Authueil

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 30 novembre 2007

La nouvelle encyclique

Benoit XVI vient de publier une nouvelle encyclique, Spe salvi. Pas le temps de commenter personnellement, il faudrait la lire et je n'ai pas le temps, il faut que je bosse un peu quand même. Je vous renvoie donc au commentaire qu'en fait le service oecuménique de la Fédération Protestante de France.

La Bible au prix d'un café

La société biblique de Genève a décidé de vendre la Bible au prix d'1,50 euros, dans les grandes surfaces. Pour le contenu, le produit est de qualité (la traduction Segond est bien connue chez les protestants), j'attend d'avoir acheté la mienne (je n'ai pas la "Segond" chez moi, c'est une bonne occasion) pour vous parler de la qualité matérielle. Cette initiative est parfaitement conforme, non seulement aux statuts de la société biblique (c'est même sa raison d'être) mais aussi à l'esprit du protestantisme. Et ça marche ! le produit, vendu en grande surface, part comme des petits pains.

Cela agace les concurrents qui attaquent l'initiative. Mais ils se trompent d'angle de tir. Alors qu'il faudrait aller devant le conseil de la concurrence pour vente à perte et dumping pour espérer peut-être avoir gain de cause, les autres éditeurs (notamment la très honorable maison du cerf) cherchent à discréditer l'initative et ses porteurs. L'accusation de "fondamentalisme" contre la société biblique de Genève est bête et méchante et ne tient pas la route. "pour faire triompher des idées d'intégristes". La traduction Segond, intégriste ? Il va falloir m'expliquer ! L'alliance biblique français est tout aussi pitoyable, avec son "c’est sous-estimer le travail intellectuel qui se trouve derrière les traductions". A mon avis, la traduction Segond est amortie depuis bien longtemps (publiée en 1874, révisée en 1910 et 1978). Ils s'enfoncent encore plus avec "c’est faire de la Bible un produit de grande consommation". Dites, vous êtes protestants ?

C'est triste qu'une querelle bassement matérielle d'éditeurs se battant pour garder leur part du très lucratif marché de la Bible vienne parasiter cette excellente initiative. Car le plus dur reste à faire. Acheter une bible, c'est facile, la lire, c'est autre chose.

Un député invalidé

Je ne comprends pas comment on peut être aussi imprudent. Le système de financement des campagnes électorales et son cortège d'interdiction existe maintenant depuis longtemps. Un député s'est fait avoir en 2002 et a perdu un siège qu'il n'a pas pu reprendre en 2007. Cela aurait du servir de leçon, et bien non.

Philippe Pemezec, maire du Plessis-Robinson dans les Hauts-de-Seine a commis deux erreurs qui lui coutent son fauteuil de député. Il a installé sa permanence de campagne sur un terrain municipal au Plessis-Robinson (sa commune en plus) sans verser de redevance d'occupation du domaine public. Je ne connais pas les circonstances exactes et le problème vient peut être d'une appréciation de la commission des comptes de campagne différente de celle du maire-candidat. En tout cas, la commission a estimé que cela s'appelle "don et avantage en nature d'une personne morale" et c'est le rejet du compte, avec annulation de l'élection. S'il n'y avait que cela, on aurait pu dire "pas de bol", il a tenté, tutoyé la ligne jaune et ce n'est pas passé.

Mais il y a autre chose, qui est une belle connerie. Philippe Pemezec a publié un livre sur expérience de maire. Jusque là, rien à dire, sauf que le bouquin est sorti quelques jours avant le premier tour et que Philippe Pemezec ne s'est pas privé d'en faire la publicité, avec séances de dédicaces. Et pas une ligne dans le compte de campagne, comme si cette publication et la promo n'avaient pas d'impact sur la campagne électorale. La commission a bien entendu requalifié la dépense comme étant "de nature à concourir à l'élection" et a constaté son absence dans le compte de campagne, le déclarant de ce fait "insincère". Et là encore, c'est l'invalidation assurée. Autant, sur le premier grief, on peut comprendre, autant là, l'erreur était évidente.

Derrière, avec un dossier comme ça, le Conseil constitutionnel ne peut que prendre acte et prononcer l'invalidation, avec inéligibilité pour un an du désormais ex député Pemezec

Recréer l'UDF ?

Damien soulève la question de l'utilité de l'UDF. Et en plus, il m'interpelle sur le sujet.

Je pense qu'il y a une place à prendre au sein de la majorité de droite. La culture politique française n'est pas habituée à l'hégémonie d'un seul parti, car le fonctionnement interne des partis dominants français est trop rigide. On le voit bien avec l'UMP, il y a un patron et tout le monde est prié de s'aligner. Certes, les "sensibilités" peuvent s'exprimer, mais jusqu'à un certain point seulement. L'existence d'un autre pôle permet à certains d'être de Droite, sans pour autant être UMP. C'est, à mon avis, une bonne chose. Mais pour que cela fonctionne, il faut que ce parti soit clairement ancré à droite, avec un vrai corpus et une différence marquée avec l'UMP sur le plan des idées et surtout, une réelle indépendance vis-à-vis de son partenaire.

Depuis 2002, un problème se pose, car François Bayrou, dans une optique d'aventure personnelle, a grippé la machine et laissé la chaise vide. Prenant acte d'un déséquilibre suite à la création de l'UMP, il a choisi de rompre les amarres et de gommer progressivement son appartenance à la Droite. Pour beaucoup d'élus UDF, ce fut un véritable souci, car ils sont foncièrement de Droite. Je pense par exemple à Charles de Courson, que j'imagine mal fricotant avec des élus socialistes. Par contre, François Bayrou a gardé un socle idéologique original, et surtout, une véritable indépendance vis-à-vis de l'UMP et du gouvernement. Le Modem remplit donc deux conditions, celle du corpus d'idées et celle de l'indépendance vis-à-vis de l'UMP. Mais il manque l'ancrage à Droite.

