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lundi 31 janvier 2011

Il faut sauver le soldat Chirac

Le Journal du Dimanche s'est associé, hier, à l'équipe de défense des intérêts de Jacques Chirac avec ce magnifique publi-reportage sur son état de santé. Le but est de préparer l'opinion au fait que Jacques Chirac ne sera jamais jugé.

On insiste lourdement sur son état de santé, son déclin physique et intellectuel. Pour avoir vu de très près Jacques Chirac, la semaine dernière, je confirme que c'est un vieux monsieur de 78 ans, qui accuse son âge. Bien que parfaitement lucide et cohérent dans ses propos, il m'est apparu quelque peu désorienté par moments, comme flottant hors du temps. Il arrive à faire illusion au milieu d'une foule car les réflexes de l'animal politique sont toujours là. Une main se tend, il la saisit instinctivement avec un mot aimable. Mais ça se voit quand même qu'il a baissé. Au moment de repartir, on lui dit que Madame X veut le saluer. Apparemment, c'est une personne que Chirac est censé connaître, et pourtant, je l'ai entendu demander "mais de qui s'agit-il" sur le ton d'une personne qui se demande où elle est. C'est clair que Jacques Chirac alterne entre lucidité et absences, et qu'il fatigue assez vite.

Ce n'est pas pour autant que son procès ne peut pas se tenir. Il n'est pas obligé d'assister à toutes les audiences, et le tribunal peut aménager les interrogatoires afin qu'ils ne durent pas trop longtemps. On a bien jugé Papon a un âge plus avancé, on sait faire. S'il est capable de tenir sa place au conseil constitutionnel, de dicter ses mémoires ou de venir prendre une galette des rois à l'Assemblée nationale, il peut se rendre au palais de justice. Ces articles, bien que très documentés, sont clairement des communiqués de presse du clan Chirac pour faire passer l'idée que c'est un vieux monsieur et qu'il faut le laisser tranquille. Le juger passerait presque pour de l'acharnement.

Et bien non ! Même si les faits reprochés à Jacques Chirac ne sont pas des crimes, il a quand même trop vécu sur la bête (et il continue) pour qu'on laisse passer. Rien que pour envoyer un signal aux suivants. Jacques Chirac n'aurait sans doute pas été inquiété il y a 30 ans, mais aujourd'hui, il y a un moindre acceptation sociale pour tout ces comportements. La question des conflits d'intérêts, des "privilèges" des élus est devenue trop sensible pour qu'on laisse passer. Jacques Chirac risque au maximum une condamnation avec sursis, c'est à dire symbolique. On peut transiger sur la peine, pas sur la reconnaissance de culpabilité.

Le reste de la presse aura peut-être quelques commentaires acides sur ce publi-reportage, mais personne n'ira chercher des poux au JDD pour ce qui ressemble pourtant à une opération de communication éhontée. Après, on s'étonne que la presse française ne soit plus crédible.

dimanche 30 janvier 2011

Révolutions au Maghreb ?

Depuis le début du mois de janvier, le Maghreb connait d'importants troubles politiques. Le président tunisien s'est enfui, le président égyptien s'accroche mais ça commence à sentir le sapin, le président algérien serre les fesses. A chaque fois, tout vient de la rue, de manifestations importantes. A chaque fois, c'est un régime que l'on pensait stable qui vacille en deux temps trois mouvements. A chaque fois, l'armée semble assister en spectateur, en tout cas n'est en rien acteur du changement.

Il ne faut pas se leurrer, l'origine profonde des révoltes est économique. Depuis 2008, nous vivons une crise économique et financière qui a fait souffrir les grandes puissances économiques. Pensez donc à ce que ça doit être dans ces pays du Maghreb, certes pas sous-développés, mais pas riches non plus. Ils ont des "stabilisateurs" que nous n'avons pas, mais en même temps, sont très dépendants de nous. C'est clair que la Tunisie, sans l'industrie du Tourisme, ça n'irait pas bien loin. Les maghrébins, qui n'ont jamais connu un véritable régime démocratique, avec vraies élections non truquées et alternance du pouvoir, se sont habitués à la semi-dictature. Elle est plus ou moins rude selon les pays, mais tous connaissent une surveillance étroite de la presse, des tracasseries, voire même la prison pour les opposants. Mais c'est en échange d'une assiette bien remplie. A partir du moment où la soupe devient plus claire, que la gamelle reste vide, le "contrat" est rompu. Les tunisiens ont tiré les premiers, les égyptiens ont suivi, il n'y a pas de raison que les algériens et les marocains ne suivent pas.

Vu de France, cela semble être l'enthousiasme. Des peuples qui se libèrent, c'est beau. Je ne vais clairement pas pleurer sur Ben Ali, pas plus que sur Moubarak ou Bouteflika et sa clique de généraux. Mais je suis tout de même un peu inquiet sur ce qui va suivre. La Tunisie encore, on peut espérer. L'islamisme est faible, l'armée ne vaut pas grand chose, il existe un degré d'éducation et de culture qui permettent à une vraie démocratie d'émerger. Même si ce n'est pas gagné, c'est jouable. Pour l'Egypte, c'est beaucoup plus délicat. Le pays est quand même largement surpeuplé, avec des densités de population ahurissantes, des tensions religieuses très fortes, sans parler de la situation économique. Autant de problèmes que le renversement de Moubarak ne règlera pas.

De toute manière, nous ne pouvons que regarder. Je ne vois pas trop comment nous, simples citoyens français, pourrions agir dans l'immédiat. De toute manière, c'est aux peuples de ces pays de prendre les décisions, enfin, autant qu'ils le pourront. Nos manifestations de soutien, même si elles reprennent nos bonnes vieilles méthodes (port d'une insigne pour montrer son adhésion à la cause...) ne pèsent rien et comme d'habitude, servent à nous donner bonne conscience, à nous permettre de croire que nous sommes dans les camp du Bien. Par contre, ces pays pourront avoir besoin de nous dans les prochains mois et prochaines années, car il va sans dire que leur stabilité politique sera directement liée à leur stabilité économique. Sur ce terrain, la France peut agir, mais ce sera discret et coutera de l'argent. Le problème de base étant économique, il appellera une solution économique.

C'est là que j'attends le gouvernement français, mais également les grandes entreprises. Tous ont soutenu Ben Ali jusque sur le tarmac de l'aéroport. Entre realpolitik et droit de l'hommisme, ils ont choisi le premier terme, et je ne saurais le leur reprocher. Je souhaite qu'ils continuent dans la realpolitik, qui vise avant tout la stabilité de ces pays, dans lesquels nous avons d'importants intérêts économiques, des liens très forts, historiques, mais aussi très actuels avec la présence en France d'importantes communautés originaires de ces pays. Si en plus de la stabilité, ils pouvaient avoir des libertés, voire de vraies démocraties...

vendredi 28 janvier 2011

Un fait divers mais pas de loi ?

Le décès d'une jeune femme en Loire-Atlantique a, dans un premier temps, déclenché le réflexe pavlovien de l'annonce de nouvelles mesures législatives. Et puis, ô miracle, finalement, on se contenterait d'une enquête administrative, mais plus de loi.

