Le député socialiste Yann Galut vient, ni plus ni moins, que de proposer de déchoir les exilés fiscaux de leur nationalité française. Oui, vous avez bien lu "déchéance de nationalité"... Moi, ça me rappelle des trucs, pas si anciens, qui m'ont laissé un sale arrière-goût dans la gorge. Je n'aurais jamais pensé que les socialistes puissent, aussi rapidement, tomber dans l'ornière du populisme à gros grain. Mettre ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy, utiliser les mêmes mots. C'est sidérant ! Que n'a-t-on pas entendu quand Sarkozy proposait une telle solution pour certains crimes !

Passons rapidement sur la non faisabilité technique et juridique de la chose. On ne peut pas créer des apatrides. Il faut donc que l'exilé fiscal ait une autre nationalité. C'est loin d'être le cas de tous les exilés fiscaux. Et puis surtout, il faut savoir, concrètement, ce qu'est un exilé fiscal. Il existe quand même en droit constitutionnel le principe de légalité des délits et des peines. En plus, l'exil fiscal n'est même pas un délit, c'est parfaitement légal (à défaut d'être moral). Il va donc falloir que notre bon Yann Galut nous écrive un article du code pénal créant le délit d'exil fiscal. Rien que là, on est tranquille, pour un parlementaire de base, c'est tout simplement impossible. Même les technos de Bercy, pourtant champions du monde des usines à gaz (notamment fiscales, les plus belles), n'y arriveraient pas.

Ce qui est ahurissant, c'est que 6 mois après leur arrivée au pouvoir, des députés socialistes s'amusent, sans visiblement être désavoués par leur hiérarchie, à faire du buzz imbécile et populiste, à la Sarkozy. Aucune pudeur, aucune décence, surtout aucune mémoire. Le changement c'est maintenant... pas pour ça en tout cas !