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lundi 31 mars 2008

Dépasser le Yaka-faukon

Avec l'affaire Fuzz qui fait tant de bruit, un peu comme des enfants, les blogueurs découvrent que tout n'est pas possible, que le droit pose des limites et qu'elles s'appliquent à eux aussi. La pilule est un peu dure, je le conçois, mais elle finira par passer et les blogueurs apprendront. La réaction a elle aussi été infantile, "pipi-caca Olivier Martinez". Il serait peut être temps de passer à la vitesse supérieure !

Certains, quand même (et heureusement assez nombreux) entendent réagir, notamment auprès du législateur, qui écrit le droit. Mais chez ceux que je lis, on reste encore trop dans la velléité, le yaka-faukon. Le législateur doit légiférer. C'est très bien, et c'est d'ailleurs ce qu'il fait : LCEN, DADVSI, bientôt "loi Olivennes". Si vous trouvez (et je m'adresse à tout le monde) que le législateur ne fait pas bien son travail, proposez donc vos analyses et vos solutions. Pas seulement sous forme de déclarations enflammées, mais par le biais d'argumentaires construits et d'amendements rédigés, portées par un véritable lobbying. Seulement voilà, c'est du boulot, autre chose que publier une bannière ou faire une "grève du blog" !

Je pense pourtant que les compétences et les énergies sont là, qu'il suffit d'un peu d'organisation. La prise de conscience (celle qui va booster la motivation), c'est fait. Reste maintenant à mettre en place un véritable projet : autour de quelques fédérateurs-leaders, rassembler des compétences (juridiques, techniques...) pour être une force de proposition sur un domaine qui est le notre, sur lequel nous avons une légitimité à intervenir. Ce serait une première pour la blogosphère, et sans doute une étape importante dans la sortie de l'enfance. C'est là qu'on fera le tri entre les bons et les autres, entre ceux qui apportent réellement et les simples bavards.

Je suis prêt à m'engager sur ce projet. Non pas comment pivot, je n'ai ni la légitimité, ni la compétence informatique. Par contre, je peux aider pour le travail rédactionnel, que ce soit les argumentaires et les amendements, ainsi que pour les contacts avec les parlementaires. A d'autres de faire les constats de ce qui ne va pas, d'inventer des solutions opérationnelles et réalistes et de mobiliser les énergies pour les faire émerger et leur donner une légitimité. Avis aux amateurs.

dimanche 30 mars 2008

Le droit de nomination

La pantalonnade "Benamou va à Rome" pose clairement les enjeux du droit (et des devoirs) des politiques de nommer aux postes civils et militaires.

J'ai glosé sur la défense d'un prétendant évincé, qui a fait donné la charge pour sauver son assiette. Suivi par tout ce que la corporation compte d'amis de l'évincé, et d'ennemis du promu (et il y en a !!), il a réussi à faire trébucher le futur ex-conseiller présidentiel. Pour tenter d'éteindre l'incendie, Sarkozy propose de créer une commission pour procéder à l'examen des candidatures, et donc de fait à la nomination. Et c'est une belle connerie, à nouveau. Que les politiques ne puissent pas nommer n'importe qui, n'importe comment, selon leur bon plaisir, je suis d'accord. Mais ils doivent garder la haute main sur le choix des personnes.

Je ne me prononcerai pas les qualités du sieur Bénamou à occuper le poste, car je soupçonne beaucoup de vengeances et des règlements de comptes dans les tirs de barrage qu'à suscité l'annonce de sa nomination à ce poste convoité. L'homme, par son parcours sinueux, ses confidences sur un ancien président, s'est fait des ennemis (dont le parrain, au sens mafieux, des cultureux français), il devait bien savoir qu'on l'attendait au coin du bois. Je ne me prononcerai donc pas, même si je remarque que la manière de Monsieur Bénamou a été particulièrement maladroite. On ne se nomme pas au poste pour lequel on a été chargé de mener le recrutement, surtout après s'être engagé assez fortement auprès d'un candidat qui avait tout pour faire l'affaire. Et on ne présente pas la chose comme une sinécure, où on peut prendre le temps d'écrire sous les pins, admirant Rome. Il est nommé directeur du palace, pas pensionnaire. Cela implique qu'il travaille, ce qui ne semblait pas être l'intention de Georges-Marc Benamou. Trop d'erreurs, tant pis pour lui. La politique est une jungle, où les animaux malades et fatigués sont impitoyablement éliminés. Cela s'appelle la sélection naturelle et Monsieur Benamou vient d'en subir la dure loi (tout comme son collègue Martinon).

Non, ce qui me dérange, c'est cette commission. Il est essentiel pour moi, que ce soient les politiques qui prennent réellement la décision. Quitte à ce que l'on mette en place des garde-fous pour éviter les abus. Cette fois ci, l'alerte semble avoir bien fonctionné, mais établir quelques procédures supplémentaires ne fera pas de mal. L'obligation d'une audition, voire d'une ratification parlementaire m'apparaissent comme une bonne chose, car cela oblige à rendre publique une nomination qui n'est pas encore définitive. En cas de fortes réticences, que ce soit des politiques, de l'organisme ou du milieu concerné, cela laisse le temps d'organiser la riposte et de présenter les arguments. L'audition publique permet aussi d'écarter les personnes incompétentes ou manifestement pas à leur place, soit en les écartant au finish, soit plus vraisemblablement, parce que la candidature ne sera même pas évoqué, vu que l'impétrant ne passera manifestement pas l'obstacle.

Dans le cas de cette commission, ce sont les personnes du milieu qui examinent les candidatures et emettent un avis. Je crains fortement que si cette pente est suivie, on va glisser rapidement de l'avis consultatif à l'avis conforme. On se retrouverait alors dans la procédure de nomination des magistrats, ou certes, le politique peut passer outre l'avis du CSM, mais où il ne peut pas le faire à chaque fois, et où il doit motiver. Il se retrouver, non pas avec un droit de nomination, mais avec un droit de veto amélioré. Que cela se passe ainsi pour la magistrature est une bonne chose, car c'est une garantie forte d'indépendance. Mais tous les hauts fonctionnaires, le directeur de la Villa Medicis par exemple, n'ont pas vocation à être indépendants. Bien au contraire, ils sont aux ordres et doivent appliquer les directives de leurs supérieurs, qui sont les politiques.

A partir du moment où c'est la corporation qui nomme, avec une ratification du politique, on est devant un risque de dérive très dangereux pour le bon fonctionnement de l'Etat, car on désaisi les politiques d'un pouvoir qui doit leur revenir, car eux seuls ont la légitimité qui compte, celle des urnes.

vendredi 28 mars 2008

Le difficile apprentissage du droit

Eh, oui, la toile n'est pas une zone de non-droit. Théoriquement, on le sait, mais le passage aux travaux pratiques et toujours délicat, car savoir que le feu brule est une chose et le découvrir concrètement en y mettant la main en est une autre. La deuxième phase de l'apprentissage est souvent indispensable à une bonne apprhéension de la réalité. La mésaventure qui arrive à Eric Dupin (et qui aurait pu arriver à n'importe qui d'autre) est sans doute une étape importante, car le buzz autour de cette affaire aura fait prendre conscience à beaucoup qu'on ne peut pas faire n'importe quoi, et que ça peut coûter cher. Ce n'est pourtant pas bien difficile d'être en règle.

Sur les faits de l'espèce, le blog Dalloz apporte un éclairage simple, mais clair. Fuzz, ce n'est pas de l'hébergement technique. C'est de l'édition, puisqu'il y a sélection des contenus et mise en valeur de certains éléments en fonction des choix d'une personne appelée éditeur et qui se trouve être Eric Dupin (Edit : j'en suis moins sûr depuis qu'on m'a expliqué ce qu'est le digg-like). Que le contenu ne soit pas directement produit par le patron de fuzz n'a strictement aucune incidence. La loi est claire, l'éditeur est responsable. La prochaine fois, Eric Dupin sera plus prudent dans la sélection des liens qu'il proposera, et apprend au passage que lorsqu'on récupère les contenus des autres, c'est pour le meilleur (faire du fric et du trafic chez soi) et pour le pire (la responsabilité pénale). C'est trop facile d'avoir les avantages sans les inconvénients. En l'état actuel de ma connaissance de l'affaire, la condamnation est justifiée.

Cela m'amuserait vraiment beaucoup (et ce serait bien fait pour leur gueule) si le buzz de soutien-copinage d'un certain nombre de moutons de la toile avait décidé le juge à saisir cette occasion pour donner une leçon générale.

Encore un qui tombe

Ca n'a pas l'air d'être officiel encore (rien sur le site du conseil constitutionnel), mais un autre député vient d'être invalidé pour une sombre affaire de comptes de campagne. Après Joël Sarlot, c'est Georges Fenech qui voit son compte de campagne rejeté pour des dépenses payées en direct et pas par le biais du mandataire financier. Selon Fenech, c'est de l'achat de boissons et de nourritures par un militant, qui a commis l'erreur de les payer lui-même et de se faire rembourser après.