Il semblerait que ce soit Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée, qui ait mis le hola à cette nouvelle fringale de législation sécuritaire. C'est déjà lui qui avait enterré la PPL Estrosi. Il remonte dans mon estime (il était tombé assez bas avec son amendement refusant de pénaliser les fausses déclarations de patrimoine des élus). Mais ne pouvant pas dire franchement non au président de la République, il s'est contenté de repousser l'échéance, en créant un groupe de travail. Une fois de plus, une commission servira à enterrer un sujet, mais c'est fois, dans le bon sens. Les pizzaiolos de l'UMP sont quand même un peu déçus, et sentant l'enterrement de première classe arriver, tentent de sauver ce magnifique prétexte de drague de l'électorat FN. Eric Ciotti s'est fait confier une mission par Nicolas Sarkozy "pour renforcer l'efficacité de l'exécution des peines", en plus de codiriger le groupe de travail mis en place par Christian Jacob.

Je crains fort que l'on aboutisse à une inscription à l'ordre du jour de la proposition de loi de Bernard Gérard, sur l'exécution effective de l'intégralité de la peine. L'idée est de supprimer les remises de peine automatiques. Mesure idiote, qui va mettre une pression accrue sur l'administration pénitentiaire, avec à la clé davantage d'incidents dans les prisons, puisque bien entendu, il n'y aura pas un gardien de prison de plus. Ces incidents généreront, n'en doutons pas un instant, de nouvelles propositions de loi durcissant le régime carcéral...

Le pire, c'est qu'on sait parfaitement que la vraie raison du drame de Pornic, c'est le manque criant de moyens de services pénitentiaires d'insertion et de probation. Commençons déjà par faire appliquer correctement les lois qui existent, avant d'en inventer de nouvelles !

jeudi 27 janvier 2011

En route vers la délégifération

A deux reprises, Nicolas Sarkozy a annoncé que le Parlement allait "délégiférer". Les choses commencent à se mettre en place, avec la nomination de deux parlementaires en mission sur le sujet. Le déjà bien connu Jean-Luc Warsmann est chargé d'étudier "l'allègement des contraintes normatives pesant sur les entreprises". L'esprit de la mission est clairement explicité dans la lettre de mission qui parle de "desserrer les contraintes excessives qui pèsent sur les entreprises", ce dernier mot étant entendu de manière très large puisqu'il recouvre aussi les artisans, les agriculteurs et les professions libérales. Le sénateur Eric Doligé a été chargé, de son coté, de la même mission, mais pour les collectivités territoriales. Les rapports doivent être rendus pour le 31 mars, et le projet de loi sera examiné cet été.

En plus de ces deux rapports, le gouvernement pourra puiser à plusieurs sources. Le déjà ancien rapport Coulon sur la dépénalisation du droit des affaires pourrait refaire surface. Il s'agissait quand même d'une promesse explicite de Sarkozy, qui avait été entendue des chefs d'entreprises, et sur laquelle il lui sera demandé des comptes en 2012. Récemment, a été mis en place un commissaire à la simplification pour les PME, a la suite d'un rapport de Laure de la Raudière. Coté Collectivités locales, Alain Lambert avait mis en place la commission consultative d'évaluation des normes, dont le but était de freiner la frénésie normative (notamment règlementaire) des administrations. Bien que s'occupant de l'aspect règlementaire, ces deux organismes ont certainement des idées de réformes législatives. A Bercy, on bosse très activement sur ce thème.

On va donc vers un projet de loi qui ressemblera beaucoup à une proposition de loi Warsmann de simplification du droit, mais en plus lourd. On pourra trouver des dispositions impactant les finances publiques puisqu'il s'agira d'un projet de loi. Il va falloir surveiller cela de très près, car on impose en général pas des contraintes aux entreprises pour le plaisir. Il y a des raisons parfaitement justifiées. Les risques de détricotages d'autres textes, notamment du Grenelle, sont très grands. En tout cas, s'il vous reste des marchandises que vous n'avez pas pu caser dans les trois camions bazars de Jean-Luc Warsmann, c'est le dernier train. Et ce sera sans doute le plus beau et le plus chargé.

mercredi 26 janvier 2011

Frédéric Lefebvre et le numérique

Frédéric Lefebvre s'est beaucoup intéressé à internet dans le passé. Pas toujours de manière très amicale vis-à-vis de l'ecosystème du web, il est vrai. Il est entré au gouvernement, à un poste assez vaste, sous la tutelle de Christine Lagarde (ça il ne faut jamais l'oublier, il est secrétaire d'Etat, pas ministre de plein exercice). Depuis son entrée au gouvernement, Frédéric Lefebvre a pris certains initiatives et nourrit certains projets en relation très direct avec internet. Certains en frissonnent déjà. Je ne suis pas certain qu'il faille s'inquiéter tant que cela.

L'initiative qui semble avoir fait peur, c'est le communiqué sur le e-commerce. Après les banalités d'usage d'un ministre qui se félicite que tout se passe bien, que les affaires soient florissantes (même quand ça va mal, ça va bien quand même). Il rappelle ensuite que le e-commerce repose sur la confiance des consommateurs, ce qui est une évidence, mais en même temps la base du système. Suit le traditionnel hommage aux services administratifs. Viennent les propositions. C'est là que ça devient intéressant.

Il annonce un partenariat renforcé avec la CNIL, avec une idée de "droit à l'oubli" pour les consommateurs. Vu comme ça, je trouve l'idée excellente. Etant publiphobe, moins les marketeux auront de données sur moi, mieux je me porterai. Derrière, il y a un vrai sujet car les données personnelles valent plus que de l'or. Première surprise donc, Frédéric Lefebvre serait du coté des internautes...

Deuxième angle, celui qui fait frissonner Wikio, c'est une enquête sur les "faux avis de consommateurs". Là encore, je trouve l'idée plutôt bonne. C'est la DGCCRF qui s'occupe du dossier, donc nous sommes clairement en droit de la consommation. Il s'agit donc de réprimer les "pratiques déloyales et trompeuses" et notamment les contenus publi-rédactionnels qui oublient de signaler qu'ils sont du publi-rédactionnel ! Certains blogueurs ont certainement un peu de souci à se faire, mais personnellement, je ne pleurerai pas si jamais une de ces blogoputes venait à avoir des soucis sur le sujet. Pour les autres, c'est évident qu'ils pourront continuer à dire ce qu'ils pensent, puisque la charge de la preuve d'un comportement "déloyal" est à la charge de l'administration. On va juste assainit un peu les pratiques de certaines agences (c'est elles qui sont visées) à la déontologie plus que douteuse.

Dans ce communiqué, on voit se dessiner les axes de la politique du gouvernement pour les prochains 18 mois. On y trouve sans surprise des thèmes récurrents : l'information pré-contractuelle des consommateurs sur internet, les spam, ainsi que la protection des consommateurs en cas de faillite d'un cybermarchand. Pour l'instant, il consulte, même si sur ces sujets, on sait globalement ce qui pense quoi et quelles sont les points à trancher. On comprend en lisant entre les lignes que Frédéric Lefebvre nous prépare un projet de loi "consommation" avec de l'internet, du numérique et du télécom.

