Pour une fois, j'approuve complètement la position du très socialiste Gérard Filoche (qui d'habitude, me sort par les trous de nez tellement il est caricatural). L'annonce d'Eric Besson sur la lutte contre les employeurs qui font travailler des clandestins, c'est du pipeau, car les mesures qu'il annonce, c'est juste la transposition d'une directive européenne. La France n'a pas le choix, elle doit le faire. Dans sa communication, le ministre a oublié de le préciser, faisant passer cela pour une pure initiative nationale. Une belle escroquerie...

Mais ce n'est pas tout. Filoche, qui a encore quelques contacts à l'inspection du Travail, montre bien où mènerait l'application réelle de ces mesures. Les deux tiers des restaurants français devraient fermer. En fait, c'est toute l'économie française qui coulerait, sans parler des désagréments de confort très immédiatement perceptibles. Que se passerait-il, par exemple, si on s'amusait à contrôler les papiers de tous les éboueurs, salariés de sociétés privées délégataires de service public ? Et si on faisait la même chose avec toutes les sociétés de nettoyage ? Oui, les sans-papiers font le sale boulot que nous ne voulons plus faire, et cela depuis des décennies. Et en plus, pour un prix défiant toute concurrence. Notre confort repose sur eux, alors avant de lancer la chasse à grande échelle, regardons bien qui tient la branche sur laquelle nous sommes assis.

Sommes nous prêts à payer le juste prix de services que nous sous-payons grace à l'exploitation des sans-papiers ? C'est assez sordide, mais le salut des sans papiers pourrait venir de là...