Les députés viennent d'adopter en commission des finances un amendement à la loi de Finances rectificative créant une taxe de 12 centimes sur les sacs de caisse en plastique. Cosigné par deux vice-président de l'Assemblée, ainsi que des membres de l'opposition, cet amendement est passé à la quasi unanimité. Les députés en remettent ainsi une couche sur un sujet où le gouvernement avait cédé devant le lobby de la grande distribution, indiquent qu'ils ne lâcheront pas le morceau.

Et là, divine surprise, le lobby de la grande distribution semble céder ! Le même jour, Jérôme Bédier annonce en effet que pour 2010, les sacs de caisse en plastique auront disparu. Ce n'est en fait que du trompe l'oeil, car l'amendement des députés ne concerne que les sacs de caisse à usage unique, dont la disparition était déjà programmée par la grande distribution depuis 2002.

Jamais à court d'idée pour faire payer davantage le consommateur, les grandes surfaces remplacent les sacs de caisse donnés gratuitement par des sacs cabas plus ou moins épais qui eux ne sont pas gratuits. La première mouture de l'amendement de députés concernait aussi ces sacs-cabas, ce qui gênait considérablement la grande distribution, ce qui n'est pas le cas de ce nouvel amendement.

Dans l'affaire, tout le monde y gagne. Les députés peuvent crier victoire, ils ont "fait plier" un lobby et victorieusement défendu l'environnement. La grande distribution aussi y gagne, car ces sacs de caisse à usage unique, elle n'en veut plus. Les députés leurs offrent le prétexte idéal pour les retirer définitivement au profit de leurs sacs cabas, infiniment plus rentables.