Laurent se fait le relais d'un cas médiatique d'une malade incurable, qui souhaite "partir sereinement". Une nouvelle fois, le débat sur l'euthanasie rebondit, avec un cas "médiatiquement parlant", parce que visuellement frappant et émotionnellement frappant.

Malgré ce battage, je persiste à penser qu'il faut maintenir l'interdiction de principe de l'euthanasie. Quitte à "fermer les yeux" au cas par cas, avec des acquittements ou des condamnations symboliques. Légaliser l'euthanasie, c'est faire sauter une digue, et prendre le risque de se retrouver avec des comportements abominables. Imaginez, dans les maisons de retraite, la "toute vieille, qu'en finit plus de vibrer, et qu'on attend qu'elle crève, vu que c'est elle qui a l'oseille", qu'on pousse à "choisir" de partir sereinement. Parce qu'elle gêne, parce que la maison de retraite, ça coute cher et qu'il ne va rien rester en héritage. C'est sordide, mais des situations comme celle-là sont bien plus fréquentes qu'on ne le pense. Il y a aussi ces malades, qui sont parfois touchés par des passages à vide où la souffrance donne envie d'en finir définitivement, et qui finalement, surmontent la maladie et guérissent. Si l'euthanasie est légale, et même si elle est encadrée strictement, il y aura des dérives.

Certains médicaments, pris à haute dose, provoquent un sommeil éternel et on sait tous qu'en France, les pharmacies sont parfois des distributeurs automatiques, et que personne ne s'alarme vraiment ses stocks de médicaments chez les particuliers. On prend d'un coup les médicaments d'un mois et c'est fini. Pas plus compliqué que ça. Alors pourquoi vouloir à tout prix ouvrir une brêche dangereuse, alors que les moyens existent déjà (et sont bien plus largement utilisés qu'on ne le pense) pour atteindre le résultat recherché. Pour faire un parallèle avec une actualité récente, pourquoi vouloir à tout prix une rétention de sureté contraire à nos principes constitutionnels, alors qu'on peut arriver au même résultat en utilisant les outils déjà existants.