Jean-François Copé a voulu prendre tout le monde vitesse en annonçant le dépôt, en janvier prochain, d'une proposition de loi interdisant d'avoir le visage caché sur l'espace public.

Ce texte risque fort de se fracasser sur le mur du droit constitutionnel. Le droit de se vêtir comme on l'entend, en se couvrant ou non le visage est un droit constitutionnellement protégé, tout comme le droit d'aller et de venir. Le conseil constitutionnel n'a jamais eu l'occasion de le dire explicitement, mais c'est évident qu'il ne pourra pas aller dans une autre direction. Il ne peut y être apporté des restrictions que pour des considérations d'ordre public (sécurité, salubrité publique) qui doivent être strictement nécessaires, encadrées et appréciées restrictivement. C'est la liberté qui est le principe et l'interdiction l'exception. Et là, en plus, la genèse des travaux parlementaires indique clairement que la raison de cette interdiction ne relève absolument pas d'une défense de l'ordre public, mais plutôt d'une défense de "l'ordre moral occidental".

C'est la position habituelle de la justice administrative (allez voir chez d'autres pour les explications techniques). Je sais que le conseil constitutionnel manque parfois de courage, mais s'il ne met pas le holà immédiatement à cette atteinte aux libertés publiques, c'est la cour européenne des droits de l'homme qui s'en chargera !