L'affaire fait grand bruit, dans la presse et sur les blogs. Un mari demande l'annulation de son mariage du fait que son épouse, qui avait assurée être vierge, ne l'était en fait plus. Cette condition étant jugée "substantielle" par le mari, il estime avoir été trompé. L'affaire est habilement plaidée sur la base de la tromperie : c'est le fait pour l'épouse d'avoir menti sur sa virginité plus que l'absence de virginité qui serait la base de la demande. Cela ne change pas grand chose au fond. Pour le coté juridique, voir mon juriste préféré (plus rapide à dégainer qu'un autre)

Cette affaire illustre de manière caricaturale la confusion entre le mariage et le contrat commercial. On pourrait ainsi résumer les faits : un homme achète un produit (la femme) que le vendeur (le père) lui a garanti vierge. L'acheteur a bien insisté sur le fait que cette virginité est une qualité substantielle du produit. Lors du premier usage, l'acheteur s'aperçoit que le produit n'est pas conforme, et qu'il y a eu tromperie sur la marchandise. Il fait alors jouer son droit de rétractation (7 jours) pour résilier la vente et rendre le produit dans son emballage d'origine (la robe de mariée). L'histoire ne dit pas s'il y a eu paiement et restitution d'un prix...

Le mariage relève-t-il du code civil ou du code de la consommation ? J'en viens à me poser sérieusement la question au regard de cette affaire ce qui me désole profondément. Quel est le but du mariage : se procurer un conjoint comme on achète une voiture ou une télévision écran plat pour en faire ensuite "usage" et éventuellement le jeter quand le produit devient obsolète ? Pour moi, le mariage est bien autre chose. C'est un évènement fondateur d'une nouvelle entité, la famille, dont le but essentiel est quand même de concevoir et d'élever des enfants (qu'on ait les enfants naturellement ou par adoption). Dans cet optique, la qualité substantielle du conjoint, c'est sa capacité à assumer ce rôle au sein d'un binôme (qui peut être composé de deux personnes du même sexe). C'est certain que si le couple s'entend bien, c'est quand même mieux, mais ce qui fait le ciment (quoi qu'on en dise), c'est l'existence de cette volonté commune de mener à bien ce projet, en y sacrifiant éventuellement une partie de ses aspirations individuelles, en acceptant que le bien de la famille passe avant son petit confort personnel. Un couple où le choix d'un conjoint se fait uniquement sur la base du "confort" et du plaisir personnel de l'un des conjoints (ce conjoint égoïste peut très bien être la femme) ne me parait pas sain et durable.

Je ne peux qu'approuver ceux qui protestent sur la transformation de la femme en simple produit commercial. Dans cette affaire, il y a indéniablement de cela, le mari a pris femme comme il aurait acheté une belle voiture, en la voulant neuve pour la "faire" à sa main (et cela n'est en rien une spécificité "musulmane", bien des chrétiens font de même). Et le pire, c'est que le droit cautionne cela en admettant une annulation qui s'apparente fortement, quelque que soit l'habillage, à une résiliation de vente commerciale ! Ce n'est plus le mariage qui est galvaudé, mais la famille. Et là, on sape l'un des fondements de notre société !