Cette place laissée vide à Droite par Bayrou, le Nouveau centre cherche à l'occuper. Ils peuvent y arriver, mais à condition de remplir les trois critères. Pour l'instant, le Nouveau Centre n'en remplit véritablement qu'un seul, celui de l'appartenance sans ambiguité à la Droite. Pour ce qui est de l'indépendance vis-à-vis de l'UMP, ce n'est pas encore ça. C'est même très problématique, car les députés Nouveau Centre n'ont été élus que par la bonne grâce de l'UMP, qui n'a pas présenté de candidats contre eux. Ils sont donc "tenus", car s'ils venaient à être un peu trop rebelles, ils subiraient le sort électoral du Modem aux législatives. Pour être indépendant, il leur faudrait une base militante structurée, sur l'ensemble du territoire, qui leur permette d'avoir quelque chose à apporter à l'UMP. Pour l'instant, les députés Nouveau Centre font surtout figure de supplétifs de l'UMP, à l'image des troupes auxiliaires des armées d'autrefois. Les rebelles, il faut aller les chercher aileurs. Pour ce qui est du corpus idéologique et programmatique autonome, si quelqu'un sait où il est, qu'il le signale d'urgence. Une forte récompense est offerte (maintenant que le Nouveau Centre a quelques moyens).

Le Nouveau Centre a quatre ans pour se donner une structure digne de ce nom et surtout, une âme. Il y a du boulot (tout est à faire), mais c'est faisable, et ce n'est pas l'UMP qui va se montrer un concurrent redoutable sur le plan idéologique. Le Nouveau Centre pourrait (notez bien le conditionnel) être la bonne surprise politique des prochaines années.

jeudi 29 novembre 2007

En route vers le communautarisme ?

La requête des autorités juives devant la HALDE m'inquiète, car elle est symptomatique des dérives qui nous amènent lentement vers le communautarisme. Il ne faudrait plus que les examens universitaires soient organisés pendant les fêtes juives. Le nombre d'élèves concernés est ridicule (200), mais rien que pour eux, il faudrait que ce soient les autorités publiques qui cèdent. C'est absolument inadmissible.

Plus cela va, plus je crois que la création de la HALDE a été une lourde erreur. Elle a vu le jour sans qu'un véritable débat ait eu lieu, sous la forme d'un amendement gouvernemental en deuxième lecture dans un projet de loi sur la discrimination. Encore une lubie de Jacques Chirac, un fait du prince dont il va falloir se débarasser, au même titre que ses révisions gadget de la constitution. En créant cette autorité administrative, on a offert un porte-voix à tous les communautarismes, on leur a aussi donné une légitimité. Après les communautarismes ethniques, voici venus les commautarismes religieux. Il fallait s'y attendre. En mettant tous les droits du coté de l'individu, avec une collectivité qui a forcement tort, on va démolir notre construction nationale. Les socialistes dénoncent beaucoup les casses, que ce soit du "service public", du "modèle social", du "système de santé". J'aimerais bien les entendre sur la casse de la laïcité, sur la casse de notre conception de la Nation.

mercredi 28 novembre 2007

Diversité du catholicisme

Le protestantisme est divers et l'assume. Le catholicisme l'est tout autant, mais tous les catholiques ne l'assument pas. Je suis heureux de voir que mon ami Koz, qui est un catholique bon teint, s'en rende compte et se désolidarise d'avec ceux qu'il appellent les "catholiques identitaires". Pour autant, il reste figé sur sa fiction d'un catholicisme unitaire avec cet argument "vous n'êtes pas de vrais catholiques", car pour Koz, être catholique, c'est être ouvert, à l'écoute de l'autre, bref comme lui.

Vu de l'extérieur (donc à peu près neutre sur les querelles entre papistes) cette théorie ne tient pas. Les cathos identitaires, très marqués à Droite (voire carrement d'extrême Droite) sont issus d'une mouvance tridentine qui est l'ancien courant dominant de l'église catholique, alors que Koz est beaucoup plus sur une ligne "conciliaire", qui a profondement modifié le visage du catholicisme depuis Vatican II. Ces tridentins sont toujours sur les anciennes logiques, nées de la contre-réforme et de l'esprit de reconquête. Ils se sont un peu radicalisés suite aux évolutions des cinquante dernières années, mais sur le fond, on retrouve tous les postulats d'avant Vatican II. Ils peuvent donc sans aucune difficulté revendiquer une filiation authentiquement catholique, dans le sens du "maintien de la Tradition", Koz et ses semblables étant rangés dans la catégorie des "hérétiques", ceux qui se sont éloignés de la Vérité et en ont éloigné l'institution.

D'ailleurs, le pape Benoit XVI, que Koz reconnait comme son chef, a multiplié les gestes vis-à-vis de ces tradis tridentins, au point d'en réintégrer certains dans la "communion de l'église". L'abbé Laguerie, dirigeant de l'institut du bon pasteur est ainsi pleinement reconnu comme catholique, faisant partie de la grande famille. Il est pourtant en plein dans la catégorie des "catholiques identitaires" que vise Koz, qui serait sans doute plus à son aise à un office dans mon temple réformé libéral qu'à une messe célébrée par l'abbé Laguerie.