Même si je ne vais pas pleurer sur cette invalidation (Fenech est un anti-secte primaire et un forcené de la répression pénale), priver de son mandat un député régulièrement élu, sans fraude, pour un histoire de facture qui n'a pas été réglée par la bonne personne, cela me dérange. La règle du passage obligatoire par le mandataire financier est destinée à permettre une surveillance du compte de campagne (et du respect du plafond de dépenses). L'intention est bonne, mais à partir du moment où il se commet de petites irrégularités formelles, régularisées par la suite et que l'esprit de la loi n'est pas violé, l'invalidation est une sanction bien lourde. A la limite, que ces dépenses ne soient pas remboursées, ça apprendra au candidat et à son mandataire à être plus rigoureux. La perte du mandat doit être réservée aux infractions lourdes, celles où il y a une fraude évidente : tripatouillage d'urnes lors du dépouillement (genre un président de bureau de vote avec des bulletins dans les chaussettes), soutiens financiers interdits mais acceptés en pleine connaissance de cause (don d'une entreprise ou utilisation des moyens de la mairie pour faire campagne), oubli énorme d'une dépense (Pemezec qui oublie de mettre son livre dans son compte de campagne). Là, l'esprit de la loi sur les comptes de campagne n'est pas respecté. Mais pour un simple souci d'écritures comptables, une invalidation, c'est trop.

Edit : la décision. Elle confirme en gros que l'invalidation se base sur une histoire de denrées alimentaires achetées par un militante et payées en direct parce que le mandataire était malade, puis remboursées. Pas de quoi fouetter un chat.

jeudi 27 mars 2008

Une sainte horreur du marxisme

En discutant hier à la République des blogs, Cratyle aurait presque cru que j'étais de gauche. C'est vrai que certaines de mes positions ne choqueraient certainement pas des gens de gauche. Pour autant, une chose me tient vigoureusement hors de cette appellation, c'est le marxisme.

Le marxisme est né de Karl Marx, mais s'il revenait sur terre, je pense qu'il aurait un peu de mal a reconnaitre son enfant. Marx est un penseur intéressant et stimulant, qu'il peut être intéressant encore aujourd'hui de relire. Intellectuellement, c'est un homme du XIXème siècle, qui s'inscrit pleinement dans les paradigmes et questionnements de son époque. Il a beaucoup apporté, notamment la nécessité de prendre davantage en compte les éléments économiques. Il s'inscrit complètement dans le messianisme hégelien, dans la croyance positiviste sur l'idée du "progrès", de la primauté de la raison et de la science. Mais il faut bien avoir à l'esprit que Marx est à ranger dans la catégorie "histoire de la philosophie". C'est un auteur daté et aujourd'hui complètement dépassé et obsolète.

Et pourtant, certains continuent à lui vouer un culte, comme les musulmans révèrent le prophète Mahomet, qui a apporté la parole divine. A les entendre, Marx aurait clos la réflexion, sa pensée est définitive et indépassable. Pour moi qui déteste le culte de la personnalité (Soli deo gloria), ça commence mal. Le fond de la pensée marxiste me dérange aussi profondément, par son dogmatisme et ses positions déterministes. Croire encore aujourd'hui que les sciences sociales peuvent exactement prédire l'avenir de l'humanité, c'est une insulte à l'intelligence. Les projections de Marx se sont révélées fausses, le capitalisme ne s'est pas effondré, et n'est pas près de s'écrouler. Et pourtant, il y en a encore pour y croire. Là, on est dans l'acte de foi, je ne peux pas m'expliquer cela autrement.

Le marxisme me dérange aussi par la place centrale qu'il donne à l'affrontement. Nombre de disciples ont exacerbé ce trait, avec un culte des "luttes" et des combats. Je suis complètement à l'opposé de cette vision. Dans la suite intellectuelle de Marcel Gauchet et de René Girard (je recommande de lire ces deux auteurs en parallèle), la nécessité est plutôt d'atténuer au maximum les luttes et les tensions, car l'homme ne peut pas vivre seul et est donc contraint à la vie en société. Or, les sociétés humaines sont traversées de forces centrifuges, de tensions qui tendent à les dissoudre, à les désagréger, avec toutes les conséquences catastrophiques qu'entraine la violence. Le but doit être d'encadrer, d'atténuer cette violence. Or, le marxisme la célèbre, la pare de toutes les vertus. C'est pour moi une position philosophique inacceptable.

Enfin, mon libéralisme philosophique s'accommode mal de la volonté affichée du marxisme de faire le bonheur de l'humanité et des hommes, y compris malgré eux. Il n'y a pas de but de l'humanité, il n'y a pas de sens de l'histoire. Rien ne justifie la coercition, la violence et la contrainte. La société doit au contraire s'organiser pour laisser un maximum de champ aux choix personnels, se contentant d'organiser une coexistence pacifique et une bonne organisation des "services communs".

La Gauche française, y compris une large fraction du Parti socialiste est encore imprégnée, imbibée même, de marxisme. Parfois, c'est clairement affiché, c'est le cas de l'extrême gauche, parfois, c'est sous-jacent, mais malheureusement bien présent. Et cela plombe complètement la gauche française, qui n'arrive pas à se sortir de cette gangue intellectuelle, malgré les efforts louables de cette deuxième gauche, incarnée par Michel Rocard. C'est pourtant la seule solution, celle qu'on suivi toutes les gauches européennes que ce soit en Allemagne, en Espagne, au Royaume Uni. Que la gauche française cesse de voir la réalité à travers des lunettes marxistes, et là, on pourra peut-être faire quelque chose.

mercredi 26 mars 2008

Les nouvelles ambitions d'Estrosi

Je trouvais étrange que Christian Estrosi lâche aussi facilement un maroquin ministériel. Surtout pour se consacrer entièrement à son mandat local. Avant d'être maire de Nice, cela ne semblait pas du tout le déranger d'être ministre, et de ne pas pouvoir ainsi se consacrer pleinement à son mandat local de président du conseil général des Alpes-Maritimes.

En fait, il veut piquer la place de Patrick Devedjian à la tête de l'UMP. Il commence donc le pilonnage en attaquant le bilan d'activité de l'UMP. C'est facile, l'UMP étant entrée en hibernation dès le 7 mai 2007, une fois qu'elle a rempli son rôle qui est de porter un homme à la magistrature suprême. En maintenant l'UMP en coma artificiel, Devedjian n'a fait que remplir la mission qui lui était confiée. Et que pourra faire Estrosi ? rien de plus, puisque l'UMP est programmée pour sortir de sa léthargie en 2011, en vue de la préparation de l'élection présidentielle de 2012. Toute sortie prématurée du coma ne ferait que gêner le président de la république, qui ne manquerait pas de le faire savoir aux responsables.

C'est malheureux, mais c'est comme ça. Si en France, on veut penser, travailler, réfléchir sur la chose publique, ce n'est pas dans les partis politiques que cela se passe. C'est vrai à droite comme à gauche.

la mission de consolation

On pensait qu'avec le départ de Jacques Chirac, on en aurait fini avec les recasages et les récompenses aux battus et aux virés. Et bien non, Nicolas Sarkozy continue dans la lignée, mais en moins pire. Chirac donnait des postes, Sarkozy confie des missions. Au moins, c'est temporaire.

Dernier bénéficiaire d'une longue liste de missionnés, Pierre Lellouche, qui vient de se prendre une branlée dans le VIIIe arrondissement de Paris (je n'ai trouvé personne pour s'en attrister, bien au contraire) et qui est chargé d'un machin sur les relations franco-turques. Auront-on pu s'en passer, sans doute que oui, certainement même. Mais bon, vu les problèmes posés par la Turquie (notamment son entrée dans l'Union Européenne et la question du génocide arménien) peut-être que ça pourrait se révéler, in fine, peut-être utile. Un miracle, on ne sait jamais.

Rien à attendre du PS

Le Parti socialiste entre en campagne pour désigner le successeur de François Hollande. C'est franchement pitoyable, chaque prétendant à un bout de pouvoir commence à avancer un pas pour tater le terrain, à racoler des acolytes, à passer des alliances (pour certaines contre-nature). Pour l'instant, pas l'ombre d'une idée, pas un trace de réflexion de fond, à part dans les incantations rituelles (un bel exemple) de tous ceux qui espèrent compter dans la décision. En attendant, il faut préserver l'unité de façade, d'où le flots d'hypocrisie qui se déversent dans les médias, et accentuent le malaise, car les leaders dissimulent mal que les couteaux sont déjà sortis. Pour un congrès qui se déroule en novembre, s'(ils commencent dès le mois de mars à se déchiqueter à belles dents, ça serait grave. Non, c'est trop tôt, mais ne vous en faites pas, ça viendra...

Le PS s'enfonçe encore davantage, perdant encore, si cela est possible, sa crédibilité comme parti de gouvernement. A ce jour, quel candidat possible pour l'élection présidentielle de 2012 ? Ségolène Royal ? Bertrand Delanoé ? Ce n'est pas avec ça que l'on va enthousiasmer les foules, et encore moins la France profonde. Et surtout, quelles idées, quelles lignes de force. C'est le désert, le vide sidéral. Au PS, tout est dans la tactique, pour accéder aux postes (et aux avantages annexes). Ca marche très bien au niveau des collectivités territoriales, où la conception d'un programme municipal ne demande pas une réflexion philosophique intense, où il faut surtout être un bon manoeuvrier, habile à éviter les peaux de bananes. Pour ça, le PS offre un entrainement inégalable, et dès le plus jeune âge. Vous avez réussi à émerger au MJS, un avenir électoral radieux s'ouvre devant vous (même s'il peut y avoir quelques ratés au début).