Il a juste un tout petit souci. Son voisin de bureau à Bercy a dans son portefeuille l'économie numérique et les télécoms... Le temps qu'ils règlent le partage du territoire et on verra sortir un magnifique texte destiné à brosser l'internaute consommateur dans le sens du poil. 2012 est en vue !

dimanche 23 janvier 2011

Un sénateur au CSA

Le président du Sénat vient de nommer un sénateur, Nicolas About, pour siéger au CSA. Une fois de plus, le président du Sénat nomme un sénateur, ça commence à devenir une habitude, c'est au moins le quatrième sénateur de la majorité qui profite du système. Ca donne vraiment l'impression que les rats quittent le navire. En même temps, c'est peut être une tactique de Gérard Larcher pour dégager les vieux caciques qui auraient des velléités de se représenter, afin de permettre l'émergence d'une nouvelle génération de sénateurs de droite. En tout cas, c'est une utilisation un peu contestable du pouvoir de nomination dévolu au président d'une assemblée parlementaire.

L'autre question qui est soulevée, à juste titre, c'est la compétence de Nicolas About à occuper un poste au CSA. Président de la commission des affaires sociales, puis président de groupe parlementaire, il n'est pas un spécialiste des médias, loin de là. Il a d'autres compétences, c'est certain, mais que peut-il apporter au CSA ? C'est la question que se posent le milieux des médias. Je pense que cette nomination est une bonne chose. Il n'y a rien de plus mauvais que de nommer au CSA des gens de médias. Déjà que la consanguinité et les connivences sont fortes dans ce milieu, si en plus le régulateur est sous contrôle de ce microcosme, c'est la fin. Pour le CSA, le problème est criant, il suffit de voir que deux journalistes de France Télévision, membres du CSA, on conservé leur contrat avec France Télévision, dans le but avoué de réintégrer cette entreprise une fois sortis du CSA.

Il faut absolument casser les liens incestueux entre les organismes de régulation et les milieux professionnels qu'ils sont censés réguler. Dans cette optique, la nomination de Nicolas About est une bonne chose. Il n'attend rien du monde des médias, ne leur doit rien. De plus, c'est un politique, qui ne se laissera embarquer dans la prise en charge de fonctions techniques, comme c'est le cas de certains membres du collège du CSA, qui sont font un boulot de staff technique alors qu'ils sont membres d'un organe politique. Si le CSA veut muscler sa compétence technique, qu'il embauche des personnels qualifiés.

vendredi 21 janvier 2011

Entre audace et frilosité

Le conseil constitutionnel vient de rendre sa décision sur la la loi supprimant les avoués. Elle est très intéressante et fera date, alors même que la loi en elle même est assez mineure. Cette décision est d'autant plus remarquable qu'elle contient deux éléments, l'un fermant une porte, l'autre en ouvrant une.

La fermeture porte sur la question du droit de vote des parlementaires et sur le système de la délégation générale, en vigueur au Sénat, qui permet à un seul sénateur de voter pour l'ensemble de son groupe. Le Conseil constitutionnel a renouvelé sa jurisprudence, en la détaillant, ce qui ferme définitivement la porte à tout espoir. Bien que reconnaissant que le vote des parlementaires doit être personnel et qu'un parlementaire ne peut avoir qu'une délégation, le conseil constitutionnel valide quand même la violation de ce principe : "pour l'application de ces dispositions, la circonstance que, dans le cadre d'un scrutin public, le nombre de suffrages favorables à l'adoption d'un texte soit supérieur au nombre de sénateurs effectivement présents au point de donner à penser que les délégations de vote utilisées, tant par leur nombre que par les justifications apportées, excèdent les limites prévues par l'article 27 précité, ne saurait entacher de nullité la procédure d'adoption de ce texte que s'il est établi, d'une part, qu'un ou des sénateurs ont été portés comme ayant émis un vote contraire à leur opinion et, d'autre part, que, sans la prise en compte de ce ou ces votes, la majorité requise n'aurait pu être atteinte". Il faut donc prouver que l'on a fait voter un ou des sénateurs contre leur opinion, et que cela a fait basculer le vote. Autant dire qu'en dehors d'une crise politique, le cas de figure ne se présentera pas. Un sénateur de la majorité qui irait dire qu'il ne voulait pas voter oui, mais non se ferait lyncher (et ils savent faire, au Sénat) si cela entraine le rejet d'un texte.

L'ouverture, c'est la naissance (c'est toujours émouvant, une naissance) de l'exigence constitutionnelle de bon emploi des deniers publics. C'est l'application, à rebours, du principe d'égalité devant les charges publiques, déjà bien connu. Si on vous impose des charges supérieures aux autres, sans raison solide, il y a rupture d'égalité et donc censure. Le Conseil vient d'ajouter que si on vous favorise et qu'on vous fait des cadeaux dans une loi, sans raison solide, il y a aussi rupture d'égalité... Le considérant 17 pose le principe : "le respect de ce principe (d'égalité) ainsi que l'exigence de bon emploi des deniers publics ne seraient pas davantage assurés si était allouée à des personnes privées une indemnisation excédant le montant de leur préjudice". La loi se doit d'être juste, ni trop sévère, ni trop généreuse.

Cette décision est une lourde claque pour le groupe PS du Sénat. Le vote par délégation générale est le moyen le plus efficace du gouvernement pour faire passer ses textes au Sénat, vu la fragilité de sa majorité. La suppression de ce système aurait fait courir au gouvernement le risque d'être mis en minorité à chaque vote, les absences "volontaires" de sénateurs de la majorité ne voulant pas voter un texte ne pouvant plus être masquées par la présomption de délégation. Alors qu'aujourd'hui, être absent équivaut à voter comme son groupe, être absent serait devenu une non participation au vote. Un cauchemar pour les responsables de la majorité sénatoriale et le gouvernement ! C'est aussi une grosse claque, car le recours a entrainé une diminution de l'indemnisation des anciens avoués, ce qui n'était certainement pas le but recherché par les sénateurs socialistes.

mercredi 19 janvier 2011

Victimes et droit pénal

Cap justice, dans un commentaire sur le billet précédent, appelle mon attention sur la proposition de loi écrite par l'association "institut pour la justice" et déposée par quelques députés qui sont les relais habituels de ce lobby à l'Assemblée nationale. Ils proposent que la victime puisse contester une décision de relaxe ou d'acquittement.

Cette proposition de loi est parfaitement représentative des positions de cette association qui milite pour une plus grande place des victimes dans le procès pénal. Je suis fondamentalement et viscéralement opposé à cette position ! Le fondement même de la jsutice pénale, c'est l'éviction de la victime du procès pénal ! La victime a droit à une indemnisation, mais la sanction de la faute relève de la société et d'elle seule. C'est la traduction d'un choix fondamental, celui du refus de la vengeance privée, qui est une conquête finalement assez récente, même si elle commence très tôt. La loi du Talion, édictée par Moïse, est une tentative pour encadrer et borner la vengeance privée (à défaut de l'interdire).

Vouloir redonner la main au victime pour qu'elles puissent avoir leur mot à dire dans la sanction pénale est une régression. On est là sur une question anthropologique, la manière dont on conçoit la vie société. Bref, une question de civilisation. C'est une question fondamentale.