Il y a un moment où il faut en finir avec les fictions, et prendre la réalité comme elle est. Le christianisme est divers, avec différentes communautés toutes aussi légitimes, quoique puisse en dire la Curie romaine. Que les tradis aillent à la messe en latin ne me dérange absolument pas, je m'y trouverais autant sur la planète Mars qu'à un culte de protestants évangéliques et charismatiques. Je ne vais donc pas revendiquer une quelconque "appartenance commune" avec ces personnes (respectables dans leur foi) qui n'ont en commun avec moi quasiment que l'appelation "protestant". Je n'arrive pas vraiment à comprendre cet acharnement des catholiques à croire que les chrétiens ne doivent former qu'une seule et même institution, d'autant plus que le "retour dans le giron de l'église" des toutes les "brebis égarées" n'est pas prêt de se produire.

mardi 27 novembre 2007

De par l'avis négatif du comité Théodule

Cet après midi dans l'hémicycle, au détour du débat sur la loi "consommation" :

M. Lionel Tardy – Par l’amendement 156 rectifié, nous demandons au Gouvernement pourquoi le décret d’application de la loi du 2 août 2005 visant à déterminer les conditions dans lesquelles sont définies les catégories d’acheteurs pouvant donner lieu à des différences de tarification n’a pas été pris. Deux ans pour prendre un décret, cela paraît bien long ! Au surplus, un décret est-il vraiment indispensable ? Le fournisseur ne peut-il déterminer librement, sous sa responsabilité, les conditions selon lesquelles il détermine ses catégories d’acheteurs ?

M. Michel Raison, rapporteur – Défavorable, mais je suis curieux d’entendre la réponse du Gouvernement sur les motifs qui justifient le retard pris par ce décret.

M. Luc Chatel, secrétaire d’État – Le décret dont vous parlez n’a pas été pris suite à un avis défavorable de la commission d’examen des pratiques commerciales – CEPC –, rendu en juin dernier.

Le législateur a pris une mesure en 2005, avec un décret qui doit suivre pour en préciser les modalités. Le ministre avoue candidement que finalement, le décret n'a pas été pris, et ne le sera pas. Et il ajoute que la raison en est un avis négatif rendu par une commission consultative rendu en juin 2007 !

Heureusement, deux parlementaires ont réagi, François Brottes (PS) et Jean-Paul Charié (UMP), tenant le même propos : ce n'est quand même pas une commission consultative qui va faire la loi ! Mais leur protestation reste vaine. Après quelques applaudissements sur divers bancs (comme on le lit dans le compte rendu), on passe à l'amendement suivant. Business as usual

Désolant...

Réduction de l'espace public

Le nouveau stade du Mans portera le nom d'une entreprise, qui a payé pour cela. C'est une première en France, et cela m'agace profondement. Les marques commerciales envahissent tout, s'accaparent tout, y compris ce que je considère comme étant des biens collectifs. A quand les achats de noms de rues ou d'avenues ?

Il y a un moment où il faut savoir dire non, et fixer des limites. Il existe un espace collectif, un espace public qui ne doit pas être susceptible d'appropriation individuelle. Cet espace est vaste, et comporte des lieux physiques, mais aussi tout un patrimoine immatériel. Il est des oeuvres de l'esprit, des livres, des symboles qui ont marqué une population, un génération, une région. Ils font partie de notre patrimoine commun. Dans ce cas d'espèce, le stade peut être considéré comme un bien commun, surtout quand il n'y en a qu'un de cette envergure dans une ville. Qu'une société commerciale tente d'y mettre sa griffe en s'emparant symboliquement de ce lieu (en s'appropriant son nom) pour en tirer un profit personnel me heurte profondément, comme cela me dérange que des marques s'emparent du nom d'épreuves sportives qui existaient déjà, qui avaient acquis une notoriété sous leur ancien nom, suscitant un attachement et un lien particulier avec le public s'intéressant à ce sport (que ce soit des tournois de tennis ou des courses à la voile).

C'est véritablement un cancer qui ronge notre société.

lundi 26 novembre 2007

Kasparov fera moins de 5%

Depuis quelques mois, les médias français nous bassinent avec Kasparov. Ancien champion du monde d'échecs sur le déclin, il a choisi de se lancer en politique. C'est son choix, ses projets politiques sont parfaitement respectables. Le problème n'est pas là, mais dans le surinvestissement médiatique sur lui de la part de notre microcosme journalistique parisien. Parce que Kasparov, en Russie, ne représente rien, ou si peu !

C'est toujours le même phénomène qui se reproduit. Nos journalistes cherchent avant tout des "personnalités", qui passent bien dans les médias et sont suffisamment occidentalisées pour que le public français puisse s'y reconnaitre et éprouver de la sympathie. Si en plus la personnalité est connue, si le nom est familier, c'est encore mieux. Les micros se tendent alors, on lui offre des pleines pages, et pour peu qu'il tienne le discours que l'on souhaite entendre, c'est le nirvana. Et Kasparaov est un client parfait. Connu parce qu'ancien champion d'échecs, il est occidental, très occidental même, par rapport à d'autres russes et il fait du Poutinebashing. Médiatiquement, il est très fort, jouant le martyr emprisonné, comme par hasard à quelques jours des élections, dans une version formatée pour les médias (des images, surtout des images !!!). Cela amène les médias occidentaux à donner une place disproportionnée à Kasparov, par rapport à ce qu'il représente, et plus globalement par rapport à ce que représentent les libéraux pro-occidentaux en Russie.