Tout cela est très dommageable pour la démocratie. Pour progresser, évoluer, il faut un aiguillon, il faut "réagir" à ce qui se fait en face. Le risque pour l'UMP, c'est de s'arrêter de réfléchir, de travailler sur le fond, les idées, en se disant qu'on a bien assez de réserves et de regarder avec goguenardise les ébats sanglants du camp d'en face, en surveillant un peu histoire de ne pas se faire piquer le fauteuil par surprise, comme en 1997. Voilà comment on s'encroute sur le plan des idées. Et un beau jour, le camp d'en face se réveille, sort des choses nouvelles, en phase avec les attentes de la société, des choses que l'on a pas vu venir, et face auxquelles on est désarmé. C'est ce que vit le PS, mais comme la roue tourne, je crains que dans quelques années, ce soit l'UMP qui se retrouve à sec d'idées et de propositions. La France ayant déjà un retard structurel en terme de réflexion de fond par rapport aux anglo-saxons, pas la peine d'en rajouter.

mardi 25 mars 2008

Alors, il existe ce SMS ?

C'est comme pour le boneteau, on remue les gobelets, on détourne l'attention du pigeon, et hop, il est où le SMS ? Il est nulle part. Cette histoire commence à tomber dans le ridicule, pour tous les protagonistes.

Airy Routier maintient que le SMS existe, bien qu'il ne l'ait pas vu. Nicolas Sarkozy dément, Cécilia aussi, mais bien tardivement et faiblement, les responsables du Nouvel Observateur qui se battent la coulpe, sans pour autant prendre la moindre sanction. Une plainte aux fondements juridiques douteux déposée, puis retirée sous un prétexte un peu léger. Que Routier s'excuse auprès de Carla Bruni pour le tort que lui aurait fait, à elle, la révélation que son mari était prêt à la plaquer 10 jours avant le mariage, c'était la moindre des choses. Mais cela ne réglait rien sur le fond, et ne justifiait pas le retrait de la plainte. Que je sache, Airy Routier ne s'est pas excusé auprès de Nicolas Sarkozy, qui a lui aussi subi un tort certain avec la publication de cet article.

Sur ce coup, personne n'en sort grandi, certainement pas les "journalistes d'investigation" car après toutes ces péripéties, on ne sait toujours pas si ce SMS existe, et on ne le saura sans doute jamais. Au final, c'est comme clearstream, le public devine qu'il y a un truc pas clair, mais n'arrive plus à s'y retrouver tellement il y a de contradiction, de non-dit et finalement, d'insuffisance dans le traitement de l'information. Allez vous demander après pourquoi la presse française perd en crédibilité. Pas besoin d'aller chercher bien loin !

Décoré par le diable

La promotion de Pâques de la Légion d'honneur vient de paraitre. Chaque ministre a son quota de décoration, et en parcourant la liste, j'ai noté avec amusement que Marek Halter venait d'être fait officier de la légion d'honneur, sur le quota de ... Brice Hortefeux !

Et oui, Brice a des médailles à distribuer, en particulier aux gens qui oeuvrent dans son secteur : les étrangers, l'intégration, le développement. J'attend avec gourmandise le moment où un grand "résistant" version bobo2008 se verra décoré sur le quota de Brice Hortefeux. Refusera-t-il, en signe de "résistance" ? D'ailleurs, tous ces peoples qui se pavanent et se vantent d'être de grands opposants à la "dictature qui monte", pourquoi ne commenceraient-ils pas par refuser les médailles et récompenses honorifiques tant que Nicolas Sarkozy est au pouvoir ?

Alors les "résistants", chiche de refuser la légion d'honneur pendant quatre ans (au moins) ?

vendredi 21 mars 2008

Etre épouse d'un politique

L'épouse de Gérard Collomb a giflé un journaliste, dans la cour d'honneur de la mairie de Lyon. Le tort de ce journaliste, avoir écrit des articles qui ont déplu aux époux Collomb. Il semble que l'énervement de Madame Collomb soit encore plus fort du fait que le journaliste ait été un ancien "camarade" de l'UNEF. Les propos litigieux : le journaliste a laissé entendre que certains marchés publics à Lyon étaient truqués, et a ensuite rapporté quelques propos "off" où Gérard Collomb se laisse aller sur certains adjoints en tenant sur eux des propos pas très sympathiques (un peu comme Devedjian traitant une ancienne collègue lyonnaise de salope). Je vous laisse apprécier la conception de la liberté de la presse que l'on peut entrevoir derrière de tels gestes.

Heureusement que nous ne sommes plus au début du XXe siècle, à l'époque où les femmes d'hommes politiques assassinaient purement et simplement les journalistes qui écrivaient des choses déplaisantes, comme Madame Caillaux par exemple. Parce que je pense que les sentiments éprouvés par Henriette Caillaux vis-à-vis de Gaston Calmette ne doivent pas être très éloignés de ceux de Caroline Collomb envers Raphaël Ruffier.

Touche pas à ma gamelle

La nomination de Georges-Marc Bénamou à la tête de l'académie française de Rome (la fameuse Villa Médicis) suscite quelques remous dans les milieux cultureux français. On y dénoncerait le "fait du prince", laissant sous-entendre que l'heureux gagnant ne mériterait pas le poste, qu'il ne devrait sa nomination qu'à la faveur du président, bref, qu'une injustice se commet.

Rappelons d'abord à tous ces braves gens qu'en matière de nomination culturelle, le fait du prince n'est pas un phénomène récent, et que la gauche n'a aucune leçon à donner à la droite (et vice-versa d'ailleurs). Maintenant, Monsieur Bénamou est-il incompétent pour le poste auquel il a été nommé. Au regard de son parcours, il a un profil plus littéraire et politique que gestionnaire, mais bon, avec un bon directeur général qui assure l'intendance, Georges-Marc Bénamou devrait assumer correctement ses fonctions. Parmi ses prédécesseurs, on trouve Balthus ou Pierre-Jean Remy. On peut donc difficilement arguer de l'erreur de casting, et à partir de là, lui ou un autre...

Justement, le problème est qu'il y en avait un autre qui guignait la place, Olivier Poivre d'Arvor. Il avait intrigué, fait jouer ses appuis (notamment le frangin), savamment travaillé pour en arriver là, il avait un projet, son bilan en tant que directeur de Culturesfrance n'était pas mauvais, mais à ce niveau, ce n'est pas toujours suffisant. il faut reconnaitre que c'est rageant de se voir souffler le morceau au dernier moment. Il n'est pourtant pas le premier à qui cela arrive, ni certainement le dernier. Ainsi va la vie.

Cette petite remise en perspective met cruellement en lumière ce que valent les pétitions de people et leurs grandes déclarations. Parce que bien entendu, une pétition a démarré au quart de tour pour dénoncer la dernière "turpitude" du pouvoir. Une simple rivalité interne au milieu culturel, voilà le fond de l'affaire. Et une baudruche médiatique de plus, une...

EDIT: Il y a même un groupe facebook, qui relaye la vertueuse indignation des petits copains de Olivier Poivre d'Arvor. A noter, sur le coté, la liste des "groupes similaires" : RESF (officine gauchiste qui se présente comme oeuvre de bienfaisance !!!!), "Mon président est un beauf, "Non au contrôle génétique de l'immigration". Révélateur des proximités de ce groupe. Pas besoin d'en dire plus.

Annulation

Les élections municipales de Perpignan vont sans doute être annulées. Et au regard des éléments avancés par la tête de liste socialiste, ce ne serait que justice ! Un président de bureau de vote surpris lors du dépouillement avec des bulletins dans les chaussettes, en train d'essayer de les placer dans les piles à dépouiller, des bureaux de vote où il y a plus de bulletins que d'émargements, d'autres où les émargements sont des croix. Fraude avérée dans un bureau, forts soupçons de fraude dans plusieurs autres. Et en plus, vu le résultat serré, c'est l'annulation garantie. Et même en cas de large victoire, où là, c'est encore plus con pour le vainqueur de tout perdre pour une fraude dont il n'avait pas besoin, la fraude entraine l'annulation.

Je ne comprend pas comment on peut être assez con pour tenter des fraudes aussi grossières. Les dépouillements sont surveillés, les émargements sont recomptés. D'ailleurs, le président du bureau de vote s'est fait pincer, preuve que la surveillance est efficace. Comment espérer passer entre les mailles du filet ? C'est idiot et ceux qui se livrent à ce genre de turpitudes rendent un bien mauvais service à leur camp, car en cas d'annulation, je ne donne pas cher de la liste Alduy. Un tel cas de figure arriverait dans ma commune, avec une annulation pour fraude, si le coupable est de mon bord, je reste à la maison le jour de l'élection partielle. En plus de la sanction pénale, le coupable se prend une sanction politique. Il y a des comportements qu'il faut sanctionner lourdement, la fraude électorale en fait partie.

jeudi 20 mars 2008

Copier-coller

L'Assemblée nationale se réveille, le travail parlementaire reprend, et les conneries aussi...

La première de la saison nous vient de Jacques Myard, député et maire réélu de Maisons-Lafitte. Il vient de reprend textuellement (un copier-coller) une proposition de loi qui vient d'être envoyée par une association d'Anciens combattants, visant à reculer la date limite de prise en compte des services (en Algérie) pour l'attribution de la carte du combattant. Pour obtenir cette carte (qui donne droit à la retraite du combattant), il faut justifier de 4 mois de présence en Algérie entre le 1er octobre 1954 et le 2 juillet 1962. Cette dernière date correspond à l'indépendance de l'Algérie. Mais il restait des troupes françaises en Algérie après le 2 juillet 1962, et certains ont réussi à y mourir (pas beaucoup je vous rassure). Mais il fallait bien arrêter une date, on a pris le 2 juillet 1962.

