Julien Dray devrait sérieusement penser à sa reconversion, car même s'il n'est pas pénalement condamné (hypothèse de moins en moins crédible), la politique, pour lui, c'est fini !

L'Est républicain vient de publier l'intégralité du rapport de tracfin concernant Julien Dray. Avec 15 000 euros de revenus mensuels (180 000 euros annuels), Monsieur Dray a dépensé en moyenne 100 000 euros par an en 2006, 2007 et 2008 pour ses "menus plaisirs". Le rapport détaille les plus grosses opérations faites avec sa carte Centurion (ben voyons). On y trouve des vêtements, du luxe, de l'horlogerie et des voyages. Reste donc 80 000 euros pour l'entretien, le logement, la nourriture. C'est faisable, mais cela demande quand même quelques explications, qui deviennent assez acrobatiques à fournir quand on lit le rapport.

De nombreux flux financiers sont relevés entre le compte de deux associations proches de SOS Racisme et de la FIDL. Le rapport note que d'importants retraits en liquide précèdent, de manière récurrente, des déplacements de Monsieur Dray à Milan où il effectue des achats "haut de gamme" (c'est sa carte bancaire qui le dit). Le rapport note également que la concentration des flux sur une courte période exclut l'explication d'une rémunération ou d'une prestation de service. Tracfin s'interroge sur les contreparties de ces versements. Pour l'instant, ce ne sont que des questions, mais à priori, les explications classiques pour justifier ces versements ne sont pas opérantes dans ce cas. On peut être amené à penser que ces deux associations financent le train de vie de Monsieur Dray. Je ne suis pas juriste, mais je pense qu'il ne devrait pas être trop difficile de qualifier pénalement de tels faits.

Mais il y a pire ! L'analyse des compte de Julien Dray "revèle des crédits par chèques de particuliers investis dans l'économie dont la contrepartie n'est pas établie". Rien que ça, c'est du lourd. Mais ça continue, et c'est précis : entre janvier 2006 et l'automne 2008, ce compte voit arriver pour 450 000 euros de chèques ! 107 000 euros viennent d'horlogers de luxe (sans doute provenant de ventes effectuées par Julien Dray), mais certains viennent d'acteurs économiques du département de l'Essonne. Cela peut faire présumer d'autres qualifications pénales particulièrement lourdes à assumer pour un homme politique.

Après un coup comme celui là, Julien Dray est politiquement mort. Il peut continuer à se débattre, cela ne servira à rien, car la question n'est pas seulement pénale, elle aussi morale et les informations contenues dans ce rapport suffisent à disqualifier Julien Dray. Le mieux pour lui est d'abandonner la politique rapidement et de se faire oublier.