En général, devant cette situation, nos médias préfèrent le déni et s'obstinent jusqu'à ce que la réalité viennent fracasser leurs belles certitudes. Le plus bel exemple a été l'élection de Georges W Bush en 2000 et en 2004, alors qu'en écoutant les médias français, c'est forcement l'autre qui allait gagner, c'est toujours à l'autre qu'on tendait le micro, pour qu'il nous déverse le discours qu'on avait envie d'entendre. Mais la réalité est têtue et la désillusion du fan club de Kasparov risque d'être bien cruelle.

Car c'est Poutine qui va gagner les élections, sans même avoir besoin de truquer quoique ce soit. Les sondages donnent autour de 65% des voix à sa liste aux législatives, et le candidat qu'il adoubera aux présidentielles pour lui succéder sera élu au premier tour. On a beau jeu de dénoncer l'omniprésence médiatique, mais il n'y a pas si longtemps, du temps de l'URSS, l'omniprésence était encore plus écrasante, cela n'a pas empêché les candidats communistes d'être sévèrement battus dès qu'un autre candidat pouvait se présenter. Certes, la culture démocratique des russes n'a pas notre ancienneté et notre enracinement, pour autant, si les russes étaient mécontents de leur président, ils sauraient le faire savoir dans les urnes. Et apparemment, ils se trouvent très bien avec Poutine, qui a quand même assuré une relative stabilité à un pays qui en avait bien besoin. Bien qu'autoritaire, le régime russe n'est pas une dictature. Rien à voir avec la Chine, malgré ce que peut raconter notre jeune et inexpérimentée secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme. Il faut bien le constater, la Russie, ce n'est pas la France. Ils ont leur propre histoire, leur propre culture, leur histoire. De ce fait, ils n'ont pas les mêmes besoins et les mêmes envies que nous. Bref, ils ne nous ressemblent pas tant que cela. Et ça, l'occidental n'aime pas.

Epuisement de la loyauté

Je n'avais jamais entendu un politique aussi inventif pour justifier son départ vers une soupière bien remplie. Jean-Marie Cavada annonce son ralliement à l'UMP en expliquant qu'il a épuisé tous les recours de la loyauté avec Bayrou. Il va surtout chercher un poste.

Actuellement député européen, Jean-Marie Cavada pense d'abord à sa carrière politique personnelle. Son mandat arrive à échéance en 2009, et il n'est pas du tout assuré de le retrouver. La proportionnelle est ainsi faite qu'il vaut mieux être en bons termes avec ceux qui font la liste et que l'étiquette soit encore attractive. Vu comment l'UDF-Modem tourne à la secte et à l'eau de boudin, c'est peut-être plus prudent de partir.

En politique, la loyauté est d'abord due à la conception que l'on se fait de la politique. L'important, ce sont les idées et les valeurs que l'on défend. Que l'on puisse glisser d'un parti vers un autre n'est pas forcement choquant. Passer de l'aile droite de l'UDF à l'aile gauche de l'UMP, c'est faisable car les idées ne sont pas fondamentalement éloignées. La loyauté va ensuite à ses électeurs, aux personnes qui vous ont confié un mandat et des fonctions. La-dessus, Cavada est très limite, mais n'a pas encore franchi la ligne jaune. En effet, il n'est que député européen, élu sur une liste à très vaste circonscription. Actuellement, il navigue, mais n'a pas trouvé de port d'attache. On l'a vu un temps à Montpellier, puis il s'est présenté aux législatives dans la Val-de-Marne, à Saint-Maur. Et voilà maintenant que le Monsieur débarque dans le 12ème arrondissement de Paris, terre pas si perdue pour la Droite, mais où personne ne veut plus s'aventurer depuis que Maitre Klarsfeld junior s'y est lamentablement planté. Je souhaite vivement qu'une fois élu quelque part, il y reste et ne fasse pas comme beaucoup, qui partent des endroits risqués pour se réfugier en terrain électoralement plus sûr.

La loyauté a un leader vient pour moi en dernier lieu, surtout quand on a affaire à un leader aussi égotiste et égoïste que François Bayrou, prêt à tout sacrifier pour son aventure personnelle. Ceux qui se sacrifieraient pour Bayrou sont soit des naïfs, soit des idiots. Ils n'ont nullement leur place en politique. Cela aurait été tellement plus simple et compréhensible d'expliquer ainsi l'acceptation d'une étiquette UMP pour des municipales.

dimanche 25 novembre 2007

L'Etat n'est pas une agence de voyage

Alain Delon se vexe que l'on n'ait pas daigné, à l'Elysée, lui indiquer s'il serait ou non du voyage de Nicolas Sarkozy en Chine. Finalement, il n'y a pas été, bien qu'il ait été finalement invité (rattrapage de branche) à la dernière minute. Mais on ne traite pas Alain Delon, play-boy en retraite comme cela. Il connait le président, il connait aussi visiblement des journalistes au Figaro.

Première chose, il faut que certains arrêtent de squatter les pages des grands quotidiens nationaux pour faire passer leur messages et régler leurs comptes personnels. D'habitude, c'est dans les pages "opinions" ou "rebonds" que cela se fait. Là, c'est carrement dans les pages "normales". Une bonne fois pour toutes, les petites humeurs du microcosme parisien, on en a rien à cirer !

Deuxième chose, qu'est ce qu'Alain Delon allait foutre en Chine avec Nicolas Sarkozy ? Qu'est qu'il apportait à ce voyage ? On en parle peu, mais dans tous les voyages officiels, que ce soit d'un ministre ou d'un président, il y a toujours une foule d'accompagnateurs. Je comprend qu'un président de la république française en visite officielle se doive d'avoir une "suite" pour montrer sa puissance, son importance. Dans ce troupeau, on trouve des personnes qui y ont effectivement leur place : des ministres, des chefs d'entreprises (contrat es-tu là), des journalistes, des collaborateurs proches, des personnalités connaissant bien le pays et susceptibles de jouer utilement les intermédiaires (Jean-Pierre Raffarin par exemple).