Les anciens d'AFN sont une véritable plaie pour les parlementaires. Ils ont entre 65 et 75 ans, c'est à dire qu'ils sont en retraite, qu'ils ont du temps, et que du fait des progrès de la médecine, ils sont encore en bonne santé. Bref, certains n'ont plus que ça à foutre. Ils passent leur temps à se chamailler sur les dates de commémoration (5 décembre pour l'UNC, 19 mars pour la FNACA) et à venir emmerder les politiques pour obtenir une revalorisation des avantages financiers obtenus du fait de leur participation aux "évènements d'Afrique du Nord". Certes, ils ont donné pour la Patrie, il serait malséant de les laisser sans rien. Mais ne vous inquiétez pas, ils ont !

Ils bénéficent la retraite du combattant, certes pas énorme (430 euros par an), mais c'est déjà ça. Pour l'obtenir, il suffit d'avoir passé quatre mois en Afrique du Nord, pendant une période définie au jour près (différente selon que vous avez été au Maroc, en Algérie ou en Tunisie), fixée en fonction des troubles sur place. Cette attribution a été très largement assouplie ces dernières années, puisqu'avant il fallait 12 mois en unité combattante. En gros, on l'a donnée à tout le monde ou presque. Pourtant, cela ne semble pas suffire, car les Anciens combattants d'AFN tannent régulièrement les parlementaires pour obtenir une revalorisation de cette retraite, ainsi que des autres avantages annexes (dont je vous épargne les détails tellement c'est compliqué). Et ils sont tenaces ces anciens d'AFN. Pensez donc, ils ont le temps, et il s'agit d'argent. La proposition de Jacques Myard reprend une idée assez nouvelle, celle de donner encore plus de cartes du combattant. Ils sont d'une inventivité dans les revendications assez affolante.

Le problème pour ce bon monsieur Myard, c'est que sa proposition de loi est irrecevable. Et oui, l'article 40 de la constitution interdit aux initiatives parlementaires d'augmenter les dépenses publiques ou de baisser les recettes de l'Etat. Pour la baisse des recettes, on peut bricoler en proposant une augmentation "à due concurrence" d'une autre recette, pour compenser la perte. Par contre, pour l'augmentation des dépenses, le couperet est sans pitié : irrecevable ! il est pourtant facile de voir qu'en distribuant davantage de cartes du combattant, on donne davantage de retraites du combattant, et on augmente donc les dépenses publiques. La proposition est tellement mal rédigée qu'elle ne comprend même pas un gage (le gage est la recette qu'on augmente pour compenser) qui aurait pu montrer que Monsieur Myard connait l'existence de l'article 40. Cela n'aurait pas trompé la commission de recevabilité, mais au moins, cela aurait évité un peu le ridicule.

Nous avons là un magnifique exemple de démagogie. Bien entendu que Monsieur Myard est conscient de ce que je viens de dire (du moins je l'espère). C'est un parlementaire chevronné. C'est justement là le drame ! Il lance la proposition uniquement pour se faire bien voir de anciens combattants, dans une logique bassement électoraliste. Un parlementaire responsable aurait répondu (peut-être certains l'on fait) que cette proposition est irrecevable, et que les anciens d'AFN feraient mieux de se concentrer sur quelques revendications plus sérieuses et tenables, plutôt que de réclamer tous azimuts. Bref, de leur fixer des limites, comme un adulte responsable le fait avec un enfant capricieux. C'est comme cela que le parlement se fera respecter et se verra confier des responsabilités, quand il aura montré sa maturité et son sens des responsabilités. Pour l'instant, avec des conneries comme ça, je comprend parfaitement que l'on puisse hésiter à confier des pouvoirs plus importants aux parlementaires. Je n'ose imaginer ce qu'ils en feraient...

mercredi 19 mars 2008

A la recherche de la nouvelle loi

L'association pour le droit de mourir dans la dignité commence à obtenir ce qu'elle demande, à force de balader sa pauvre femme défigurée devant les caméras. L'émotion, y a que ça de vrai ! Et pour cela, rien de mieux que du visuel choc, de bonnes images ! Les parlementaires socialistes et le gouvernement s'agitent à qui mieux mieux pour savoir qui récupèrera le bénéfice médiatique d'avoir "agi".

Je dois reconnaitre que le gouvernement est un cran au dessus des parlementaires PS. En effet, Matignon se souvient qu'une loi sur les malades en fin de vie a été votée au cours de la dernière législature, en 2005. Elle confie donc à Jean Léonetti, qui était à l'initiative de ce texte, une mission sur son application, pour commencer par voir ce que l'on peut améliorer avant de se mettre à revoter une loi sur le même sujet, trois ans après. Ah si cette démarche louable pouvait avoir lieu à chaque fois !!!

Les députés socialistes sont davantage dans le vieux travers du "ça ne va pas, votons une loi et le problème sera réglé". Ils oublient que la loi Léonetti de 2005 a été votée à l'unanimité (donc par les socialistes aussi) et qu'à l'époque, tous avaient salué la très haute qualité des débats (que je vous invite à relire) et l'excellent équilibre de la solution inscrite dans la loi. Comment expliquer, seulement trois ans après, que finalement, la loi n'était pas bonne, qu'il faut en faire une autre. J'attends en particulier l'avis de Madame Bousquet, députée socialiste des Côtes d'Armor, qui s'étaient beaucoup investie sur la loi de 2005.

Sur ce sujet, il faut que els parlementaires sachent résister aux pressions médiatiquement bien organisées. Chantal Sébire, c'est une très belle opération de lobbying, parfaitement orchestrée par l'ADMD, qui, comme par hasard, vient de lancer une grande campagne auprès de ses adhérents, pour qu'ils envoient tous à leur député un petit carton pré-rempli, façon "contribuables associés". On légifère pas sous le coup de la pression de l'émotion provoquée par des images choc au JT.

RGPP-RGPO par Médiapart

Pendant que Médiapart est encore en libre accès, profitons en. Personnellement, je ne m'abonnerai pas. Pourquoi payer ce qu'on peut avoir gratuitement en se donnant un peu de mal pour aller le chercher ? Il y a suffisamment de blogs et de sites qui donnent une analyse sérieuse et intelligente de l'actualité. Ensuite, la brève période de gratuité a suffit pour me faire voir que Médiapart est un site très inégal, qui ressemble assez furieusement à Rue89, dans ce sens que c'est un site de journalistes, un journal qui au lieu d'être imprimé, serait en ligne. Après Rue89 qui fait du Libé d'il y a quelques années, nous risquons fort d'avoir Médiapart qui fait du Le Monde de l'époque Colombani-Plenel. Et surtout, Médiapart n'échappe pas au travers habituel de la presse française, qui ne peut pas s'empêcher de faire de l'agit-prop. Un exemple, le traitement des réformes de fond que sont la RGPP et la RGPO.

Pour les néophytes, RGPP veut dire révision générale des politiques publiques et RGPO révision générale des prélèvements obligatoires. Ce sont deux grosses opérations, qui ont pour but d'ouvrir le capot et d'aller inspecter de près le moteur du paquebot de l'Etat. Une peu comme un voiture qu'on amène à la révision, car même si elle roule encore, on sent bien qu'elle consomme trop, que certaines choses fonctionnent quand elles le veulent bien, que la distance de freinage commence à devenir limite, que les courroies grincent. Soit on révise, soit on change de véhicule. Au niveau de l'Etat, changer de véhicule, cela s'appelle une Révolution. On l'a déjà fait, et on s'aperçoit que ça coute cher et que finalement, une petite révision de temps en temps, c'est quand même mieux. Le problème avec les politiques est le même qu'avec les conducteurs, on retarde au maximum le moment d'aller au garage, en se disant que la bête tiendra bien encore un peu. Les alternances successives n'ont rien arrangé, chaque conducteur espérant que la panne survienne à l'autre chauffeur et que ce soit lui qui ait à régler la facture du garagiste. Il faut donc commencer par saluer le courage du gouvernement de s'atteler à ce chantier très lourd, parfois très technique, et complexe, car comme dans un mécano, quand on touche à une pièce, il y a forcement des répercutions ailleurs. Tout se tient.

Gérard Desportes et Laurent Mauduit, les auteurs de l'article de Médiapart commencent par attaquer, sur la thématique éculée, mais toujours efficace du "on nous cache tout". Certes, RGPP et RGPO n'ont été très médiatisés, mais parce que ce n'est pas franchement médiatisable. Pourtant, tout est accessible et public, il suffit d'aller chercher. Les audits sont en ligne, téléchargeable sur le site de la RGPP. L'article se poursuit avec l'affirmation, attribuée à la gauche par précaution oratoire, que la Droite cacherait un plan de rigueur qui serait la RGPP. Et hop, on enchaine aussitôt sur ce qui est la colonne vertébrale de l'article : la RGPP et la RGPO, ça va servir à faire des cadeaux aux riches (supprimer l'ISF par exemple) et à prendre aux pauvres (tailler dans les programmes sociaux, supprimer la demi-part pour un parent ayant élevé seul son enfant) en choisissant soigneusement les exemples pour ne prendre que des chiffons rouges. Au passage, on va démanteler le service public et la protection sociale. Ce n'est pas dit aussi brutalement, mais pas loin. C'est vrai que la France est devant une contrainte financière forte, et qu'il va falloir faire des économies. C'est l'un des moteurs de la RGPP et de la RGPO, mais contrairement à ce qui est dit dans l'article, ce n'est pas l'alpha et l'oméga de cette opération.

