Le gouvernement souhaite mettre fin aux allocations chômage de ceux qui refusent deux offres "valables". Sous réserve de la définition qui sera donnée de "valable", cette mesure ne me choque pas. Trop souvent, les périodes de chômage sont prises au début comme des périodes de congés, de repos. Certains auraient la possibilité de retrouver rapidement, mais non, ils ont envie d'un peu de bon temps, aux frais de la princesse. D'autres prennent leur temps pour trouver, font les difficiles, là encore, aux frais de la collectivité. Nous avons tous autour de nous des personnes qui ont été licenciées, et qui se sont sérieusement mises à la recherche d'un nouvel emploi au bout de trois à quatre mois de chômage ! C'est eux qui sont visés !

Trop de français ont l'impression que l'argent qui vient de la Sécu, que ce soit de l'assurance-maladie, ou de l'assurance-chômage tombe du ciel, que c'est un droit de tirage qu'ils ont sur la société, pour en faire un peu ce qu'ils veulent. J'ai envie de pratiquer le nomadisme médical et de consulter plusieurs médecins car cela me rassure d'avoir plusieurs avis, d'aller en cure à la Bourboule tous les ans parce que la Bourboule, c'est sympa, de me faire un petit lifting si j'arrive à me le faire rembourser.

Contrairement aux exemples que prennent certains militants, ce ne sont pas tellement les gens modestes qui sont visés, car des fraudeurs et des glandeurs, il y en a dans toutes les couches de la société. Celui qui veut profiter d'un licenciement pour faire un petit break, c'est souvent celui qui sait qu'il n'aura pas trop de mal à retrouver un boulot, parce qu'il y a des secteurs "en tension" où on manque de main d'oeuvre. Il y aussi tout le problème de ceux qui ne retrouvent pas un travail, car ils ont des prétentions incroyables, et se croient encore dans la période des trente glorieuses, avec l'emploi à vie dans la même entreprise, une carrière linéaire et un salaire en progression constante. La vie a changé, il faut maintenant se faire à l'idée qu'il peut y avoir des ruptures, des chutes, qu'il faille à cinquante ans, repartir de plus bas, en salaire, en niveau de poste, en stabilité. C'est une révolution qui doit aussi concerner les trentenaires (ma génération), ceux qui dans vingt ans, seront les séniors que leurs enfants pousseront dehors. L'assurance chômage doit amortir les chocs, mais ce n'est pas non plus un cocon douillet qui permet de refuser d'évoluer et de s'adapter à un monde du travail plus dur qu'avant.

Cette mesure proposée par le gouvernement est avant tout un avertissement, un moyen de dire que les allocations sociales ont été établies pour des raisons et des cas bien précis, et que ce n'est pas un "droit acquis". Mais comme d'habitude en France, on hurle alors même que la mesure n'est pas mise en place, que l'on ne sait même pas quel va être son impact réel.