Et puis il y a les parasites, comme Alain Delon, qui sont là uniquement pour jouer les faire-valoir, les pots de fleurs. C'est vrai qu'Alain Delon a encore une certaine notoriété, que cela fait classe de l'avoir avec soi. En échange, Alain Delon gagne une séjour touristique d'une semaine en Chine, dans des hôtels grand luxe, avec receptions officielles, champagne et petits fours. Le tout aux frais de la princesse... Mais franchement, on peut s'en passer d'Alain Delon, la preuve, il est resté en France. Le problème, c'est qu'il ne doit pas être le seul à avoir profité du système. Je serais curieux d'avoir la liste de la délégation française pour ce voyage, avec pour chaque nom, un petit commentaire sur ses fonctions et la justification de sa présence dans la délégation ainsi que le coût (pour le contribuable français) par tête de pipe de ce voyage en Chine.

On a sans doute là une belle source d'économies potentielles !

vendredi 23 novembre 2007

Un simple accord interprofessionnel

Ce que je croyait être un simple rapport est en fait un blanc seing demandé par l'industrie musicale et cinématographique pour défendre ses intérêts économiques. A peine rendues, les propositions de la commission Olivennes ont été entérinées. Cette pseudo conciliation n'engage que la commission et ceux qui l'ont ratifiée. Le débat démocratique n'a pas eu lieu.

Pour l'instant, le Parlement n'a en rien été saisi. Pourtant, parmi les "enagements" des pouvoirs publics, figurent des mesures qui sont clairement du domaine de la loi. J'ai l'impression que DADVSI n'a servi à rien sur cette question des téléchargements illégaux. J'attend de voir le projet de loi qui va nous être proposé, car pour l'instant, l'accord ne dit pas grand chose. Les menaces sur les libertés publiques sont réelles (la tenue d'un fichier des radiés), sur les droits de la justice (quels pouvoirs pour cette "autorité" et surtout, quelle indépendance vis-à-vis des parties), l'aspect pénal est assez acrobatique (comment créer une sanction pénale de résiliation de l'accès internet). Beaucoup de questions et de craintes donc.

Un témoignage capital

Un chauffeur de l'IUMM témoigne dans le parisien. "Je conduisais ma patronne devant une banque, je l'attendais un peu. Elle revenait avec son porte document et on rentrait au bureau. On ne parlait jamais de ces courses". Et c'est repris dans le Monde...

Franchement, quelles révélations ! Qu'est ce que ce témoignage a fait avancer ma connaissance de ce dossier ! Et demain, ce sera le témoignage de la dame pipi, qui retrouvait des billets de 500 euros dans les toilettes de l'IUMM après le passage de Monsieur Gautier-Sauvagnac ? Qu'il y ait du fric à ne plus savoir quoi en faire dans la principale branche du Medef, qui peut en douter ? Ce que j'aimerais savoir, c'est comment a-t-on pu faire circuler autant d'argent liquide sans que cela ne se sache plus tôt. Où partait tout cet argent ? Des témoignages là-dessus, oui, c'est intéressant, le reste, c'est de l'anecdote sans intérêt.

Le problème n'est pas l'intendance

Le nouveau Cardinal et nouveau patron de l'église catholique de France donne un interview au Figaro. Rien de bien nouveau ni choquant dans le propos, sinon l'habituelle confusion de langage, chrétien étant utilisé comme synonyme de catholique.

On y perçoit que la structure officielle de l'église catholique de France est en plein désarroi et ne trouve visiblement pas la solution à son déclin. Un paragraphe m'a semblé particulièrement révélateur : "Je ne sais pas ce que sera demain. Je ne vais donc pas faire de plan de restructuration technocratique. Face à la pénurie de prêtres, il faut susciter et conforter des pôles de vitalité chrétienne pour mettre en œuvre l’Évangile, des endroits où l’on peut mettre en œuvre une formation des chrétiens, développer des célébrations de belle qualité, avec une grande densité spirituelle ; où peuvent se développer des liens de solidarité avec des associations diverses.''

Monseigneur Vingt-trois reconnait de manière à la fois franche et naïve qu'il est dans le brouillard le plus complet. "Je ne sais pas de quoi demain sera fait", c'est une phrase assez terrible dans la bouche de celui qui est censé être le guide et le pilote de l'avion. Et dans la foulée, il propose comme solution de réinventer les paroisses. Parce que la définition qu'il donne des "pôles de vitalité", c'est exactement la mission que devrait remplir une paroisse (qu'elle soit catholique ou protestante d'ailleurs). Si l'église catholique n'a que cette solution à proposer, c'est franchement alarmant. une réduction drastique du réseau, avec la fermeture de nombreux "points de vente" et une concentration des quelques forces qui restent sur les grands pôles (genre Lourdes ou les grands monastères) et les grands évènements médiatisés (JMJ), c'est un syptôme d'un malaise plus profond, mais pas le malaise en lui-même.

Je pense que Monseigneur Vingt-Trois fait fausse route en croyant que la solution de la crise du catholicisme passe par une relance du réseau, par une rénovation de la structure. L'essentiel est dans le message, dans ce qui est proposé et si les gens accrochent, la structure et le réseau suivent. Il n'y a qu'à voir les protestants évangéliques, en plein boom. Les temples débordent, il leur faut sans cesse des locaux plus grands et plus nombreux. Tant que la hiérarchie catholique ne se posera pas la question du message, de son évolution et de son adaptation, elle ne s'en sortira pas. Et vu son monolithisme doctrinal, je ne vois pas comment l'église catholique de France va s'en sortir...

jeudi 22 novembre 2007

Contrôler les tuyaux

L'élement stratégique, dans le monde économique, c'est le contrôle des réseaux de distribution. On le voit bien en France, les groupes de la grande distribution ont une puissance économique importante.