La RGPP et la RGPO sont à portée plus vaste que de simples économies financières. Il y a dans tout cela une volonté de perfectionner le fonctionnement de l'Etat, dans un souci de meilleur efficacité, sans toucher à la qualité et au niveau de service offert au public. C'est comme pour les conduites d'eau. Au fil du temps, elles se détériorent, il y a des fuites qui entrainent une surconsommation. Là aussi, il y a des choses qui ont été mises en place parfois depuis très longtemps, qui n'ont peut-être plus leur raison d'être, qui font doublon avec d'autres structures, qui mériteraient que leurs missions soient reprécisées et recadrées. Certains comités théodules ont ainsi été supprimés. L'une des idées de base de la RGPP est : "comment faire mieux". Il y a également derrière cette politique une volonté, très libérale, de réduire les champs d'intervention de l'Etat. On élague, on taille, parfois à la tronçonneuse. Ca risque d'être parfois explosif, mais aussi parfois très consensuel. Mais nous sommes là dans les choix réellement politiques, sur lesquels les journalistes n'ont pas à donner leur avis personnel.

Voilà comment, à travers un article militant (qui veut prouver que Sarkozy prépare un plan de rigueur), on instrumentalise des faits, en ne montrant que les aspects utiles à la démonstration, et en gommant les autres, qui offrent pourtant un éclairage différent et plus complet. C'est une question d'honnêteté intellectuelle.

mardi 18 mars 2008

Et ça continue !!!

Le remaniement a eu lieu. Dans l'ordre du décret, quelques commentaires.

Jean Louis Borloo change un peu d'intitulé, avec l'énergie explicitement inscrite et l'aménagement qui cesse d'être durable. Purement cosmétique, sans changements sur le fond.

Christine Lagarde perd les Finances, pour avoir l'industrie, qu'elle avait déjà de tout manière. On le précise uniquement parce qu'il y a un secrétaire d'Etat à l'Industrie. Là par contre, ce n'est pas seulement cosmétique, puisque de fait, tout l'aspect "Finance" part, et devinez où : chez Woerth sans aucun doute. Réduction de périmètre donc.

Brice passe du codéveloppement au développement solidaire. Essentiel me direz-vous. Pour les sans-papiers, je vous rassure, cela ne changera rien...

Xavier Bertrand se voit rajouter la Famille à son titre. C'est juste pour lui donner la tutelle de ce secrétariat d'Etat. Pas un cadeau quand on voit qui y est mis.

Roselyne Bachelot se voit ajouter la vie associative. Encore une précision purement sémantique parce que Bernard Laporte a eu "vie associative" dans son package. Ce qui oblige à changer tout le papier à lettre. Encore du pognon foutu en l'air.

Laurent Wauquiez, bébé requin, se voit chargé de l'emploi auprès de Christine Lagarde. Pour ceux qui croient aux signes, en 1967, un jeune énarque aux dents longues appelé Jacques Chirac était nommé à ce poste, son premier maroquin ministériel. Promotion donc, qui permettra à ce jeune ambitieux d'avoir un peu plus à faire que de porter une parole inexistante.

Luc Chatel, le vrai promu du lot. Il lache le tourisme pour récupérer l'industrie, tout en gardant la consommation. Et en prime, il devient porte-parole du gouvernement, avec participation à tous les conseils des ministres, alors que normalement, les secrétaires d'Etat n'assistent au conseil des Ministres que lorsqu'un dossier les concernant y est évoqué.

Eric Besson, récupère en plus de ses anciennes attributions le fameux "développement de l'économie numérique". A croire que personne n'en voulait. Encore un truc qui va tomber à l'eau, vu le poids politiquement insignifiant de Besson.

Jean-Marie Bockel est relégué aux Anciens Combattants. Pas de bol, juste après la mort du dernier poilu. A part gérer les cérémonies, remettre des décorations et supporter les revendications criardes (et gourmandes financièrement) des anciens d'AFN, il n'y a rien à faire à ce poste. La prochaine fois, c'est dehors.

Hervé Novelli voit son panel s'étoffer un peu avec les PME et les services, mais c'est du trompe l'oeil, puisqu'avant, il était secrétaire d'Etat aux entreprises. Il récupère juste le tourisme et perd le commerce extérieur. Jeu à somme nulle, il pourra quand même continuer à voyager.

Bernard Laporte prend finalement l'ensemble des attributions qui lui avaient été promises en mai 2007, et que l'on avait rogné en octobre. Le classement sans suite de la plainte le concernant est vraiment bien tombée. Il est maintenant secrétaire d'Etat aux sports, à la jeunesse et à la vie associative.

Alain Marleix, dont on se demande (lui le premier sans doute) ce qu'il foutait aux anciens combattants, trouve un poste à sa mesure : secrétaire d'Etat à l'Intérieur et aux collectivités territoriales. Vu que c'est lui qui aurait fait, de toute manière, le redécoupage électoral, autant lui donner le titre.

Christian Blanc, chargé du grand Paris. On appelle officiellement cela "développement de la région capitale". Votre mission, si vous l'acceptez, est de fusionner Paris et les départements de la petite couronne. Un beau pataquès, surtout à gauche. Bartelone et Delanoé ont beau être socialistes, sur ce coup là, il ne vont pas être copains, mais alors pas du tout. Ne parlons pas de Devedjian, qui doit se demander si finalement, président du Conseil général des Hauts de Seine, c'était un si bon plan.

Hubert Falco, secrétaire d'Etat à l'aménagement du territoire. Il faut qu'on m'explique. qu'est ce qu'Hubert Falco apporte ?

Anne-Marie Idrac se retrouve au Commerce extérieur. Virée de la SNCF, il fallait bien lui trouver quelque chose. Là encore, qu'est ce qu'elle apporte, vu qu'elle a fait toute sa carrière dans les transports.

Yves Jégo remplace Estrosi à l'Outre-Mer, avec lui aussi le droit d'assister à tous les conseils des ministres. C'est toute la différence entre soldat de première classe et soldat de seconde classe. Je trouvais étrange que ce fidèle d'entre les fidèles n'ait rien eu en mai dernier.

Le charismatique Alain Joyandet (qui connait Monsieur Joyandet ?) remplace Bockel à la coopération et à la francophonie. Il y fera sans doute autant de bruit que son prédécesseur, c'est à dire pas grand chose.

Et le pire pour la fin, Nadine Morano est secrétaire d'Etat. On aura tout vu ! Et à la Famille en plus. La claque n'a pas du être assez forte. Les mots me manquent pour décrire ce que je ressent. Ainsi, on peut être vulgaire comme une marchande de poisson, ne faire de bon (quekl est son bilan de députée), se planter magistralement aux municipales et être quand même au gouvernement. Pauvre portefeuille de la Famille...

A noter que l'ouverture, c'est fini. Le plus loin qu'on soit allé, c'est Christian Blanc, Nouveau Centre, ancien rocardien (mais il y a très longtemps...) et Anne-Marie Idrac, centriste bon teint. Les Allègre, Mercier et autres Lang sont restés à la porte. C'est un signe, on ouvre quand on a de la marge, on referme quand on est un peu à l'étroit.

Pas bien folichon, ce remaniement. Cela valait-il la peine d'en faire un d'ailleurs. Pour un nouveau souffle de l'action gouvernemental, il va falloir aller chercher ailleurs.

La pétaudière parisienne

Non seulement, la droite parisienne se fait rétamer en beauté par Delanoé, mais en plus, elle se déchire d'une manière ahurissante. Voilà que Françoise de Panafieu renonce au leadership (après une telle raclée, logique) mais également à la place de maire du XVIIe arrondissement. Dans le XIIIe, c'est Véronique Vasseur qui claque la porte et quitte carrément la place en démissionnant de son mandat de conseiller de Paris, en éructant ce qu'elle peut contre l'UMP parisienne, annonçant que le sang n'a pas fini de couler. J'admire ce geste, que bien peu seraient capables d'accomplir, trop agrippés à leurs petits pouvoirs (et à la paie qui va avec).

C'est vrai que l'UMP à Paris, c'est une belle brochette de cons, de médiocres et même de minables. Pas un (ou une) pour sortir du lot, et quand on voit qui se présente pour succéder à Françoise de Panafieu, on peut s'inquiéter. Aucun n'a le niveau et l'envergure d'être maire de Paris. C'est à pleurer, et il semble bien que cela ne soit pas fini car je ne vois absolument pas poindre une relève. C'est vrai qu'il y a de quoi hésiter avant d'aller plonger dans ce merdier qu'est la droite parisienne. Personnellement, je ne suis pas prêt à m'investir politiquement sur Paris, surtout si c'est pour se prendre des raclées qu'on voit venir de loin, après avoir pataugé pendant des années dans un marais nauséabond à se prendre des petites attaques mesquines de gens qui se prétendent des "amis". Très peu pour moi, et je ne dois pas être le seul à le penser.

Bienvenue sur la Toile

Après bien d'autres, Je ne peux pas m'empêcher de participer avec délices à cette nouvelle chaine, souhaitant la bienvenue à Nicolas Princen, le nouvel "oeil de Moscou" de la présidence de la République. Science-po, Normale, HEC puis euro-RSCG. En voilà un "beau bestiau" à la française. Il ne te manques plus que l'ENA, mais à 24 ans, c'est encore possible. Belle gueule, beau CV, sans doute beau dentier. Attendons de voir ce que cela donnera concrètement. Je dois avouer que la première vidéo est assez médiocre, très corporate et langue de bois.