Je déplore qu'un vrai débat n'ai pas lieu sur le fond, et qu'on laisse les thèses et propositions de cette association se dérouler dans des colloques qu'elle organise (donc non contradictoires) et dans des amendements (qui ont du mal à passer et c'est tant mieux). Ce que je déplore surtout, c'est que ceux qui sont opposés aux thèses de cette association ne s'organisent pas mieux, lui laissant le terrain et prenant ainsi le risque de voir leurs théories progresser dans les esprits, faute de réponses.

mardi 18 janvier 2011

Les premières PPL de 2011

Une nouvelle fournée de propositions de loi vient d'arriver. Comme d'habitude, on y trouve de tout.

Cette fois ci, la palme revient à Eric Diard, pour sa proposition de loi visant à "rendre obligatoire la présence de deux adultes pendant la récréation dans les écoles primaires". Voici la première phrase de l'exposé des motifs : "Les règles relatives à la surveillance des récréations relèvent du domaine réglementaire". C'est manifestement réglementaire, il le sait, il le dit, mais il dépose quand même une proposition de loi ! Désespérant...

La bombinette est de Jean-François Mancel, avec sa proposition de loi visant à "réserver le statut de la fonction publique aux agents exerçant une fonction régalienne". Le dispositif est un peu léger, car une telle mesure va demander plus de trois articles ! Mais politiquement, je serais assez d'accord avec lui. Travailler pour l'Etat n'implique pas nécessairement de bénéficier du statut de la fonction publique. En tout cas, ça se discute.

Comme d'habitude, les pizzaiolos nous font leur tour de piste de démagogie frontiste sur le sécuritaire. Mais ce coup-ci, on est gâté, la récolte étant exceptionnelle. Nous avons la Estrosi (pas encore en ligne, mais c'est du lourd), la Gérard et la (oui, moi aussi je suis surpris) Dupont-Aignan. La Estrosi et la Gérard sont manifestement écrites par un service gouvernemental. Un député n'a pas les moyens de produire un tel texte. Pas certain même que le groupe UMP le puisse. Apparemment, Estrosi a récupéré les invendus de la LOPPSI afin de réaffirmer son rang de chef-pizzaiolo. Fort heureusement, il s'est fait envoyer promener par le président du Groupe UMP (qui ne fait pas que des conneries).

Bien entendu, nous avons également notre compte de propositions de loi démagogiques. La plus belle est sans conteste celle de Marie-Jo Zimmermann, "tendant à octroyer aux retraités un crédit d’impôt pour l’emploi d’aides à domicile" et doublant la dose de démagogie en gageant financièrement cette mesure sur la suppression du bouclier fiscal.

On trouve aussi quelques propositions de loi "sérieuses", mais trop souvent courtes et trop pointues. Ce sont des amendements que l'on a transformé en propositions de loi, mais ce n'est pas avec ça qu'on tiendra une séance. Trop légères pour espérer être inscrites à l'ordre du jour.

Dans le lot, une seule émerge, celle de Bernard Carayon sur la protection des informations économiques. Il aborde un véritable sujet, qui doit être débattu et traité, à savoir l'équilibre entre le secret des affaires et la liberté de l'information. Avec ça, on peut avoir un beau débat, qui relève effectivement du législateur, sur la base d'un texte bien rédigé, déposé par un parlementaire qui connait très bien le sujet (même s'il penche beaucoup trop du coté de la préservation du secret économique).

lundi 17 janvier 2011

Ils sont marrants au CSA

Le Figaro publie une très intéressante interview du président du CSA. Les questions sont pertinentes, les réponses sont très révélatrices de l'angoisse d'une institution aux abois, consciente d'être sur un tapis roulant qui se dirige vers un gouffre.

Michel Boyon commence par bien préciser que le coeur de métier du CSA, c'est la régulation de contenus, avec comme "arme" l'attribution des fréquences : "Quand il attribue une fréquence à une radio ou à une télévision, il le fait pour un programme déterminé; en contrepartie de la gratuité de l'usage de la fréquence, il impose à la chaîne des obligations dont il assure le respect". Ce qui permet au CSA d'imposer des contraintes aux chaines, c'est la possibilité d'accorder (et donc de retirer) les attributions de fréquences. La gratuité est ici échangée contre une régulation de contenus.

Sauf que sur internet, le CSA n'attribue rien. Sauf que sur internet, les interlocuteurs ne sont pas des sociétés basées en France, mais des particuliers ou des sociétés qui peuvent être n'importe où sur la planète. Sauf que sur internet, il est impossible de tout suivre. La belle mécanique du CSA, parfaite pour surveiller des programmes audiovisuels diffusés sur des réseaux hertziens à partir du territoire français, n'est absolument pas adaptée à internet...

Pourtant, ça ne semble pas effrayer Michel Boyon, qui pense qu'avec un bonne loi, le CSA sera en mesure de réguler, comme il le fait pour les programmes audiovisuels, les contenus sur Youtube. C'est tout simplement hallucinant : "Il faudrait aussi établir une charte déontologique engageant les éditeurs et les hébergeurs, notamment pour la protection du jeune public, et qui pourrait déboucher sur un label accordé par le CSA. Nous pourrions aller plus loin encore en demandant que les logiciels de contrôle parental filtrent les sites qui n'auraient pas ce label. Enfin, le CSA pourrait être habilité à ordonner le retrait des programmes illicites et même à disposer d'un pouvoir de sanction en cas de récidive." Rien que ça !

Le CSA est aux abois, car l'arrivée des téléviseurs connectés va faire exploser son système de régulation. Première base qui va sauter, la notion même de programme audiovisuel. Dans les 10 ans qui viennent, la majorité des contenus audiovisuels seront consommés sous forme de vidéos que l'on sera allé chercher sur youtube. Il n'y aura plus de "programmes" au sens de la loi de 1986, et on peut faire confiance aux opérateurs pour ne même pas tomber sous le coup de la régulation de la VAD. D'ailleurs, existera-t-il encore des services de VAD, puisque de simples agrégateurs un peu intelligents feront très bien le boulot. De toute manière, le CSA n'aura aucun moyen de sanction, puisqu'il sera possible de ne plus passer par les fréquences qu'il attribue, qui deviendront en fait un simple "service managé audiovisuel", assurant par le contrôle exclusif d'une fréquence, une qualité de service pour du streaming vidéo. Les services basés à l'étranger seront hors de portée d'une régulation, surtout s'ils ne sont pas gourmands en bande passante. Allez parler aux américains de réguler les contenus en fonction de valeurs fondamentales, ils vous sortiront le premier Amendement et vous riront au nez. La seule solution sera de filtrer Youtube... Bon courage !

Le CSA est quand même lucide. Il se rend compte que tout l'écosystème qu'il régule va s'écrouler à cause des télévisions connectées. Actuellement, quand vous êtes devant la télévision, c'est pour regarder des programmes audiovisuels ou des vidéos pour lesquels le consommateur a payé, d'une manière ou d'un autre. Demain, on sera sur la télévision pour "regarder la télé", mais plus seulement. On y regardera des vidéos sur Youtube, on y jouera aux jeux vidéos, on surfera. Autant de temps en moins pour les actuels programmes audiovisuels. Les pertes de recettes publicitaires des chaines privées vont être spectaculaires. Or, la viabilité économique du secteur repose sur les contributions (plus ou moins obligatoires) de ces grands groupes d'audiovisuel : "Au total, le soutien à la production française ne serait plus garanti puisqu'il repose sur le chiffre d'affaires des chaînes et que ses composantes - obligations d'investissement, quotas de diffusion, chronologie des médias, exclusivités - seraient menacées".