Le réseau de distribution de demain, c'est internet. Tous l'ont compris. L'objectif de certains est maintenant de prendre le contrôle de ce réseau, en le formatant et en le configurant en fonction de leurs intérêts. Le rapport Olivennes est à voir comme la première étape d'une offensive pour verrouiller internet, du moins en ce qui concerne le commerce électronique, avec une étanchéisation des tuyaux. Pas question de laisser des petits malins s'amuser avec la sécurité des données commerciales et des transactions. Pas question non plus de laisser survivre la concurrence sauvage (avec une conception très extensive de la notion). Bref, tous ceux qui peuvent constituer une menace pour le contrôle que certains entendent exercer sur ce réseau de distribution seront impitoyablement broyés. La discussion gentille, l'égalité, la médiation, ce n'est pas pour eux.

Cela dit, tous les internautes ne sont concernés. On pourra toujours continuer à développer un internet parallèle, d'échange, de dialogue. Il y aura toujours des blogs pour converser, sans être aucunement inquiétés. C'est juste la transposition sur la toile de la réalité telle qu'elle existe dans le monde réel. Qui irait ouvrir une boutique de revente de CD piratés dans le monde réel ? Personne, alors pourquoi s'étonner que ce ne soit pas possible sur le net. C'est la situation de la décennie 1995-2005, celle des pionniers qui était anormale.

mercredi 21 novembre 2007

Maljournalisme persistant au Figaro

décidement, le Figaro n'est pas en grande forme, ou alors ils ont voulu plomber Chirac. Parce que faire son titre d'article sur "Roland Dumas regrette l'inculpation de Chirac", c'est soit du mal journalisme, soit de la méchanceté.

Roland Dumas, relaxé de justesse dans l'affaire Elf (mais avec une blâme pour sa légèreté après une condamnation en première instance), condamné pour sa gestion de la succession Giacometti, comme caution morale, on fait mieux, cela ressemble davantage à une solidarité de vieux pourris qui sont rattrapés par leurs casseroles. Et comme cela ne suffit pas, on enchaine derrière avec Pierre Mazeaud (83 ans) qui se dit le vieil ami, et qui déplore qu'on s'attaque si tard à un pauvre malheureux retraité. Suis le faux cul Frédéric Lefèvre avec une tirade digne d'un prix "On peut saluer le fait qu’un ancien président de la République se soumette à la justice de son pays. Cela montre qu’il respecte les institutions qu’il a dirigées lui-même". A-t-il réussi a le dire sans rire ? Si Chirac avait pu échapper à ce passage chez le juge, je n'ai aucun doute sur la décision qu'il aurait prise. La farandole continue avec Jean-Pierre Grand, toujours aussi Chien fidèle : "Reprocher aujourd’hui à Jacques Chirac d’avoir embauché des collaborateurs dont il avait besoin, pour certains il y a 30 ans, relève d’une forme d’inquisition politique sans précédent". Il vous reste du souffle ? Vous aller en avoir besoin...

Arnaud Montebourg : "Aujourd’hui, c’est bien tard que de s’en prendre à un homme âgé, qui a des problèmes de santé et qui est retiré de la vie publique" on l'a connu plus teigneux. François Hollande : "Je ne veux pas faire de polémique inutile" ou l'art de ne pas se mouiller. André Vallini, député PS, président de la commission Outreau : "Jacques Chirac, comme tout justiciable, doit bénéficier de la présomption d’innocence". Ils sont bien gentils ces opposants, soigneusement sélectionnés. Seuls Noël Mamère, Jean-Marie Le Pen et Maxime Gremetz sont (un peu) critiques, mais bien en dessous de ce qu'ils sont capables de faire.

C'est vraiment très limite comme traitement de l'évènement. Jacques Chirac a été mis en examen pour détournement de fonds publics. Pas besoin d'en dire plus à ce stade de l'instruction. Il est présumé innocent, et bien souvent, les mises en examen des hautes personnalités tiennent de l'acharnement. Il faut donc être prudent. On le voit quand des baudruches peuvent se dégonfler, soit par des non lieux, soit par des relaxes. L'exemple est Jean Tibéri est très parlant. Une foule de mises en examen, un fort parfum de corruption, mais aucune condamnation ni même aucun renvoi en correctionnelle, du moins pour l'instant. On s'est médiatiquement acharné sur lui et sa pittoresque épouse (qui pourrait postuler au poste de ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports) tant qu'il était maire de Paris. Et depuis 2001, plus grand chose. Alors c'est vrai, il faut faire la part des choses concernant Chirac, mais quand même, le parfum de malhonnêteté et d'indélicatesse est fort et vouloir passer l'éponge sous le prétexte d'âge et d'ancienneté, c'est un peu gros. Il y a un moment où on doit rendre des comptes, même si ensuite, la condamnation n'est que symbolique.

Le Figaro me déçoit de plus en plus.

mardi 20 novembre 2007

Pour le plaisir de qui ?

Le Figaro nous annonce une série de matchs exhibitions entre Pete Sampras et Roger Federer. Au delà de l'absence d'intérêt d'une telle information, c'est la manière dont le Figaro en parle qui m'irrite profondément. C'est littéralement un publi-reportage, qui sert la soupe à l'évènement sans la moindre question. On nous détaille la "stature" de chacun des deux protagonistes, on bavarde sur le passage de relais entre les deux champions, on brode sur "l'intérêt" qu'il peut y avoir à organiser de tels matchs. Par contre, pas un mot sur les finances. Non, c'est juste "pour le plaisir".

