Depuis hier, Frédéric Lefebvre est la nouvelle star du web, suite à sa prestation chez Monsieur Bourdin. Qu'est ce que le web 2.0 ? Et le prix de la baguette de pain ? Voilà des questions que j'appelle "subsidiaires", qui font la différence quand tout le reste, c'est à dire l'essentiel, a été abordé. Que Frédéric Lefebvre s'emmêle un peu les pinceaux sur une telle question est amusant, car le personnage est arrogant et donneur de leçons. Mais de là à dire qu'il est totalement incompétent en matière d'économie numérique, c'est un pas que je ne franchirai pas, contrairement à beaucoup ! Dans cette vidéo, on constate juste qu'il n'a pas saisi le sens de la question de Bourdin, qui attendait une réponse technique précise. On voit quoi, un candidat que l'on pensait aguerri qui se fait surprendre par un examinateur un peu viscelard.

Que demande-t-on à un secrétaire d'Etat à l'économie numérique ? De savoir réparer un ordinateur ? De savoir programmer ? D'être capable de créer un site web ? Evidemment non ! Dans économie numérique, c'est le premier mot qui est le plus important ! Ce qu'on lui demande, c'est de comprendre les enjeux et surtout, de trancher entre différentes lignes politiques. Ce n'est pas un poste de "ministre des geeks" mais de ministre de ceux qui font du pognon sur web. Pour ceux qui ne savent ce qu'est un ministre, je précise qu'il est en général très entouré, en principe de gens qui maitrisent techniquement le sujet sur le bout des doigts. Qu'un conseiller technique ne sache pas répondre à "qu'est-ce que le web2.0", là oui, ce serait inquiétant et le signe que le ministre ne sait pas s'entourer.

S'il faut être geek pour être à l'économie numérique, dans ce cas là, il faut être profession de santé pour être ministre de la Santé, sportif pour être ministre des sports. Quand on voit en action la pharmacienne Roselyne Bachelot ou le rugbyman Bernard Laporte, c'est pas très convaincant, pour ne pas dire plus. Un ministre, ce n'est pas un professionnel du secteur ! C'est un politique chargé de trancher et d'assumer les choix. Il faut qu'il ait une connaissance du secteur, et contrairement à ce que les mauvaises langues peuvent affirmer, Frédéric Lefebvre connait bien l'économie et maitrise les enjeux du numérique, bien plus que l'immense majorité de ses collègues parlementaires, qui ne savent même pas allumer un ordinateur. Il suffit de lire ses interventions à l'Assemblée. On ne juge pas de la compétence ou de l'incompétence d'une personne sur 30 secondes d'une interview ! Le vrai problème n'est pas sa compétence technique mais ses choix politiques en ce qui concerne le développement de l'internet "marchand".

Mais bon, il s'agit de Frédéric Lefebvre, personnage assez peu sympathique et très proche du président de la République. Tous les prétextes sont bons pour lui tirer dessus, et de la part des militants socialistes, c'est de bonne guerre. Ils ne sont plus à une exagération près et ce genre de billet n'est qu'une goutte dans l'océan de leur mauvaise foi militante. Ce qui me surprend, c'est que des journalistes s'y mettent aussi, relayant sans grand recul et sans réel décryptage cette "émotion" blogosphérique.