Dans les 5 à 10 ans qui viennent, le CSA, dans sa version actuelle, ne servira plus à grand chose, et ses tentatives pour "réguler le web ou à défaut le filtrer" sont vouées à l'échec (merci la jurisprudence hadopi...). C'est à ce moment là que l'ARCEP arrivera et proposera de supprimer cet organisme inutile, récupérant au passage ce qui l'intéresse sur la carcasse. Au passage, il gobera peut-être les petits régulateurs sectoriels que sont la hadopi (qui aura d'ici là amplement démontré qu'elle ne sert à rien), l'Arjel et l'agence des fréquences. Le tout se fera sur le modèle du défenseur des droits, actuellement examiné le parlement, qui ouvre la voie à une technique de "fusion absorption" d'autorités administratives indépendantes.

vendredi 14 janvier 2011

Après PPDA, Drucker...

Après le plagiat du nègre de PPDA, voilà que Michel Drucker, le "gendre-idéal-du-PAF" se retrouve sous les feux judiciaires pour une affaire du même tonneau.

Une commande est passée par l'éditeur pour que Michel Drucker réponde à Régis Debray dans un "livre d'entretiens". Le genre de bouquin qui n'apporte rien, mais qui s'achète, parce que, on ne sait jamais, on peut y apprendre des infos croustillantes et intimes sur une personnalité dont on se sent proche par la magie du mirage télévisuel. En clair, un produit dérivé des émissions de télévision.

Il n'est évidemment pas question pour Michel Drucker de livrer quoi que ce soit d'intime, ou alors, quelques miettes qui seront habilement montées en épingle lors de la promotion médiatique du bouquin pour faire croire que l'ensemble du livre est une vaste confession où on va apprendre tous les secrets que Drucker n'a jamais révélé. C'est l'éternel escroquerie commerciale qui peut se résumer par "venez tous partager ce secret connu de peu, qui fera de vous un happy few". Cela durera le temps que votre voisine de palier ne lise également le livre et ne devienne, et finalement, les "few" soient ceux qui ne sont pas au courant du "secret bien gardé". Ca marche, et ça marchera encore longtemps.

Apparemment, Michel Drucker a autre chose à faire que d'écrire ce livre. Déjà, ce n'est pas son métier, il est journaliste de télévision. En plus, il est très occupé, a des activités sans doute très lucratives (ménages, présence à des soirées mondaines...). Ca tombe bien, à ce moment là, il vit avec une femme écrivain. Pas besoin chercher la nègre (sans aucun jeu de mot) bien loin, elle est là, à la maison. Et en plus, elle a du talent.

Finalement, un texte est rédigé mais pas publié. Il n'empêche que Madame Beyala y a passé du temps, autant de moins pour écrire ses ouvrages personnels. L'enjeu est de taille puisqu'apparemment, il lui aurait été promis la somme faramineuse de 200 000 euros. C'est là que l'affaire prend des proportions indécentes et complètement folles. Michel Drucker sait sans doute très bien compter. S'il a promis cette somme, c'est qu'il doit espérer en retirer davantage de l'ouvrage. Comment un livre peut-il rapporter autant d'argent à son auteur ? Le pourcentage de ventes ne doit pas suffire, j'imagine mal un livre d'entretien de Michel Drucker et Régis Debray (attelage assez improbable) se vendre aussi bien, même si bien promu, il peut faire du chiffre. Il doit y avoir là dessous des avances et des a-valoirs substantiels.

On en saura sans doute guère plus, mais ce coin du voile soulevé permet de se rendre compte de la pourriture du milieu de l'édition. On marie les carpes et les lapins, sur commande, afin de faire quelque chose de frelaté et de totalement vide. On peut légitimement se demander si c'est Régis Debray qui a réellement rédigé les questions. On le vendra sous la forme d'une confession intime pleine de révélations, en espérant que le public mettra la main au porte-monnaie rien que sur les noms figurant sur la couverture, qu'ils auront aperçu en tête de gondole, bien en évidence à coté de l'escalator de la FNAC, avec au dessus le signe distinctif "coup de coeur".

mercredi 12 janvier 2011

Courte vue

Le texte sur le défenseur des droits est actuellement en discussion, et déjà, des noms circulent pour occuper le poste. C'est vrai que la question du "qui" est primordiale, car le premier titulaire d'une nouvelle fonction donne des orientations, des impulsions, bref, une dimension au poste. Les textes, c'est une chose, la manière dont ils sont appliqués, c'en est une autre.

Or, je vois trois noms qui circulent. Jack Lang, Bernard Kouchner et Françoise de Panafieu. Et là je pleure...

Les députés UMP font des pieds et des mains pour écarter Lang et Kouchner, faisant de Panafieu la favorite. Et là je pleure encore plus...

Madame de Panafieu est sans aucun doute une personne honnête et respectable, mais elle n'a absolument pas la carrure pour un tel poste. C'est une héritière qui s'est fait élire dans les beaux quartiers de Paris. A part ça, elle a montré l'étendue de sa nullité politique lors de la campagne des municipales à Paris en 2008 et n'a même pas été capable de se faire élire présidente de commission en 2009. Sa nomination serait explicable par le besoin de la recaser, vu qu'elle risque de se faire éclater la gueule aux prochaines législatives par Bernard Debré, qui vise la même circonscription qu'elle.

Ce manque complet d'ambition, cette vision petit-bras est révélatrice de la médiocrité de notre classe dirigeante. Pour un tel poste de défenseur des droits, il faudrait un Robert Badinter (avec 20 ans de moins, il serait un candidat parfait), Martin Hirsh ou un Philippe Seguin. Le poste nécessite une "personnalité", quelqu'un qui a fait la preuve de son indépendance, de sa capacité à ruer dans les brancards et à s'imposer. Il faut aussi une personne "connue et reconnue" qui puisse incarner l'institution, la personnifier. Il faut enfin quelqu'un qui ait une véritable légitimité dans la défense des libertés publiques.

On ne peut pas dire que Françoise de Panafieu remplisse ce cahier des charges. A moins qu'elle ne soit choisie justement parce qu'elle ne répond pas du tout à ce cahier des charges. Ce serait alors un moyen de torpiller la réforme, de reprendre discrètement d'une main ce qu'on a fait semblant de donner de l'autre. Tout aussi désolant, mais beaucoup plus crédible, comme hypothèse, malheureusement...

mardi 11 janvier 2011

Passer un cheval par un trou de souris

A l'occasion du projet de loi sur le défenseur des droits, le gouvernement nous propose de tester les limites de la réforme constitutionnelle de 2008. A cette occasion, on a élargi les possibilités d'amender un texte sans tomber dans le cavalier législatif. Alors qu'auparavant, il fallait que l'amendement ait un lien avec le texte, il suffit maintenant qu'il ait un lien, même indirect.

