Aujourd'hui, lors des questions au gouvernement, deux ministres se sont fait chahuter, Cécile Duflot et Arnaud Montebourg. Ce n'est pas le fruit du hasard, ni du seul machisme (qui existe malheureusement), comme aimerait le faire croire Cécile Duflot, qui brandit cette accusation, comme toute femme politique qui se fait attaquer.

Ce qui unit Duflot et Montebourg, c'est que ce sont des têtes à claques. Les deux ont une arrogance dans le comportement, qui envoie à la figure de leurs adversaires une violence symbolique. Le cas le plus frappant est Montebourg, car cela tient à son tempérament seul, alors que chez Cécile Duflot, c'est à la fois la personne et le parti qui font cet effet. Les Verts ne sont pas les plus ouverts au dialogue tolérant, c'est le moins qu'on puisse dire, surtout avec les gens qui ne pensent pas comme eux. Montebourg aussi, ne respire pas la recherche du consensus et des positions médianes. Cela peut avoir son charme, mais cela a aussi son revers car ils reçoivent en boomerang la violence qu'ils projettent sur les autres.

Cela se voit particulièrement pendant la séance des questions au gouvernement, qui est le moment le plus politique des travaux parlementaires, celui de l'affrontement quasi physique, où on se bat symboliquement pour faire trébucher l'adversaire. Cette violence est inhérente à la politique, vouloir la nier et la refouler ne donne jamais de bons résultats. Il faut donc l'accepter et la ritualiser, lui permettre de s'exprimer de manière atténuée et canalisée, pendant des moments bien précis. Les questions au gouvernement font partie de ces moments. Il est donc logique que dans ce cadre, ceux qui "énervent" le plus l'autre camp s'en prennent plein la figure. C'est assez indépendant ce que peuvent faire ou dire ces cibles ambulantes, car il ne leur est rien passé, rien pardonné, tous les prétextes sont bons pour tirer à vue. D'autres peuvent porter des robes encore plus originales que Cécile Duflot (certaines l'ont fait), elles ne se feront pas traiter de la même manière.