Ca n'a pas l'air d'être officiel encore (rien sur le site du conseil constitutionnel), mais un autre député vient d'être invalidé pour une sombre affaire de comptes de campagne. Après Joël Sarlot, c'est Georges Fenech qui voit son compte de campagne rejeté pour des dépenses payées en direct et pas par le biais du mandataire financier. Selon Fenech, c'est de l'achat de boissons et de nourritures par un militant, qui a commis l'erreur de les payer lui-même et de se faire rembourser après.

Même si je ne vais pas pleurer sur cette invalidation (Fenech est un anti-secte primaire et un forcené de la répression pénale), priver de son mandat un député régulièrement élu, sans fraude, pour un histoire de facture qui n'a pas été réglée par la bonne personne, cela me dérange. La règle du passage obligatoire par le mandataire financier est destinée à permettre une surveillance du compte de campagne (et du respect du plafond de dépenses). L'intention est bonne, mais à partir du moment où il se commet de petites irrégularités formelles, régularisées par la suite et que l'esprit de la loi n'est pas violé, l'invalidation est une sanction bien lourde. A la limite, que ces dépenses ne soient pas remboursées, ça apprendra au candidat et à son mandataire à être plus rigoureux. La perte du mandat doit être réservée aux infractions lourdes, celles où il y a une fraude évidente : tripatouillage d'urnes lors du dépouillement (genre un président de bureau de vote avec des bulletins dans les chaussettes), soutiens financiers interdits mais acceptés en pleine connaissance de cause (don d'une entreprise ou utilisation des moyens de la mairie pour faire campagne), oubli énorme d'une dépense (Pemezec qui oublie de mettre son livre dans son compte de campagne). Là, l'esprit de la loi sur les comptes de campagne n'est pas respecté. Mais pour un simple souci d'écritures comptables, une invalidation, c'est trop.

Edit : la décision. Elle confirme en gros que l'invalidation se base sur une histoire de denrées alimentaires achetées par un militante et payées en direct parce que le mandataire était malade, puis remboursées. Pas de quoi fouetter un chat.