Sur ce projet de loi, le gouvernement profite d'un trou de souris, à savoir l'article 1, pour introduire toute une série d'amendements sur la CNIL. Alors que l'article 1 prévoit juste que le défenseur des droits peut assister, avec voix consultative, aux réunions de la CNIL, le gouvernement en profite pour proposer d'interdire au président de la CNIL de cumuler ce poste avec un mandat parlementaire (L'actuel président, Alex Turk, est sénateur) et avec d'autres fonctions, autoriser les visites des agents de la CNIL dans des locaux privés, préciser la composition et les pouvoirs de sanction de la formation restreinte de la CNIL. Pas moins de 8 amendements.

Certes, l'article 1 vise la loi informatique et liberté de 1978. Il y a donc un lien indirect avec une disposition du texte. Mais la disproportion entre la porte d'entrée et les rajouts est tel qu'on a sans doute allègrement franchi les bornes constitutionnelles. Les règles sur les cavaliers législatifs sont destinées à préserver la sincérité des débats parlementaires, en évitant que des dispositions n'ayant aucun rapport avec un texte n'arrive subitement, alors même qu'aucun spécialiste du sujet n'est présent, et ne soient ainsi adoptées sans débat faute de parlementaires compétents sur le sujet.

La même technique est utilisée avec cet amendement qui vise à obliger la cour de cassation (c'est elle qui est visée) à transmettre une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC). La cour de cassation s'est montrée récalcitrante, en refusant de transmettre les QPC susceptibles d'entrainer une remise en cause de son interprétation de la loi. Cela pose problème, car une loi, c'est un texte formel ET une manière de le lire. On ne peut pas distinguer les deux, surtout vu du justiciable qui se moque bien de savoir si le problème vient du texte ou de l'interprétation. Au cours d'un litige, on lui oppose une règle de droit, dont il peut, par la QPC, contester la constitutionnalité. En même temps, on peut comprendre la Cour de Cassation. Son seul job, c'est d'interpréter le droit. Si on met au dessus d'elle une cour suprême qui peut remettre en cause ses prises de position, on réduit considérablement son pouvoir. En même temps, vu les positions parfois très baroques de la Cour de Cassation, ce n'est pas un mal qu'une forme d'appel puisse se mettre en place.

Sur le fond, les deux mesures, sur la CNIL et sur la QPC sont intéressantes. Mais c'est la manière de les faire passer qui me heurte, car à chaque fois, ce sont des dispositions importantes, qui méritent un véritable débat, annoncé à l'avance et pas des amendements déposés à la dernière minute sur des textes qui n'ont rien à voir.

Malheureusement, je connais déjà la position du conseil constitutionnel. Il validera le tout, quand bien même l'exigence de clarté et de sincérité des débats parlementaires en prendrait un coup, car c'est lui qui est à l'origine de l'amendement QPC...

dimanche 9 janvier 2011

C'est quoi le Centre ?

Un débat agite certains blogueurs autour de la conception du centre en politique. Je le dis tout de suite, c'est un faux débat, le Centre étant, comme la Droite et la Gauche, des constructions intellectuelles, des divisions plus ou moins commodes pour recouvrir des différences de pensées politiques, de programmes et d'intérêts à un moment donné.

La Summa divisio, c'est la binaire, pour-contre, le traditionnel Droite-Gauche. C'est presque toujours ce qui existe quand il faut se positionner par rapport au gouvernement. Avec ou contre ? Tout autre positionnement est illisible, et surtout absolument pas opérationnel. Dans le système de la 5ème république, c'est le Centre n'a aucune chance. Il fait régulièrement des scores à la présidentielle, mais derrière, c'est systématiquement la débâcle. Le seul moment où un centre autonome a une chance, c'est lorsqu'il existe un scrutin à la proportionnelle et qu'il est nécessaire de monter des coalitions. Et encore, ce n'est pas évident, car dès qu'on forme un gouvernement, il faut soit être avec, soit être contre, sous peine de rendre le régime instable faute de majorité solide. C'est par exemple la IVe république, qui n'a pas laissé un grand souvenir, voire même en a laissé un détestable. En fait, le vrai sujet, ce sont les idées, le programme, les valeurs. L'histoire nous montre bien que ça bouge beaucoup, parfois rapidement, et qu'une idée d'abord estampillée de gauche peut devenir de droite, ceux qui y sont attachés bougent alors sur l'échiquier. Aux débuts de la IIIe république, les radicaux sont à l'extrême gauche. A la fin de la IIIe république, il n'y a pas plus centriste qu'eux !

Évidemment, les deux sont liés, mais dans une liaison complexe. Tout dépend ce que l'on place en priorité. On peut avoir le positionnement au service des valeurs, mais aussi les valeurs comme cache-sexe d'un placement opportuniste. Là encore, les centristes nous fournissent des exemples dans toutes les catégories. La liste des centristes dont le centrisme consiste surtout à être du bon coté (celui du manche et de l'assiette au beurre) est très longue. De l'autre bord, il y a des centristes qui ont de véritables convictions, enracinés dans cette démocratie-chrétienne qui a très mal pris en France (pour des raisons historiques) et qui sont capables de renoncer à une carrière par fidélité. C'est l'exemple de Pierre Mendès France (même s'il était radical et pas MRP) et plus près de nous de Jean-Louis Bourlanges. Le tout est encore davantage compliqué par les vieilles querelles et les haines recuites. En 2002, une partie des centristes accepte le pari de la fusion dans l'UMP pour faire progresser leurs idées au sein de la nouvelle structure (pari en partie perdu, mais en 2002, on ne pouvait pas le savoir), d'autres le refusent, pour des questions de carrière personnelle (Bayrou et ses fidèles) et par haine du RPR.

Aujourd'hui, se dire du centre a encore du sens en terme de valeurs. Bien que je ne m'en sente pas particulièrement proches, les centristes, où qu'ils soient, sont encore porteurs d'une vision issue de la démocratie-chrétienne. Que l'on écoute Méhaignerie, Arthuis, voire même Bayrou quand il ne parle pas de lui et de sa carrière, on retrouve la même sensibilité, les mêmes origines. A coté, d'autres tendances du centre existent, comme la vieille tradition radicale, qui va sans doute connaitre un beau regain de vigueur dans les mois et années qui viennent, pour sans doute faire jeu égal avec la démocratie-chrétienne. On va donc avoir une belle querelle, qui a commencé, pour le contrôle d'un positionnement "centre" qui malgré son inanité, conserve une petite place dans le coeur des électeurs.

Nous aurons donc un candidat "centriste" en 2012, voire deux. L'un, Borloo qui incarnera la tradition radicale (même s'il en est pas issu) et Bayrou, qui se revendiquera d'un courant démocrate-chrétien dont beaucoup lui contestent le leadership.

C'est quoi le Centre : c'est une étiquette politique sous laquelle cohabitent des traditions parfois très différentes, qui ont trouvé, à un moment donné, un intérêt tactique à s'allier pour faire face à d'autres traditions politiques. Une vaste opération de marketing politique, qui renait à chaque présidentielle, sans jamais arriver à capitaliser des scores pourtant honorables.

vendredi 7 janvier 2011

Départ de l'Assemblée

La vie politique est en train de quitter l'enceinte de l'Assemblée nationale, au moins jusqu'en juillet 2012.