On se fout de la gueule de qui ? Bien entendu qu'il y a aussi (et surtout) une affaire de gros sous, parce que sportivement, le déséquilibre est tel qu'une victoire de Sampras serait une escroquerie. A moins que pour pimenter la chose, on accroche un poids autour de la taille de Federer, comme on met un "handicap" aux chevaux lors des courses hippiques. Exhibition, voilà le mot, que l'on peut appréhender positivement (ça, le Figaro le fait), mais aussi négativement. On crée de toute pièces un "évènement", qui ne serait rien sans le battage médiatique autour, parce qu'en lui-même, il ne vaut rien. Et combien d'évènements comme celui-là sommes-nous obligés de subir, remplissant notre vie de bruit sans intérêt. Enfin, sans intérêt pour nous, parce que d'autres y trouvent tout à fait leur intérêt, à nous polluer.

vendredi 16 novembre 2007

Le foirage de la carte judiciaire

Rachida Dati vient de terminer son tour de France. La tableau de chasse est impressionnant, avec des juridictions supprimées, d'autres dégradées (des TGI transformés en TI "renforcés"). Sur le fond, il y avait besoin d'une remise à plat de la carte judiciaire, mais la réforme a été menée de telle manière que l'on peut parler de vaste loupé, voire d'erreur politique majeure.

La première erreur est de lancer cette réforme à six mois des municipales. Combien d'élus UMP se sont retrouvés cisaillés et complètement disqualifiés pour ne pas avoir pu sauver leur tribunal. Certains ont eu l'intelligence de reconnaitre que l'affaire était perdue d'avance et ne sont pas engagés sur la défense mordicus de leur juridiction. Mais beaucoup n'ont pas suivi cette voie, se sont faits les protecteurs de leur tribunal, avec force déclarations. Leur crédibilité est détruite auprès de leurs électeurs, surtout pour les députés-maires. J'attends les résultats des municipales et des cantonales dans certaines villes.

Deuxième erreur, axer cette réforme sur les suppressions de juridictions. Certes, il fallait en supprimer, mais dans certains endroits, il fallait en créer. Je pense à la Seine-Saint-Denis, ainsi qu'à tous les lieux en pleine croissance démographique. Quelques nouveaux tribunaux ont été créés, mais trop peu, et surtout, sans aucune communication sur le sujet. Résultat, une image de grande faucheuse qui risque de coller longtemps à la peau de Rachida Dati. D'autres solutions aurait permis d'atténuer l'image négative, comme la création de pôles spécialisés qui auraient donné à certaines cour d'Appel, et à quelques TGI une compétence particulière, sur un sujet rare ou technique, assurant un niveau d'activité acceptable. Cela viendra sans doute, mais après, parce que le sujet n'est pas mûr. Voilà comment on arrive à un désastre en terme de communciation.

Troisième erreur, la pseudo concertation. Il fallait opter, soit pour une réforme technocratique, imposée, soit pour une réforme concertée, réellement discutée avec les parties prenantes. Pour avoir pris les gens pour des cons en menant une réforme technocratique déguisée en réforme concertée, Rachida Dati a mécontenté tout le monde. Les élus et les corps professionnels liés à la Justice sont furieux d'avoir été pris pour des imbéciles, les technocrates sont mécontents, car cette réforme de la carte judiciaire, c'est du travail ni fait ni à faire. On a bien taillé dans le vif, mais sans arriver à une réelle cohérence d'ensemble. Le travail sera à remettre sur le métier.

Quatrième erreur, ne pas avoir su résister aux tentations du copinage pour mener une réforme réellement objective. Des parlementaires n'ont pas manqué de le souligner pendant la discussion du budget de la justice, il y a eu des départements plus égaux que d'autres. La Somme perd deux TGI sur trois. Le département voisin de l'Aisne, comparable en terme de population et d'activité, garde ses trois TGI, parce qu'un des élus de l'Aisne s'appelle Xavier Bertrand. En Haute Savoie, on assiste à mieux, avec aucune suppression et deux créations de juridictions. Le TI de Saint Julien-en-Genevois est transféré à Annemasse (dans un autre département, il aurait été purement et simplement supprimé) et deux tribunaux de commerce sont créés, à Annecy et à Thonon les Bains. Comme si un seul Tribunal de Commerce à Annecy n'aurait pas suffit. Mais là encore, il y a un caïd, en la personne de Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, député de la Haute-Savoie. Tout cela laisse un arrière-goût amer, car des juridictions qui auraient normalement dûes être supprimées ont été préservées. L'exemple le plus frappant est celui de la cour d'Appel de Metz, qui ne couvre qu'un département et trois TGI. La logique aurait été de la supprimer et de rattacher son ressort, soit à la Cour d'appel de Nancy (mais là, c'est le drame en Moselle), soit à la Cour d'Appel de Strasbourg, avec l'argument imparable de la concentration sur une même cour d'Appel des trois départements ayant un droit local particulier (le droit d'Alsace-Moselle). Et bien non, rien, pas une menace sur cette micro cour d'Appel.