Je m'interroge quand même sur la nécessité de rendre publique cette nomination. Cette tâche de veille et de contre offensive se fait dans l'ombre. Pas besoin d'être connu, je dirais même presque au contraire, la "personnalisation" de cette fonction risque de nuire au contenu. Le voilà repéré, il a intérêt à être clean, parce que je sens qu'il ne lui sera fait aucun cadeau. La moindre "faute" sera mitraillée, et finalement, il pourrait passer plus de temps à se défendre qu'à mener à bien sa mission initiale. Je lui souhaite bien du plaisir.

lundi 17 mars 2008

Sarkozy va remanier

Nicolas Sarkozy va remanier. La défaite aux municipales et cantonales est trop prononcée pour être passée par pertes et profits. Mais ce n'est pas le gouvernement qui va être touché. On va remplacer Estrosi à l'Outre-Mer, nommer quelques secrétaires d'Etat en plus, mais c'est tout. Non, c'est le gouvernement bis, les conseillers du président qui vont être touchés. Et c'est logique puisque la défaite, ce n'est pas tant le gouvernement que le président lui-même et son entourage qui en sont responsables. Il faut reconnaitre la justesse du diagnostic. Sarkozy ne fait pas payer les lampistes, mais assume. Il reconnait son erreur personnelle, amorce un changement de cap et en tire les conséquences dans son entourage proche, là où se situait le pouvoir jusque là !

Parmi les mesures spectaculaires, le départ de Martinon, qui retourne au quai d'Orsay, pour un petit stage aux USA, comme Consul général. A son âge, c'est pas mal comme promotion. De toute manière, il fallait qu'il parte, car il montré ses limites lors du vaudeville de Neuilly. Il a eu les yeux plus gros que le ventre en demandant l'investiture aux municipales de Neuilly, il s'est fait purement et simplement bouffer. Et en politique, ça ne pardonne pas. Exit donc, sans doute définitivement. Benhamou s'en va aussi, mais plus de son plein gré, pour un très beau poste là aussi, à Rome. Au passage, on réorganise, on redéfinit les espaces et on demande plus de "retenue" et de modestie.

La suite logique devrait être un retour à un style de présidence moins déroutant pour les français. Visiblement, ils ne se sont pas habitués aux nouveautés, notamment sur la communication, les rapports avec la presse et l'utilisation de la vie privée. Donc acte. Sur la manière de gouverner, on aura aussi des inflexions. Les conseillers devraient davantage redevenir ce qu'ils n'auraient jamais du cesser d'être, des hommes de l'ombre, tout en gardant un réelle influence. La parole publique, c'est aux ministres et aux élus de la porter. Pour la prise de décisions, on peut espérer que les parlementaires seront un peu plus associés. C'est une nécessité, car si le Grenelle de l'environnement n'a encore rien donné de concret, c'est parce qu'il y a un souci. D'abord, la matière est horriblement technique, et traduire techniquement des décisions politiques, ce n'est pas simple. Et surtout, ce Grenelle de l'environnement a été négocié entre le gouvernement et les ONG. Les parlementaires ont clairement fait comprendre (les sénateurs ne s'en sont pas privés sur les OGM) que n'ayant pas été associés, ils ne se sentent pas engagés par les conclusions du Grenelle de l'environnement. Déjà échaudés par le rapport Attali, il ne faudrait pas en plus qu'ils fassent la peau du Grenelle de l'environnement.

Comme d'autres avant lui, Nicolas Sarkozy s'est heurté au mur de la réalité, aux contre-pouvoirs et aux limites de l'action politique.

De gros dégâts quand même

Les résultats des municipales et cantonales sont enfin tombés, les vrais, pas des projections. Ce n'est pas brillant pour la Droite. Sans être une déroute façon 2004, il y a quand même de gros dégâts pour cette cuvée 2008.

Des villes difficiles comme Argenteuil ou Colombes, gagnées de justesse en 2001 dans un contexte favorable sont perdues de justesse dans un contexte moins favorable. C'est dans ces villes indécises que l'effet "politique nationale" se fait le plus sentir. La Droite a gagné des villes, mais en a perdu, et pas des moindres : Toulouse, Strasbourg, Caen. elle échoue d'un cheveu à Angers. La liste des battus est bien longue, avec parfois des surprises, comme Millau, Evreux qui passent à gauche alors qu'il ne semblait pas y avoir de grandes inquiétudes. Parfois, ce n'est pas un mal, comme à Metz, où le sortant a voulu tenter le coup de trop, et où le mécanisme démocratique a permis sa mise à la retraite. Et quelque part, l'alternance a quelque chose de sain pour une collectivité locale, quand elle se fait dans les deux sens.

Mais le pire, c'est pour les cantonales. Les basculements à gauche attendus se sont produits, les basculements à droite possibles n'ont pas eu lieu, et la Gauche s'est même renforcée dans ces départements fragiles. Et en plus, des départements apparemment sans danger tombent, comme l'Ain. Deux présidents de conseils généraux sont battus aux cantonales, Pascal Clément dans la Loire et Michel Diefenbacher dans le Lot-et-Garonne. A ce rythme, d'ici quelques renouvellements, la gauche risque de tout prendre, car dans de nombreux départements, la droite voit sa majorité s'éroder, et se retrouvent dans la catégorie des "basculables" en 2011. Il y a encore 15 ans, qui aurait pensé que presque les deux tiers des départements seraient à gauche ! 2008 s'inscrit pleinement dans ce mouvement de fond, et c'est cela qui est plus inquiétant (vu de la Droite) car il s'agit d'un glissement de fond, alors que pour les municipales, àa et ça vient, sans que l'on puisse déceler une telle évolution aussi massive et continue.

Vous allez voir que dans dix ans, c'est la gauche qui aura la majorité au Sénat, et que bizarrement, les propos d'un Jospin sur "l'anomalie démocratique" vont être gentillement oublié. Un peu comme Mitterrand, qui vilipendait les institutions de la cinquième république quand il était dans l'opposition, et qui s'est bien gardé de les modifier quand il s'est trouvé en situation de le faire.

dimanche 16 mars 2008

Des politiques qui n'ont rien à dire

J'ai toujours été étonné de la présence massive des politiques sur les plateaux télé, les soirs d'élection. Passé 20 heures, c'est même eux qui monopolisent le temps de parole. C'est la course à celui qui s'exprime en premier, que ce soit Ségolène Royal ou François Fillon, qui donnent leur bonne parole avant 20 heures 30. Je ne parle même pas de ceux qui squattent les plateaux, passant d'une chaine à l'autre.

Ils n'ont rien à dire, sinon de la langue de bois politique. Je m'ennuie profondément à les écouter, j'aimerais tellement entendre à leur place des experts, qui dissèquent les résultats, me proposent des analyses, voire qu'ils débattent ensemble. Les vraies conséquences politiques, c'est dans quelques jours que l'on pourra les avoir, après une analyse poussée de tous les résultats. Actuellement, les politiques glosent sur des projections, des résultats partiels. Les résultats significatifs, comme Marseille, on les aura demain matin.

J'ai l'impression que les interventions sont prêtes depuis deux ou trois jours, quelque soit le résultat. Sans intérêt donc !

Vrai faux live blogging

En direct du liveblogging d'ipol 20 heures : les premiers résultats tombent. Pas terrible pour la droite. Darcos et Béchu seraient battus de justesse. Décevant. Ailleurs, larges victoires de la gauche, comme Caen, Amiens, Reims, mais rien de surprenant au regard des résultats du premier tour. Alain Marleix, le "Monsieur élections" de l'UMP a coutume de dire, que souvent, la prédiction électorale est une science exacte (surtout dans la France profonde).

Pendant que Ségolène débite ses aneries insipides, une ville bascule à droite, Agen. Alors que les victoires de la gauche sont saluées par des vivats dans cette salle remplie de gauchistes, là, silence. C'est vrai que Tout le monde a les yeux rivés sur son ordi et personne ne regarde ni n'coute la madone du PS.

Agen, Chatelleraut, Saumur, Calais, Carcassonne passent de gauche à droite. Heureusement que je suis là pour le relever...

Au fil de la soirée, les estimations changent. Tibéri, d'abord donné battu largement, est donné au coude à coude, puis donné gagnant. Même chose pour Marseille, où Gaudin semble apparaitre vainqueur (sous réserve de confirmation, tellement ça doit être serré). Les visages changent, les acclamations se taisent.

Lourde défaite de Godfrain à Millau. Ce notable a été député de 1978 à 2007, maire de Millau depuis 1995, vient de se prendre un 54 / 38 dans la gueule. On est au delà de l'usure. C'est un vrai camouflet qui révèle un vrai rejet de la part des électeurs. Je pense que ses ambitions sénatoriales viennent de prendre du plomb dans l'aile.

mercredi 12 mars 2008

Evaluer la personne ou son action ?

Le gouverneur de l'Etat de New-York est poussé vers la sortie, pour avoir eu recours aux services de prostituées. C'est vrai qu'aux USA, ils sont assez chatouilleux sur le sujet, et encore plus (à juste titre) quand l'élu en question s'est donné une image d'éthique irréprochable. Après tous les scandales de ce type aux USA, toutes les démissions (ou pas loin) pour une simple fellation, pour un appel du pied dans les toilettes d'un aéroport, il y en a encore qui prennent de tels risques alors qu'ils sont en fonction.

Ce n'est pas en France que cela risque d'arriver. Non pas que nos politiques soient vertueux (je vous en raconterais de belles...), mais parce que la "chose" n'est pas vue de la même manière. Sauf dérives graves (pédophilie) ou sexualité "hétérodoxe", les français soit s'en moquent, soit en rient. Comme le sujet ne sent pas le souffre, et donc ne fera pas vendre, les journalistes ne s'y intéresse guère. Bien au contraire, le journaliste qui s'amuserait à balancer sur le sujet se ferait jeter. Il y a bien quelques bouquins (genre sexus politcus), mais ils sont bien timides, et on n'y apprend rien ou presque. Accessoirement, notre classe politique serait décimée si tous les coupables d'adultère devaient démissionner de leurs fonctions !

