Les israéliens viennent de lancer une vaste opération militaire sur Gaza, tirant dans le tas. Officiellement ce sont des sites du Hamas qui sont visés, mais comme ils sont situés en zone résidentielle et que les tirs d'aviation n'ont pas une précision fabuleuses, on peut s'attendre à un carnage.

Tout cela pourquoi ? Pour les élections bien entendu.

Celles qui se déroulent en Israël, où la droite dure du Likoud est en tête dans les sondages. Kadima a donc choisi de séduire cet électorat, sans regarder à la dépense. Une bonne opération militaire contre les palestiniens, il n'y a que cela de vrai pour emporter des élections. Sharon, avec son passé, n'a pas eu besoin de cela, mais Tzipi Levni, sans passé militaire, devait montrer qu'elle n'a aucune hésitation à frapper.

Mais il y a aussi les élections qui doivent se dérouler dans les territoires occupés, le mandat de Mahmoud Abbas arrivant à échéance. Si on ne fait rien, le Hamas l'emporte haut la main, tellement l'autorité palestinienne est discrédité (et il y a de quoi). Comment faire pour que ce soit quand même Abbas qui gagne sans une fraude massive qui se verrait forcement et discréditerait les israéliens ? Et bien c'est simple, il suffit de désorganiser l'adversaire en bombardant ses installations, ses bureaux, en tirant pour tuer (surtout les cadres). Attendons de voir le bilan, mais on peut penser que le Hamas mettra quelques mois à se réorganiser. Pendant ce temps là, Abbas rempile.

Pour autant, le Hamas n'est pas une victime innocente. Dans la même optique électorale, il a rompu la trêve le 19 décembre dernier et a intensifié les attaques à la roquette sur Israël. Electoralement, c'est tout bénéfice à condition de survivre. Face à cela, que peut Abbas ? La population palestinienne est derrière le Hamas à la suite de cette attaque et si le scrutin présidentiel a lieu normalement (et démocratiquement) dans les territoires occupés, Abbas est écrasé.

Encore une fois, un grand perdant, la population civile...