Malgré ce ratage, Rachida Dati reste à son poste. Elle doit avoir sacrement la cote à l'Elysée, parce que n'importe quel autre ministre aurait déjà sauté (à juste titre d'ailleurs) pour avoir foiré aussi lamentablement l'une des premières réformes du quinquennat.

jeudi 15 novembre 2007

Rumeur de rachat

Les négociations sont en cours pour une OPA amicale de l'église catholique sur les orthodoxes, au moins sur la maison mère historique, la patriarcat de Constantinople. Les négociations sont encore loin d'aboutir, mais un début d'accord semble trouvé sur la gouvernance de la nouvelle entité, qui serait assuré par l'actuel dirigeant des catholiques. Mais cet accord est fragile, car il n'a été signé que par la filiale byzantine, qui a conservé la marque, alors que l'essentiel des actifs sont détenues par la filiale moscovite, beaucoup plus rétive à la fusion, du fait de rivalités commerciales fortes, le patriarche de Mouscou accusant les catholiques de démarchage abusif et de non respect des clauses de non concurrence territoriale.

Tout cela n'est que de la cuisine institutionnelle. C'est un évènement mineur, qui peut tout au plus permettre un dialogue plus apaisé, du fait de la résolution de points de conflits. Encore que, le patriarche de Constantinople, avec ses 4000 fidèles, n'inquiète pas franchement Rome, avec qui il n'a pas de réel conflit. Ce rapprochement tient plus de l'accord successoral entre un mourant, qui se prépare à léguer le peu qui lui reste à son lointain cousin catholique, déshéritant au passage un cousin plus proche, le patriarche de Moscou. Dans tout cela, il y a un grand absent, le Christ et son message. C'est pourtant autour de cela que tout devrait s'organiser, graviter.

mercredi 14 novembre 2007

Discret et tenace

Adrien Gouteyron est un parlementaire intéressant. Inconnu du grand public, ce vice-président du Sénat se livre à un travail remarquable de contrôle. Chargé du rapport de la mission budgétaire "action extérieure de l'Etat", il ne se contente pas (comme nombre de collègues sénateurs ou députés d'ailleurs) de faire écrire son rapport par l'administrateur du Sénat en se désinteressant largement du sujet ensuite. Non seulement ses rapports budgétaires sont fouillés, mais en plus, il traite par des rapports particuliers les problèmes particulièrement épineux de son domaine d'action et il s'assure que ses recommandations sont bien prises en compte par l'administration concernée. Et avec le Quai d'Orsay, Dieu sait qu'il y a du boulot pour les faire aller là où ils ne souhaitent pas forcement aller.

Il va jusqu'au bout de ses fonctions, en défrichant le terrain pour ses collègues. Son rapport numéro 464 "quels indicateurs de performance pour le contrôle parlementaire" est en ce sens exemplaire, car il s'interroge sur la qualité et les limites du contrôle parlementaire. Je vous rassure tout de suite, les limites ne sont pas atteintes, loin s'en faut. Adrien Gouteyron propose une vision apasiée et "constructive" du contrôle parlementaire, loin des effets de manche et des coups d'épée dans l'eau. Je vous met ici le petit texte de résumé.

"Le contrôle de l'administration par le Parlement, parce que celui-ci est le réceptacle naturel des préoccupations de nos concitoyens, représente plus qu'une exigence pour les parlementaires : un devoir. Mais, en matière de contrôle, le Parlement a aussi une obligation de résultat. Pas de dénonciation sans proposition, pas de proposition sans analyse des suites données à ses propositions, pas de suivi sans initiative destinée à se rappeler au « bon souvenir » d'une administration qui serait restée insensible à ses recommandations. Telle est la pratique souhaitable d'un contrôle parlementaire désormais astreint à un devoir de performance. Pour cette raison, M Adrien Gouteyron, rapporteur spécial de la mission « Action extérieure de l'Etat » a souhaité faire un premier bilan des suites données à ses travaux de contrôle en 2006 à l'aide des deux premiers indicateurs de performance du contrôle : un indicateur de « bruit médiatique », en progression depuis 2006, et un indicateur relatif à la prise en compte des préconisations de la commission des finances. 62 % des préconisations faites en 2006 avaient été intégralement prises en compte à la fin septembre 2007. Au cœur du contrôle figure désormais la nécessaire amélioration de l'accès à l'information ce qui conduit notamment M. Adrien Gouteyron à souhaiter être destinataire de manière systématique des télégrammes diplomatiques à caractère budgétaire."

C'est une vision du travail parlementaire que je partage pleinement. Elle peut apparaitre austère et technique, mais c'est parfois comme cela que l'on fait réellement avancer les choses. Un parlementaire devrait être jugé sur ces résultats, sur la qualité de son action, plutôt que sur la quantité et sur les moyens qu'il a mis en oeuvre (nombre de questions écrites, d'amendements, d'intervention en séance publique ou en commission...). A ce tarif là, on trouve beaucoup plus de "bons parlementaires" au Sénat.

On aurait du faire comme ça depuis longtemps

Les CRS sont intervenus pour débloquer un bâtiment de la faculté de Nanterre, dont l'accès était bloqué par des manifestants. On aurait dû procéder ainsi face aux grouspuscules ultra-minoritaires depuis bien longtemps. En démocratie, le pouvoir est dans les urnes, pas dans la rue, et des manifestants n'ont pas à remettre en cause une loi votée par le Parlement. Ils peuvent s'exprimer, manifester, à condition ne pas entraver la liberté des autres. Il est bon de temps en temps de rappeler cette règle à des activistes qui passent leur temps à bafouer la liberté des autres.

A partir du moment où les choses se font dans la légalité, à requête des autorités chargées de la police des lieux (ici le président de l'université), l'action de la police est légitime. Il n'y a pas eu d'excès (sinon, vous pensez bien qu'on en aurait entendu parler) et les étudiants ont pu aller en cours. