Ségolène Royal s'en sort finalement très bien de l'hilarité générale qui a secoué le web à propos de son nouveau site internet. Elle reprend son antienne habituelle de la victimisation, avec un discours politiquement très habile. Elle veut un site qui lui ressemble, et pas nécessairement un site conforme aux "canons de la beauté" imposés par un petit milieu élitiste.

Ce discours est destiné à tous les non-internautes, largement majoritaire, sur l'air du "je suis comme vous". Ségolène Royal jouant à fond sur la relation personnelle et l'identification, elle a là un argument qui lui permet de se rapprocher de tous les analphabètes du web, qui regardent un ordinateur comme une poule regarde un couteau et qui se sentent confusément honteux de ne pas savoir se servir de cet outil si "hype". Ils se sentent exclus et en retour, nourrissent un ressentiment. La phrase sur "internet puissant lobby" parle à ces gens là, qui sont justement la clientèle que vise Ségolène Royal.

Il ne faut pas se leurrer, nous sommes une petite minorité, très urbaine, voire très parisienne et donc très attaquable sur le mode de "les élites parisiennes dans leur toutr d'ivoire". Si nous comptons médiatiquement, politiquement, nous sommes peanuts. Nous pouvons nuire, mais nous n'apportons pas grand chose au moment des élections. Jusqu'ici, aucune élection ne s'est jouée sur le web. Ségolène Royal fait plus fort que Copé et consorts qui crachent sur le web. Elle se pose en victime du web pour quelque chose qui n'est pas considéré comme une faute (à la différence d'Hortefeux). Et le pire, c'est que c'est politiquement excellent pour elle !