Le passage de la flamme olympique à Paris, hier, a été un moment pitoyable. Une fois de plus, les droits-de-l'hommistes ont montré qu'ils savent organiser une agitation médiatique stérile. Les médias ont suivi voracement, avec "toutes les images de incidents". Pensez-donc, ce n'est pas tous les jours qu'on peut alimenter les voyeurs pressés devant leurs écrans d'ordinateurs et leurs télévisions d'images aussi "spectaculaire". Et maintenant que la flamme est repartie, et qu'on fait le bilan, on s'aperçoit que cette mascarade n'a rien fait avancer. Enfin si, elle a un peu plus écorné l'image des jeux olympiques. Parce que pour ce qui est du régime chinois, ce qui a pu se passer hier à Paris, ils s'en moquent éperdument !

C'est hallucinant que les "mobilisations" de certains ne peuvent se réaliser qu'en présence de médias. J'ai envie de leur dire, "c'est seulement maintenant que vous vous mobilisez ?". Parce que l'attribution des jeux à la Chine, on le sait depuis quelques années. On connaissait déjà à l'époque la nature du régime chinois, le peuple tibétain était déjà opprimé. Qu'ai-je entendu pendant ces années ? Rien ou si peu. Et c'est maintenant qu'on voit arriver tous les "militants", quand les caméras sont là, que le sujet est "d'actualité". Pour être réellement utile, il aurait fallu agir avant. Aujourd'hui, c'est bien trop tard. Les sportifs iront à Pékin, parce qu'on ne gâche pas quatre années de préparation, parce que les jeux olympiques, c'est tous les quatre ans, et pour un certain nombre de sportifs, c'est leur seule possibilité de décrocher un titre olympique. Dans quatre ans, il sera trop tard. Puisque les sportifs iront, les caméras suivront, business oblige. Trop d'enjeux financiers, les sponsors ont payé, les programmes ont été vendus. Et puisque les télévisions diffuseront, nous regarderons, même ceux qui hier, braillaient et faisaient le singe dans les rues de Paris.

Pour ceux qui veulent réellement se mobiliser pour être efficaces, c'est vers le CIO et ses membres qu'il faut se tourner. C'est sur eux qu'il faut faire pression, car Pékin 2008, Sotchi 2014, c'est leur décision, leur choix. Mais en l'absence "d'évènement", de caméras, difficile de mobiliser le militant de base. il serait frustré d'une composante essentielle de sa motivation, celle de pouvoir se donner bonne conscience. Car pourquoi se "mobiliser" : pour faire bouger les choses, ou s'admirer soi même, narcissiquement, en se donnant l'illusion d'être un "gentil", d'être actif "pour le camp du bien". Toute "mobilisation" qui ne procure pas de "satisfaction de bonne conscience" est vouée à l'échec. Que d'énergie gâchée et surtout, que d'hypocrisie.