Que penser sur le sujet ? Les pratiques sexuelles et le sens de la fidélité conjugale doivent-elle entrer en ligne de compte dans l'évaluation que l'on fait d'un politique ? Et si on répond oui, pourquoi s'arrêter en si bon chemin. Intégrons donc dans les critères, non seulement la question de la fidélité conjugale, mais aussi l'ensemble de son comportement privé, de son attitude avec son entourage, aux remarques "off" et exigeons d'avoir des saints. Cela est intenable ! C'est pourtant cette quadrature du cercle que tentent d'obtenir les américains, et dans une moindre mesure, l'ensemble des pays anglo-saxons. Je préfère de loin notre position française, qui est d'évaluer, non pas la personne, mais son action. Je ne demande pas aux élus d'être des saints, je leur demande d'être efficaces. Entre un incompétent moralement irréprochable et une crapule hyper-efficace, je ne sais pas où irait mon vote. Tout dépendrait sur quoi porte la crapulerie...

De la difficulté de fusionner

Les journées de lundi et mardi ont été les plus éprouvantes pour bien des candidats aux municipales. Lorsque la question n'est pas réglée au premier tour, il faut envisager le second, et c'est d'autant plus chaud si une triangulaire est possible. Les négociations sont toujours très délicates. Se retirer, fusionner ? Que vont en penser les électeurs, les candidats écartés ou descendus dans la liste ? En deux jours et deux nuits, il y a une foule d'incertitudes et de psychodrames à gérer.

Cette fois encore, nous avons eu notre lot. A Marseille, et dans beaucoup d'endroits, le Modem est au bord de l'explosion. Au niveau national, il va falloir gérer le "un coup à droite, un coup à gauche". Bonne chance pour trouver une cohérence à tout cela, même si les politiques sont champions pour justifier tout et n'importe quoi à postériori (enfin presque, car il y a des limites). Autre souci, plus tendu encore : en cas de fusion, qui intègre la liste restante (et donc sauve son poste) et qui, de la liste principale, gicle ou descend ? Les listes devant être déposées le mardi à 18 heures, il faut faire vite et tailler dans le vif. Pour avoir vécu une fois ce genre de négociation, je peux vous dire que c'est abominable, cris et larmes garanties, avec une agressivité énorme de la part de personnes que l'on pensaient douces et gentilles. Le tout, souvent dans la nuit de lundi à mardi. On en a eu un bel exemple dans le XVe arrondissement à Paris.

Reste maintenant à expliquer aux électeurs pourquoi on fusionne, avec s'être déchiré au premier tour. Mais pourquoi vous ne vous êtes pas entendus avant ? Cette question va polluer la camapgne de second tour de certains, qui risque gros en n'y répondant pas ou mal.

lundi 10 mars 2008

infantilisation des fidèles

L'église catholique vient de rénover une de ses vieilleries, la liste des péchés. Encore un truc inutile, sinon pour mieux "tenir" ses ouailles, par la culpabilisation, dont seule l'église peut les délivrer par la confession et l'absolution. Commercialement, c'est une opération fabuleuse : on a une clientèle captive, chez qui on a créé le besoin d'un produit dont on a le monopole ! Et on a même prévu la menace pour les clients récalcitrants : l'enfer, dont on rappelle périodiquement l'existence, comme le père noel. Personne ne l'a jamais vu, mais il existe quand même.

J'ai une autre vision de la chose (le péché). D'abord, l'enfer n'existe pas, c'est une invention humaine, de même que le purgatoire. relisez Jean Delumeau, il a très bien expliqué cela. Pour le protestant que je suis, la question du "mal" que nous faisons ne se pose pas du tout de la même manière. D'abord, "bien" et "mal" sont des notions contingentes et ce qui au Moyen-âge pouvait passer pour un péché horrible (la fornication, par exemple, qui est la simple pratique de relations sexuelles hors mariage) n'est plus aujourd'hui considéré comme tel, sauf par quelques illuminés très minoritaires. D'ailleurs, l'église catholique reconnait cet aspect en remettant à jour sa liste des péchés. A partir de là, moi aussi, je peux me faire ma petite liste de péchés, puisqu'en vertu de la doctrine protestante du sacerdoce universel, je suis aussi inspiré divinement que le pape (rien que ça). Cela vide pas mal la notion de son sens "religieux" et la remet à sa place, celle d'une construction humaine.

Bien entendu que nous pouvons mal faire, que nous faisons mal. Nul n'est parfait, mais lorsque nous faisons des conneries, il y a deux possibilités : assumer et réparer en s'efforçant de ne pas recommencer, c'est la réaction d'adulte. Ou se réfugier auprès d'une autorité supérieure, qui va vous absoudre, jusqu'à que vous recommenciez, vous permettant ainsi de fuir vos responsabilités, c'est la réaction infantile. Il faut pourtant bien se rendre à l'évidence, Dieu est au ciel, pas sur terre. Si nous ne nous occupons pas de réparer les conneries que nous faisons, personne ne s'en chargera à notre place. D'où le choix des protestants de ne pas perdre de temps et d'énergie avec toutes ses fariboles de péchés, de confession, d'enfer et d'absolution qui ne sont que de l'infantilisation. Certes, bien des catholiques arrivent aussi au même endroit et se comportent en adultes, mais ce n'est pas forcement le Vatican qui les y encourage !

dimanche 9 mars 2008

Pas si dramatique

On annonçait une déculottée pour la Droite. Certes, le résultat n'est pas glorieux glorieux, mais il est difficile, pour ce premier tour, de parler de vague de gauche. Juppé brillamment réélu à Bordeaux, Béchu en bonne position à Angers (ville de gauche depuis 1977), le maire de Chartres, Jean-Pierre Gorges en bonne position alors que PS s'y voyait déjà. Et bien d'autres moins connus réélus. En cas de vague, ceux qui la subissent perdent largement, et partout. Souvenez vous des régionales de 2004. Nous ne sommes pas dans cette configuration.

Certes, la gauche emporte quelques beaux morceaux. Rouen, où le maire sortant est humilié, Dieppe, Lyon conservé les doigts dans le nez. Mais tout cela était attendu. Il ne faut pas oublier qu'en 2001, la droite l'avait emporté dans nombre de villes où elle n'était pas attendue. Des pertes cette fois-ci étaient inévitables.

Ces élections municipales sont d'abord locales. La qualité des candidats et de leurs colistiers, le bilan du sortant, l'existence de problèmes locaux jouent beaucoup, plus que la politique nationale. Du moins cette fois ci, pour ce premier tour.

Le grand moment, ce sera le deuxième tour. Au premier tour, on aura eu les résultats attendus dans les fiefs, là où aucune surprise n'était attendue. Rendez vous donc dans une semaine.

vendredi 7 mars 2008

Démocrate, forcement démocrate

La presse française, y compris le Figaro, n’en a que pour les démocrates. Le prochain président des USA sera nécessairement un démocrate et toute information allant dans ce sens est immanquablement relayée.

Un sondage donnerait McCain battu par Obama, mais aussi par Clinton. Le commentaire appuye bien sur les handicaps de McCain. C’est vrai que l’âge du républicain est plutôt un handicap, mais bon, Reagan a bien été élu à 69 ans, et depuis 1980, la médecine a fait des progrès. A 71 ans, on peut encore être en pleine forme, avec de très belles années devant soi. Autre handicap, plus grave à mon avis, McCain passe mal chez les évangéliques et les fondamentalistes, électorat clé chez les républicains. Il peut rattraper cela par le choix d’un vice-président apprécié de cette frange. Ce serait la logique des choses, le candidat à la présidence ratissant au centre pendant que son colistier rassure les extrêmes. Le soutien de W peut être handicap, mais s’il intervient maintenant, c'est-à-dire tôt, et qu’ensuite, W se tait et fait discrètement campagne, c’est tout bénéfice. Il aurait été plus mauvais pour McCain de ne pas avoir le soutien de Bush, qui reste apprécié de franges de l’électorat dont il a besoin, et notamment les fondamentalistes protestants et les indépendants. Rien d’irrémédiable donc pour le candidat républicain.

Ce qui me chiffonne, c’est le manque d’esprit critique face à ce sondage. Alors que la course à l’investiture républicaine est terminée, par la victoire de McCain avant la limite, elle fait rage dans le camp démocrate, avec un suspens et des rebondissements dignes d’Hollywood. La différence de présence dans les médias est donc énorme, ce qui entraîne forcement une « prime » pour ceux que l’on n’arrête pas de voir, qui font du charme et occupent l’espace. Loin des yeux, loin du cœur.

Et bien entendu, pas un mot sur les faiblesses démocrates. Et pourtant, il y en a. Financièrement, le candidat démocrate investi risque d’être un peu à sec, car la campagne pour l’investiture a été très longue, très dure, et ce n’est pas fini. Certes, Obama et Clinton ont battu des records de levées de fonds, mais en ont dépensé aussi. Dans le même temps, McCain a pu ménager sa monture et continue tranquillement à remplir ses caisses. Et on sait combien un campagne aux USA se joue sur ça. Deuxième faiblesse, quelque soit le démocrate investi, il ne faut pas qu’il attende un ralliement, franc, loyal et massif de l’autre. Obama et Clinton se détestent, la dureté de la campagne n’arrange rien. Le démocrate battu aura de la rancœur, car cela se jouera sans doute à pas grand-chose. Un ticket Obama-Clinton ne serait pas une solution, car il faut un minimum d’entente pour faire face à la machine à détruire que les républicains ne vont pas manquer de lancer (ils sont très doués pour ça). Un affrontement tel que celui que nous vivons en direct entre Obama et Clinton laisse des traces. Forcement !

