Un enseignant doit être jugé aujourd'hui pour avoir troublé la quiétude d'un contrôle de police par un "tapage injurieux diurne". Cet homme, en pleine gare de Marseille, à l'heure de pointe, s'est amusé à gueuler après des policiers effectuant un contrôle d'identité.

Ce n'est franchement pas malin et dénote une agressivité vis à vis des forces de police que je ne saurais approuver. Les policiers font un métier difficile, une gare à l'heure de pointe, c'est propice aux attroupements et un simple contrôle parfaitement justifié peut dégénérer. On comprend que les policiers n'aient pas apprécié cet obstacle mis à l'exercice de leurs fonctions. Ce type méritait de se faire contrôler à son tour, voire de se faire amener au poste, histoire d'approfondir les contrôles. Mais pas plus. Le poursuivre en justice est un peu idiot et politiquement dangereux.

Idiot parce que le délit n'est pas constitué et que la justice française est toujours, aux dernières nouvelles, indépendante et qu'elle peut désavouer la police. L'accusation ne semblant pas bien solide juridiquement, la relaxe est tout à fait possible. Et c'est là qu'est le danger politique. Il existe, chez bien des militants d'extrême-gauche, une hostilité de principe aux forces de l'ordre. Cette tendance est exacerbée par l'affichage décomplexé d'une politique sécuritaire musclée de la part d'un président de la république "clivant". Les forces de police sont ainsi pris entre deux feux et doivent appliquer une politique gouvernementale contestée par une partie de la population, tout en conservant son autorité et le respect de l'ensemble de la population. En poursuivant en justice, la police risque de perdre le procès, mais surtout de perdre son autorité.

Les militants ne manqueront pas de se réjouir bruyamment d'une éventuelle relaxe. Ils s'accommoderont aussi très bien de sa condamnation. Un martyr, c'est toujours bon à prendre, surtout si la condamnation est purement symbolique et que le condamné, contrairement aux vrais résistants, ne risque pas la déportation ou le poteau d'exécution. Dans les deux cas, le gouvernement a perdu.