Avec le départ de Jean-François Copé, Christian Jacob qui était président de la commission du développement durable est passé président de groupe majoritaire. On ne peut pas dire qu'il se soit montré très à son aise dans le costume de son prédécesseur, multipliant les cafouillages. Il y a d'abord eu ses amendements absolument inouïs sur la transparence de la vie politique, où il refusait que l'on sanctionne les déclarations de patrimoine mensongères. Je n'ai toujours pas compris comment il a pu à ce point manquer de sens politique. Il s'est magistralement pris les pieds dans le tapis, une partie de ses troupes refusant de le suivre. Et voilà maintenant qu'il nous sort un troll bien velu sur le statut de la fonction publique. Là encore, je n'arrive pas à comprendre comment un ancien ministre de la Fonction publique peut se révéler aussi maladroit ! Le pire, c'est que sur le fond, son propos est pertinent, car il y a un vrai problème de management des très hauts cadres de la fonction publique d'Etat. Mais de là à remettre en cause l'emploi à vie des fonctionnaires. Visiblement, Jacob flotte dans un costume de président de groupe trop grand pour lui. A ce rythme là, il va vite perdre sa crédibilité médiatique, mais aussi une autorité déjà chancelante dès le début au sein du groupe UMP.

Les deux nouveaux présidents de commission, Serge Poignant aux Affaires économiques, et Serge Grouard au Développement durable sont des parlementaires très honorables, travailleurs et techniquement compétents. Poignant était vice-président de la commission et Grouard a été rapporteur du Grenelle 2. Sauf qu'ils n'ont pas franchement la carrure politique pour être présidents de commission. Ce sont d'illustres inconnus, destinés à le rester, et dont l'essentiel de la tâche consistera à veiller au bon déroulement des travaux parlementaires de leur commission. Aux Affaires économiques, on a vraiment l'impression que Poignant est resté vice-président et assure l'intérim après le départ de Patrick Ollier, tant la différence de charisme et d'autorité personnelle est grande.

A gauche, les acteurs majeurs de l'élection présidentielle, les candidats réellement crédibles (Royal, Aubry, DSK, Mélenchon, Joly) ne sont pas députés. A droite, Copé reste député, mais on ne le verra plus souvent. Fillon ayant fait son discours de politique générale, à moins d'une motion de censure, les grands discours politiques à la tribune, c'est terminé.

Il reste encore quelques réformes, dont celle de la dépendance, ainsi que celles concernant la justice qui peuvent encore donner un peu d'animation. Et encore. Ce n'est pas ça qui va motiver les députés à être assidus. Eux aussi vont être de moins en moins là, surtout ceux qui se représentent. Le travail parlementaire va pourtant continuer, car la machine ne s'arrête jamais. Les alertes habituelles vont fonctionner moins bien, l'opposition sera moins vive, les médias seront occupés ailleurs, ce qui augmente le risque de bug législatif. Il va falloir être encore plus vigilants.

mercredi 5 janvier 2011

La valse des seconds couteaux

Hervé Morin est mauvais orateur, physiquement "passe muraille", politiquement flou. Il a tout pour "non exister" et c'est d'ailleurs ce qu'il fait avec constance. J'ai assisté ce matin à ses voeux à la presse. Enfin, aux quelques journalistes présents. L'impression que j'en ai retiré se résume à un mot : "cheap". On se trouvait entassés dans une cave, avec des éclairages trop violents et un micro qui fonctionnait quand il le voulait bien. L'habituelle tapisserie de militants et d'élus qui pose derrière l'orateur dans ce genre de réunion était lui aussi bien dégarni. La seule présence notable était celle de Maurice Leroy. Pour le reste, on avait quatre ou cinq parlementaires Nouveau Centre, et Jean-Marie Bockel. Pour un président de parti, ce n'est pas terrible.

Sur le fond, ce fut tout aussi plat. Bien assis dans un canapé, au fond, dans la pénombre, il m'est arrivé de décrocher. Ma voisine était encore plus proche du sommeil que moi. Après une série de platitudes et de lieux-communs, j'ai compris qu'Hervé Morin trouvait que la montée du FN, c'est pas bien et qu'il fallait faire quelque chose. Quoi ? par contre là, il resté "sur sa réserve". Deuxième axe, le problème de la dette. Là encore, à part dire que le niveau de la dette est devenu inquiétant (là dessus, on est tous d'accord) pas grand chose à se mettre sous la dent et certainement pas un début de solution. Si vous voulez du contenu, reportez vous aux propos de Charles de Courson.

Par contre, il n'a pas arrêté de tourner autour du pot de sa candidature à la présidentielle. Il en rêve, tellement fort d'ailleurs que son porte-parole l'annonce avant de se faire rabrouer. C'est vrai que c'est difficile de se comporter en candidat sans l'être officiellement, de justifier de faire un tour de France pour "écouter" les français. Le seul élément que j'ai vraiment retenu, et qui condamne cette candidature mort-née, c'est qu'Hervé Morin ne croit pas à l'union du centre autour de sa candidature. Il prépare dès maintenant l'échec d'un mouvement qu'il appelle de ses voeux en fixant à ses partenaires radicaux une condition qu'il sait impossible à remplir : que les radicaux rejoignent les groupes parlementaires centristes au Sénat et à l'Assemblée. Quand ça commence comme ça, on sait que ça n'ira pas bien loin...

Dans le monde du music-hall, on appelait ça la vedette anglaise, qui apparaissait au troisième rang dans l'affiche, chauffant la salle et faisant patienter le public avant l'arrivée de la véritable star. Au PS, ils ont Valls qui joue ce rôle avec autrement plus de talent, mais sur le fond, ils sont du même tonneau. Je suis bien d'accord avec Aliocha, les petites péripéties de cette pré-précampagne ne méritent pas qu'on s'y attarde et qu'on y accorde trop d'importance.

mardi 4 janvier 2011

Tradition littéraire française

La culture française se casse la figure, notamment dans le domaine littéraire. Où sont les grands écrivains d'autrefois, ceux qui nous permettaient d'avoir un prix Nobel de Littérature presque tous les 5-6 ans ? Où sont les Gide, Camus, Sartre, Mauriac, Saint-John Perse ? Les quelques prix obtenus depuis les années 70 se sont espacés et sont devenus le "minimum syndical", le tour de la France et de la littérature francophone devant revenir de temps à autre. Claude Simon en 1985, un chinois naturalisé français en 2000, Le Clézio en 2008, c'est bien léger.

Quand on voit l'affaire du plagiat de PPDA pour sa biographie d'Hemingway, on comprend mieux. Tous les vices du milieu littéraire français sont réunis !

