Le Journal officiel recèle parfois des documents étonnants. En voici un, pudiquement appelé "rapport spécial de la commission nationale de déontologie de la sécurité". Il est édifiant !

Un homme dans un aéroport voit un policier frapper à coup de pied un homme à terre, incapable de se défendre car menotté. Indigné, il transmet l'information à un parlementaire, qui saisit la commission nationale de déontologie de la sécurité. La commission lance une enquête et convoque deux policiers susceptibles d'être les auteurs des violences. Soutenus par leur hiérarchie, ils refusent de se présenter à la commission et déposent immédiatement une plainte en dénonciation calomnieuse contre le témoin. Après une petite résistance, celui-ci finit par lâcher prise suite à des "pressions" lors de l'enquête, mais sans doute aussi dans le bureau du procureur : "le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Toulouse lui propose un classement sans suite de la plainte des policiers sous condition de rédaction d'une lettre d'excuses et du versement d'une somme d'argent à chacun des fonctionnaires, proposition qu'il accepte, après réflexion et concertation avec son avocat". Tout cela se termine par un classement sans suite, alors même que les faits, autant qu'a pu enquêter la commission, sont avérés : "les violences décrites par le témoin sont en tous points compatibles avec les traces de coups constatées".

Malgré les demandes de la commission, aucune sanction disciplinaire ne sera prise, d'où une colère assez vive : "Cette absence délibérée de prise en compte de ses recommandations justifie la publication du présent rapport au Journal officiel".

Les forces de l'ordre font un travail souvent difficile, absolument nécessaire à la bonne marche de la société. Mais vu les pouvoirs dont elles disposent, ses membres doivent être absolument irréprochables. Cela n'a visiblement pas été le cas dans cet aéroport, et le plus grave, c'est que la hiérarchie a couvert. Cela me pose problème... Gravement même !