Ce que j'attends d'une opposition, c'est qu'elle soit responsable. Qu'elle s'oppose bien entendu, mais aussi qu'elle propose et surtout, qu'elle sache faire preuve de discernement, en séparant ce qui relève de la comm' et de la politique politicienne et ce qui relève de l'intérêt de la Nation. Autant dans le premier cas, tous les coups sont permis, autant, sur le second, il faut être responsable. Deux sujets provoquent actuellement mon agacement, car le PS choisi de torpiller, plutôt que de construire sur des questions qui méritent un autre traitement que la minable exploitation politicienne qui en est faite par le PS.

Sur la RGPP, je me suis déjà largement exprimé. Mais je ne décolère pas de l'attitude des socialistes, qui visiblement, tentent une offensive concertée, une opération de matraquage visant à faire passer cette RGPP pour un plan de rigueur. A chaque fois qu'un socialiste en parle, on trouve le mot "rigueur" dans sa phrase. Même un homme comme Michel Sapin, qui a pourtant beaucoup oeuvré pour la réforme de l'Etat, s'y met aussi. C'est désespérant et irresponsable, car même si la RGPP n'est pas la panacée, même s'il y aura des échecs, c'est une opération positive, une série de réformes de fond qui peuvent transformer la France. L'exemple qu'il faudrait suivre est celui de la LOLF, née d'un consensus Droite-Gauche. Qui eu cru que cette réforme, d'apparence technique, pas médiatisable, soit capable d'amener les transformations profondes qu'elle est en train d'amener. Sans exagérer, la LOLF a permis de mettre en marche une véritable réforme de l'Etat. La RGPP n'aurait pas de sens sans la LOLF. C'est pour cela que je ne comprend pas les socialistes.

Le deuxième point sur lequel je suis surpris de la position du PS, c'est la politique étrangère. La France se rapprocherait des USA. Et voilà Bartelone qui balance : "la France s'aligne sur Bush". Une magnifique connerie. D'abord, Bush, on s'en fout, il est en fin de mandat, il n'a plus guère de pouvoirs et son successeur ne sera pas forcement sur la même longueur d'onde. Mais comme épouvantail, il est tellement bien ! Ensuite, la France ne s'aligne pas, elle a des points de convergence, mais cela ne date pas d'aujourd'hui. Pour une analyse brillante et détaillée, voir ici. La ligne politique de la France est de réintégrer l'OTAN, en fait de réintégrer à 100%, car nous y sommes déjà à 80%. Les USA sont prêts à payer cher pour ce symbole de la France réintégrant le commandement militaire. Et c'est notre intérêt de réintégrer, car le choix politique français est fait : la Défense redevient la variable d'ajustement budgétaire, comme cela était le cas entre 1997 et 2002. Une défense crédible nécessite des sommes importantes, d'autant plus importantes que nos outils et équipements sont délabrés (ce qui est le cas actuellement, nos équipements sont minables !). Avoir une défense française complètement autonome, capable de mener seule des opérations de maintien de la paix (autre chose que d'aller faire la police en Afrique), coute cher, trop cher. Le seul choix alternatif, si on veut maintenir un minimum de présence militaire française dans le monde, est d'intégrer une structure plus large, qui assure de fait la fonction que nous ne sommes plus en mesure d'assumer seuls. Ce choix est déjà fait, puisque nous apportons régulièrement nos troupes aux missions "ONU" et "OTAN", ne gardant que de petites opérations de police en Afrique. Autant aller jusqu'au bout de la logique, en sacrifiant notre autonomie militaire (qui n'existe plus de fait) on fera des économies budgétaires. La Gauche critique le retour "atlantiste", soit. Mais que proposent-ils : que nous rétablissions une armée française nous permettant d'avoir une politique de défense autonome ? que nous renoncions tout court à assurer une présence militaire française et que nous renoncions de ce fait à toute influence ?

Le PS a choisit de faire de la politique politicienne et de l'opposition systématique, y compris sur des sujets où il faudrait, au contraire, se mettre à la table des négociations et dégager des compromis. Le gouvernement est suffisamment affaibli en ce moment pour saisir les perches tendues sur certains thèmes et lâcher du lest face à une opposition ragaillardie par les élections locales. Encore faudrait-il que l'opposition ait des choses à dire, sache où elle veut aller. Il me semble que le choix d'opposition frontale est surtout le résultat d'une conjonction de l'absence d'idées et de vision à long terme avec l'arrivée prochaine du congrès du PS, qui fait passer des gens pourtant intelligents du mode "responsable" au mode"militant".