Enfin, l’élection proprement dite, c’est en novembre. Les choses peuvent changer. Rappelez vous qu’à l’automne dernier, la grande favorite pour l’investiture démocrate était Hillary Clinton, plus du tout assurée de l’obtenir cet été. Les sondages qui sortent actuellement sur l’issue finale de l’élection sont donc à prendre avec prudence.

jeudi 6 mars 2008

Snobisme dites-vous ?

Comme maitre Eolas, je hais les chaines mails, mais comme j'ai été tagué deux fois, par Le Chafouin et Jules, je me ferais taxer de snobisme si je ne répondais pas. Alors je m'incline et cède à la mode du jour.

1 Un marteau est un instrument qui sert à se blesser. Je vérifie régulièrement cet adage quand je tente de bricoler.

2 J'adore titiller, et si je devais me réincarner en animal, ce serait en chat.

3 J'ai un don particulier concernant les files d'attente. Quand il y en a plusieurs (genre à la Poste ou à la banque), quoique je fasse, je prend toujours la plus longue. A chaque fois, des personnes arrivées après moi repartiront avant moi. C'est une fatalité à laquelle je me suis résigné.

4 J'adore l'odeur du vieux papier d'archive. Un grimoire de 400 ans d'âge est un régal pour mes narines. Dans mon jeune temps, je m'en suis gavé, et maintenant que j'ai moins le temps, ça me manque.

5 Je me suis découvert une patience dont je ne me serais pas cru capable vis-à-vis des pleurs de bébé, quand c'est le mien qui se transforme en sirène hurlante.

6 Je déteste la cerise, sous toutes ses formes, le goût comme l'odeur. Même un shampoing à la cerise m'est insupportable.

Mais comme il me reste un fond de snobisme, je ne refile le bébé à personne. De toute manière, il ne reste plus grand monde à taguer...

mercredi 5 mars 2008

Un vulgaire bout de tissu

Les expertises scientifiques ont été nombreuses, avec toutes les techniques possible. La plupart arrivent à la même conclusion : le suaire de Turin ne date que du Moyen Age. Cela est corroboré par les faits historiques, puisque ce suaire est inconnu des textes avant le 13ème siècle. Vu la formidable passion du monde médiéval pour les reliques, il est inimaginable que le suaire du Christ n’ait pas été mentionné.

Pourtant, certains continuent à tenter de nous faire croire que c’est le bien le linge qui a enveloppé le Christ dans son tombeau. C’est un peu la même quête que pour Louis XVII. On a beau prouver clairement que cet enfant est mort à la prison du temple en 1795, il y en aura toujours pour croire le contraire.

Je croise cela avec ma lecture en cours « La critique et la conviction », de Paul Ricoeur. Il y développe un discours sur la résurrection qui me semble très pertinent. Jésus est mort physiquement le vendredi saint, le récit de cette mort est connu, bien détaillé dans les évangiles. L’opinion courante conçoit cette résurrection comme une sortie du tombeau. Au bout de trois jours, Jésus se lève et sort, comme Lazare avant lui. Une résurrection physique, qui suit une mort physique. Ricoeur lit autrement cette résurrection. Pour lui, Jésus de revient pas physiquement sur terre. Après sa mort, s’écoule un temps de latence, « le tombeau vide », accompagné de signes montrant que les disciples cherchent Jésus là où il n’est pas. La vraie résurrection, c’est lors de la pentecôte, quand la communauté reconnaît Jésus comme le Christ, qui ressuscite ainsi, mais dans les esprits et les cœurs. Pour Ricoeur, l’évangile de Marc va même plus loin, en laissant penser que Jésus ignore qu’il était le Messie, destiné à être le fondateur d’une nouvelle église, et que sa mission ne pouvait s’accomplir que par sa mort physique, et par la réappropriation de son message, de son histoire et de son charisme par une communauté dont il est le ciment.

Dans cette vision, assez hétérodoxe il est vrai, la question du suaire n’a ni sens ni utilité. Nul besoin de prouver que les évangiles retracent une vérité historiquement prouvable, avec des indices matériels. Les fariboles sur le tombeau du Christ sont de la même farine. En prenant ce chemin de traverse, on s’éloigne d’une vision fondamentaliste du christianisme, où la Bible est prise au pied de la lettre, où tout ce qui y est écrit doit être lu comme peut l’être un reportage ou un article de presse.

Vous devinez bien que j’adhère pleinement à la lecture proposée par Ricoeur. Les écritures sacrées sont pour moi davantage un mythe fondateur, l’expression d’une sagesse, d’une vision de l’homme et du monde qui n’a pas besoin d’être historiquement ou scientifiquement prouvée pour être acceptable. On est ici pleinement dans le domaine de la Foi.

mardi 4 mars 2008

La puissance du troll

Etre bien positionné dans le classement de référence, c’est le rêve, avoué ou non, de tout blogueur. Certains ont bien analysé ce qui fait la spécificité des blogueurs « de haut de classement », c’est la capacité à lancer des débats, et à être ainsi repris. C’est aussi leur compétence reconnue d’analystes, que ce soit pour la politique ou pour d’autres domaines comme le droit ou l’économie. On y trouve aussi les portes paroles d’une communauté, ceux qui expriment la pensée et le ressenti d’un groupe « tellement mieux que je ne le ferais ».

Mais il y a aussi un autre moyen d’atteindre un rang honorable : le troll ! Cela demande du talent, car le bon trolleur doit savoir doser exactement les ingrédients. La provoc doit être calculée au millimètre, en sachant exactement jusqu’où aller, le tout avec une maîtrise (au moins en apparence) technique du sujet et une argumentation logique. Le bon troll est celui où on sent le parti-pris et la mauvaise foi, mais où le tout est suffisamment masqué pour que le néophyte s’y laisse prendre. Bref, c’est crédible et c’est ça qui énerve.

L’art est difficile car si l’attaque est grossière ou outrancière, ou que le sujet n’est pas maîtrisé techniquement, le trolleur se disqualifie tout seul et la sauce ne prend pas. Soit on ne lui répond pas, soit c’est l’hallali. Il faut en dire un peu pour que le clavier titille de répondre, mais pas trop pour que le lecteur se demande si c’est du lard ou du cochon et hésite à sortir l’artillerie lourde. Un beau troll bien réussi peut donner un débat d’excellente qualité, si les commentateurs sont au niveau.

La vraie réussite du trolleur, c’est quand ceux qui l’abhorrent viennent quand même le lire, en redoutant à chaque fois de sentir leur poil se hérisser.

lundi 3 mars 2008

Fausser les classements

Le monde des blogs voit régulièrement apparaitre des classements, pour désigner qui est le plus "influent". Flatter l'ego du blogueur est un fond de commerce inépuisable, non seulement parce que la vanité humaine est un puit sans fond, mais surtout parce que la définition exacte de l'influence sur internet et les blogs n'est pas prête d'être connue. Comme Laurent, tout cela m'amuse plus qu'autre chose. N'ayant pas de prétention à "monétisation" de mon blog, il n'y a pour moi aucun enjeu. Je ne nie pas que je regarde moi aussi mon classement wikio le premier de chaque mois, mais un bon classement, c'est d'abord un indicateur parmi d'autres, du fait que mon blog est lu et reconnu comme étant de qualité. Le plaisir du blog est là, savoir qu'on peut apporter quelque chose, une touche différente au vaste bruit de l'ensemble des blogs. Je ne me fais strictement aucune illusion sur ma capacité à "influencer"...

Ce qui m'amuse également dans ces classements, c'est qu'il se suivent, et qu'à chaque fois, après une heure de gloire où c'est LE classement de référence, des petits malins arrivent à trouver l'astuce pour grimper et apparaitre en haut de classement. Nous avions autrefois technorati, qui ne sert plus guère qu'à savoir qui a fait un lien vers vous. Depuis la fin des trackbacks, c'est très utile et je n'ai pas vraiment trouvé de site qui fasse mieux que Technorati en la matière (si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à me les signaler). Par contre, plus personne ne tient compte du ranking technorati. Les "farm link" et les défauts de technorati (qui par exemple intègre les blogrolls statiques) ont tué ce classement. Aujourd'hui, c'est wikio, le nouveau "classement infaillible" qui commence à être tourné. Pourtant, les créateurs ont pris toutes les précautions pour éviter cela, avec une aura de secret autour de la recette exacte du produit, censée garantir l'infaillibilité. Raté, car il semble que quelques petits malins (mes amis vigilants) ont compris le truc et se sont lancés depuis quelques mois dans une course aux liens, chacun liant les autres pour un oui ou pour un non, faisant du lien pour du lien. Résultat, ils grimpent au classement, ce qui semble les réjouir vivement, à lire leurs billets chaque 2 du mois.

J'observe leur petit manège depuis deux mois, avec une curiosité amusée. Visiblement, je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué, la preuve, ce billet du chafouin, auquel mes bons amis vigilants semblent avoir très mal réagi (Le chafouin aurait-il visé juste ?). Ils ne devraient pas, car ce sont des blogs de qualité, avec de vrais personnalités derrière, pour ceux que je connais et qui sont dans mon agrégateur, que ce soit Eric, Ronald, et même Juan même si le coté partial et obsessionnel de sarkofrance m'énerve. Sans doute par militantisme politique, ils souhaitent saturer le haut du classement de blogs anti-Sarkozy, pour faire croire que l'ensemble de la blogosphère politique est sarkophobe. Pour cela, ils ont trouvé la faille et l'exploitent. C'est de bonne guerre, et cela ne berne que ceux qui croient à l'influence des blogs et à l'infaillibilité des classements. Ca fait quand même encore du monde !