Le Nouvel Obs vient de publier une publicité clairement "anti-IVG" dans son dernier numéro. Le délicat lectorat de ce journal qui se veut bien-pensant en a été choqué. Les responsables du journal ont reconnu une erreur. Cette publicité n'aurait jamais du être acceptée. Toutes les contradictions du système sont là !

La meilleure illustration est quand Renaud Dély reconnait que cette publicité là n'aurait pas dû être acceptée. Cela veut dire qu'il fait le tri des publicités, et qu'il y en a donc certaines qui sont admises et d'autres pas, sur des critères autres que le prix payé. C'est la reconnaissance quasi explicite que les pubs font partie intégrante de la "ligne" du journal, et sont donc assimilables au contenu dit "rédactionnel". Aveu terrible, même si tout observateur lucide l'a remarqué depuis longtemps ! Tous ces appels à la dépense somptuaire dans des voitures, des parfums, des montres, des vêtements seraient validées par la rédaction. Dans le même temps, on se veut bio et équitable, soucieux de la planète, chasseurs de gaspillages voire même "décroissant". Cherchez l'erreur...

Sur le fond, cette publicité est très bien conçue. Elle suggère, mais ne dit rien explicitement. On connait la Fondation Lejeune, qui officiellement, s'occupe de choses très respectables comme la recherche sur la trisomie 21. Mais en même temps, elle est très marquée politiquement. Son fondateur était à la fois un grand médecin, et un militant anti-avortement. La publicité aurait été une page blanche, avec marqué dessus "fondation Lejeune", elle aurait choqué et provoqué des réactions. Le choix de mettre en gros une image de foetus en rajoute dans le suggestion et le message ambigu achève de porter le coup. La conjonction de ces trois éléments est suffisamment éclairante pour qu'on perçoivent le message : "vous vous investissez pour sauver des animaux, mais en même temps, vous laissez massacrer des êtres humains". Le message est clairement politique, et avec une volonté de déranger. La diffuser dans le Nouvel Obs est une provocation. Objectif atteint !

Cet épisode permet de mesurer la profondeur de la misère, financière mais aussi intellectuelle, de la presse magazine française. Et dire qu'ils continuent à vivre sur le mythe d'Albert Londres et de "la plume dans la plaie".