Cécile Duflot vient de demander à l'archevêque de Paris de mettre à disposition des autorités, dans le cadre du plan d'urgence grand froid, des locaux dont ils auraient la disposition, mais pas l'usage. Bien évidemment que cette demande n'est pas sans lien avec le combat des catholiques contre le mariage gay. Le but est clairement de demander si l'institution catholique mettra autant d'énergie à aider les SDF qu'elle en met à combattre une réforme sociétale qu'elle désapprouve. C'est de bonne guerre. A partir du moment où on descend dans l'arène politique, il faut accepter de prendre des coups et de se voir questionner. La balle est dans le camp de l'archevêché et de l'église catholique...

Cette demande est particulièrement cruelle, car elle met en lumière que l'église catholique, du fait de la décroissance rapide de ses fidèles et surtout de ses cadres, dispose d'un patrimoine immobilier surdimensionné par rapport à ses besoins. Certains ont fait un petit tour, rien que dans Paris intra-muros, des biens religieux particulièrement "sous-utilisés". Et on ne parle que des locaux d'habitation, même pas des édifices cultuels (même si par endroits en province, les mairies se posent sérieusement la question). L'église catholique est clairement très loin de la norme en matière de gestion de biens immobiliers. Si les particularités religieuses peuvent en partie expliquer cela, ce n'est guère audible, car des solutions existent pour que les quelques religieuses cloitrées qui existent encore puissent continuer à vivre selon leur règle, sans qu'il y ait 100m² par religieuse en plein coeur de Paris.

L'église catholique va avoir du mal à répondre à la demande, car ses biens immobiliers sont souvent vétustes et pas du tout "aux normes" faute de moyens financiers. L'église a un très beau patrimoine immobilier, mais pas l'argent pour l'entretenir. La demande du gouvernement va l'obliger à justifier ses refus en montrant l'état de ses bâtiments. Et ça risque de faire mal, car si certains d'entre eux servent à héberger, notamment des étudiants, et même si ces locataires acceptent des conditions parfois spartiates (le loyer ne devant pas être bien élevé) il n'empêche qu'il existe des règles concernant les normes à respecter pour que le logement puisse être qualifié de "décent", qu'il soit aux normes d'accessibilité pour personnes handicapées. Et je ne vous parle même pas des normes de sécurité incendie...

Oui, la demande est "vicieuse", mais l'église catholique a voulu se mêler de politique, elle a donc bien cherché ce qui lui arrive. Quand on ne veut pas d'ennuis, on ne s'expose pas.