PPDA est un journaliste. C'est d'ailleurs à ce titre qu'il bénéficie d'une très forte notoriété. Présentateur vedette du journal de 20 heures pendant de très longues années, c'est un visage connu. Il s'est diversifié en animant des émissions "littéraires", qui dans les faits, sont destinés à faire la promotion des ouvrages mis en avant par les éditeurs. Il est donc présent dans les médias et dans la promotion commerciale de livres. Il dirige également une collection littéraire chez un éditeur. Il est donc également présent au stade de la transformation industrielle du produit. Enfin, il se pique d'être aussi écrivain, fournisseur de la matière première. Il est présent à tous les maillons de la chaine, ce qui est malheureusement devenu la norme. Pour être écrivain en France, il faut être auteur-éditeur-critique littéraire. Du conflit d'intérêt massif, avec copinage et consanguinité à tous les étages.

Cela explique que malgré un très lourd passif, dont un épisode qui aurait mis fin à sa carrière dans un pays anglo-saxon, à savoir sa fausse interview de Fidel Castro en 1991, il soit toujours en piste. Malheureusement pour les lettres françaises, quand on regarde d'autres "grands noms" des lettres, on se rend compte qu'ils ne sont pas qu'écrivains. Un autre exemple, Bernard-Henri Levy. Omniprésent dans les médias, dans les coulisses du pouvoir, il est depuis 1993 président du conseil de Surveillance d'Arte. Lui aussi, a été pris en flagrant délit de mensonges grossiers, et à plusieurs reprises. Pourtant il est toujours là, indéboulonnable...

La littérature française s'est perdue dans des pratiques de sous-préfecture de province, où des médiocres ont pris le pouvoir et se sont servis de l'outil en leur faveur, pour satisfaire leur ego. Dans cette affaire, le public n'a pas eu le choix, enfin, si, celui ne pas acheter. Mais ça, on le tait, où on le dit à demi-mot, avec des statistiques de vente de livres absolument minables. Mais le milieu d'en moque, de toute manière, il vit d'argent public et de rentes (l'édition scolaire par exemple...) qui leur permettent de faire n'importe quoi et de perdre de l'argent sur la "littérature".

Le seul souci, c'est l'effacement de la création littéraire française et à terme, du prestige de la France dans ce domaine. C'est déjà largement bien engagé. Dans ce domaine là aussi, cette génération des "soixante-huitards" ne laissera rien qu'un champ de ruines à ses enfants.

lundi 3 janvier 2011

La rentrée au Sénat

Les travaux du Parlement reprennent la semaine prochaine. Du coté de l'Assemblée nationale, plusieurs mastodontes sont annoncés, qui risquent d'écraser un peu tout : le défenseur des droits, la garde à vue et la bioéthique. On en a jusqu'à la mi février. Par contre, le programme du Sénat est beaucoup plus varié et intéressant.

La semaine de rentrée porte sur le contrôle et l'évaluation. D'habitude, à l'Assemblée, c'est la semaine où il ne se passe rien, la programmation étant peu appétissante. Les sénateurs semblent mieux se débrouiller pour remplir utilement cette semaine. On commence tranquillement le 11 janvier par les questions orales sans débat, puis l'après midi, quelques débats très ciblés, mais pas initéressants. Le 12 janvier, à 14 heures 30, on attaque fort avec un débat sur l'édiction des mesures réglementaires d'application des lois, sujet sur lequel il y a bien des choses à dire. Le 13 janvier, c'est le jour des ruraux, avec deux débats où nos élus ruraux vont pouvoir roucouler en direction de leurs électeurs.

La semaine suivante, c'est la deuxième lecture de la LOPPSI. Aucune surprise à attendre. Le moment vraiment intéressant, c'est la troisième semaine, réservée aux propositions de loi sénatoriales et à des questions ciblées. Il y en a quelques unes qui ne sont pas anecdotiques. Le mardi 25 janvier, de 17h à 17h 45, Brice devra parler de l'utilisation du Taser et des flashball par les forces de police. A 18 h, débat sur l'euthanasie. Ca, c'est du débat, sans incidence législative.

Deux propositions de loi ont attiré mon attention. Les deux ont en commun de relancer des débats ultra sensibles sur des sujets ayant fait l'objet d'une censure du Conseil constitutionnel pour cause de "cavalier". La première porte sur la dévolution des monuments historiques appartenant à l'Etat, l'autre sur la réforme de la médecine du Travail. Ces deux textes devraient être adoptés, puisque l'un est porté par la commission Culture et l'UMP et l'autre par le président du groupe centriste. Ces deux textes n'ont pas fait de bruit jusqu'ici et sont inscrits à l'ordre du jour avec un passage en commission le 19 janvier pour un examen en séance publique la semaine suivante.

dimanche 2 janvier 2011

Papy fait de la Résistance... médiatique

Le dernier produit médiatique à la mode s'appelle Stéphane Hessel. Ce vieux monsieur a signé un petit opuscule de 25 pages (vendu 3€, ce qui permet d'en écouler beaucoup) au titre qui ne peut que faire hurler de plaisir toute la gauche bien-pensante "indignez-vous". Beaucoup ne l'ont pas attendus pour s'indigner en boucle, un sujet chassant l'autre sans qu'on dépasse jamais le stade de l'indignation. Dans le corps de court texte, Stéphane Hessel résume assez bien ce que pensent ceux qui font sa promo à tout-va : il ne faut rien changer, il faut conserver tous les acquis obtenus depuis 1945. Comme il se doit, il est pour les sans-papiers, contre les marchés financiers et pro-palestinien.

Bref, tout ce que la gauche bien-pensante à envie de s'entendre dire et absolument rien de neuf sur le fond. C'est juste l'emballage qui change. Il est vrai que le papy propre sur lui au passé glorieux, on ne l'avait pas encore fait. Cette nouveauté est sans doute la clé de son succès médiatique actuel. Malgré son grand âge, Stéphane Hessel présente encore bien, physiquement et intellectuellement et peut ainsi jouer à merveille la figure du "sage". C'est important, essentiel même, car tout est dans l'apparence. Ce monsieur est destiné à passer à la télévision, il ne faut pas qu'il soit trop croulant.

Profitant de cette phase d'exposition médiatique, qui pourrait durer, vu que le mois de janvier est en général calme, on en profite pour lui faire vendre aussi d'autres produits de la gamme. Il vient par exemple d'apporter son soutien aux professeurs désobéissants. Pour Sakineh, c'est trop tard, il semble que le gouvernement iranien ait décidé de l'utiliser plutôt que de la tuer. Ses appels au boycott d'Israël ont obtenu le succès attendu, qui renforce encore le bruit, et donc l'exposition médiatique du produit. D'ailleurs, tout le monde profite du Hessel pour vendre sa soupe, que ce soit les Strauss-Kahniens et même ceux du camp d'en face.

Que restera-t-il de tout cela dans quelques mois ? Sans doute rien. On sera passé à d'autres indignations, avec d'autres supports et d'autres porte-drapeaux car le public aura fini par se lasser du grand-père, à moins que ce soit lui qui soit las, car à son âge, il faut éviter le surmenage. La machine médiatique continuera à tourner, avec les mêmes aux manettes (à droite comme à gauche), à ressasser les mêmes thématiques, à prendre les mêmes postures et à se disputer sur les mêmes sujets. La réflexion de fond n'aura pas progressé d'un pouce. Si l'indignation médiatique avait été un moteur politique, une source qui permet d'aller plus loin, le parti politique qui a vocation à recueillir tout cela, le PS, serait dans un autre état.