Je découvre aujourd'hui la tribune de Franck Louvrier dans le Monde. Je suis tout simplement affligé par la pauvreté du propos, qui commence par une série de banalités sur internet et sur la certification des sources, pour arriver on ne sait comment sur hadopi.
Son article a fait l'objet de commentaires fort doctes et pertinents que je vous laisse découvrir. Je m'intéresserai surtout à l'aspect "communication politique" particulièrement affligeant.
Cet article est très clairement une préparation d'artillerie avant le vote à l'Assemblée nationale du texte hadopi 2, le 15 septembre prochain. Pour cela, on s'appuie sur un sujet qui semble à la mode, Twitter, et on greffe dessus la propagande officielle. Tout est raté, sur la forme comme sur le fond.
Le choix de l'intervenant, un conseiller en communication, et en plus, celui de Sarkozy. Au moins, on sait d'où ça vient ! Ce ne sont pourtant pas les artistes "faux nez" qui ont manqué pour s'exprimer (ou exprimer celui du lobby culturel) sur ler sujet. Etrange que l'on en ait pas trouvé un pour cette rentrée. Changement de stratégie de communication ou désertion des troupes obligeant le communicant en chef à monter tout de suite au front ? Le choix du moment est aussi une erreur. Le 22 août, la France est encore en vacances. S'il n'y avait pas eu les réactions, je n'aurais rien vu, et pourtant, je suis un abonné du Monde. J'ai un stock qui m'attend, que je rattrape quand je peux, en sélectionnant les articles qui m'intéressent. Une tribune libre de Franck Louvrier me parlant d'internet et démocratie, je zappe. D'ailleurs, je zappe quasiment toujours la page "tribune libre" et je pense ne pas être le seul. Je lis un journal pour les explications et les décryptages, pas pour lire l'opinion d'untel ou les querelles du microcosme parisien. Ce texte va donc toucher ceux qui lisent les pages opinions du Monde, bref, pas grand monde et surtout, un public qui a déjà son opinion faite sur hadopi. Effet nul !
Après la forme, le fond. Là encore, le désarroi doit être grand pour en arriver là. D'autres l'ont souligné, mais je ne peux m'empêcher de relever l'absence de lien logique entre Twitter et hadopi. Il y a un loupé dans la transition. Franck Louvrier est également bien laconique sur hadopi, alors qu'il a été prolixe sur twitter. Il tente de faire un amalgame positif, mais n'explique rien. Résultat, ceux qui n'y comprennent rien n'y comprennent pas plus et ceux qui comprennent (et qui ont donc déjà leur opinion) hurlent de rire. La question de la fiabilité des sources et des informations circulant sur internet est un problème essentiel. Mais on n'a pas attendu Franck Louvrier pour chercher des solutions qui, de toute manière, émergeront des utilisateurs, et en aucun cas de lois. C'est là que l'on voit l'étendue de la méconnaissance du monde de l'internet dont fait preuve Monsieur Louvrier, qui est là dans la vraie logique de l'hadopi. Une régulation efficace de l'internet ne peut pas se faire contre ses utilisateurs. Le jour où les pouvoirs publics auront compris, et surtout admis cela, nous aurons fait un très grand pas.