ne sont pas prêts de se remettre en cause. Et bien on continuera à taper, jusqu'à ce que ça rentre ! Et comme à mon avis, ça ne rentrera jamais chez ceux qui sont en place, il faudra sans doute que d'autres équipes, plus "politiques" prennent la place et tiennent un peu plus compte des demandes et des réactions des populations.

Actuellement, l'Union européenne tient plus du despotisme éclairé que de la démocratie. C'est là le vrai problème !