Ce cher Bertand Delanoe tente de se poser en vestale politique, en critiquant le raffut causé à Neuilly par la mise à l'écart de David Martinon. Tout cela serait "révélateur d'une culture politique, d'une manière de faire de la politique qui me heurte, qui me choque".

Que pense-t-il donc de son adjointe Clémentine Autain, qui elle aussi a voulu se parachuter, et qui finalement a échoué ? Va-t-il la reprendre ? Que pense-t-il aussi de Razzye Hammadi, qui tente également un hold-up électoral à Orly ? Ils sont dans le même parti, je crois ! Il faut que Delanoé fasse attention à ne pas trop jouer les père-la-vertu en politique, car quand on est maire de Paris et qu'on a des ambitions supérieures, on peut être amené à des compromis, voire des compromissions, parce que le système est ainsi fait (on peut le déplorer). Delanoe prend ici une posture hypocrite, car lui aussi a poignardé, écarté des rivaux, posé des peaux de banane !

Je m'amuse souvent (et m'agace parfois) des commentateurs qui regardent le choses du dehors, et qui se disent "dégoutés" par les méthodes et les comportements des politiques : copinage, parachutages, népotisme... C'est facile d'être indigné, mais derrière, tous ces bisounours ne proposent rien, se contentant de manifester un dégoût stérile. Il faut quand même se rendre compte que le pouvoir est quelque chose de dangereux pour ceux qui y sont et ceux qui veulent y arriver. C'est dans les tréfonds même de la nature humaine que l'on trouve cette violence et cette soif de pouvoir. Croire que la politique puisse se faire de manière élégante, sans coup bas, c'est se méprendre totalement sur la nature humaine, sur ce qui subsiste de la part animale.

La solution idéale serait de changer la nature humaine, pour en faire disparaitre notre part animale, pour maintenir les ego dans des proportions acceptables, pour supprimer toute rivalité et toute violence. Malheureusement, si cela se pouvait, on le saurait depuis longtemps. Il faut donc se rendre à l'évidence et faire avec ce que l'on ne peut pas changer. La politique et la conquête du pouvoir resteront toujours un combat, une violence. Le tout est de mettre en place des barrières, des garde-fous pour que cette violence soit limitée et canalisée. Je pense que notre système démocratique n'y arrive pas trop mal. Nous avons peu de meutres politiques en France, lorsqu'un camp perd les élections présidentielles, ce n'est pas la guerre civile, les élus (vraiment) pourris finissent par tomber (Carignon à Grenoble, Boucheron à Angoulême).