La manière dont se déroule la désignation des instances du PS est un véritable bonheur pour Nicolas Sarkozy. Quelque soit l'issue du scrutin de jeudi, il est gagnant.

Ségolène Royal, contre tout attente, l'emporte d'une courte tête. Elle prend la tête d'un parti où les cadres lui sont majoritairement hostiles, pas seulement politiquement, mais aussi personnellement. Ca peut vite tourner à la boucherie. Ségolène Royal, une fois élue, doit tenir au poste jusqu'en 2012 si elle veut être à nouveau candidate à la présidentielle, tout départ anticipé, surtout s'il donne l'impression qu'elle a été virée, lui serait fatal. Elle va se retrouver dans la position du cavalier de rodéo, qui cherche juste à rester en selle. Le travail de refondation risque d'en souffrir.

Ségolène Royal est battue. C'est le plus probable vu la coalition qui s'est montée contre elle, mais elle fera vraisemblablement un score honorable (sauf sursaut militant, mais je n'y crois pas trop après mure réflexion). Elle garde donc ses chances pour la présidentielles de 2012, et va vivre sa vie en marge du parti. Elle l'a déjà fait, c'est d'ailleurs une position bien plus confortable. Pendant les trois années qui viennent, elle va s'employer à miner le PS, à le marginaliser, pour apparaitre comme la seule candidate de gauche crédible. Un effondrement du candidat officiel du PS est possible, rappelez-vous en 1969, Gaston Deferre et ses 5%... Ségolène arrivera avec des idées nouvelles, mais l'état de déliquescence et de haine à Gauche lui coutera son élection. A la présidentielle, ce n'est pas le meilleur qui gagne, mais celui qui arrive le moins mal à faire l'union de son camp.

Dans les deux cas, les socialistes se consumeront en querelles internes, arriveront épuisés et sans propositions à la présidentielle, face à un Sarkozy qui lui, sera prêt !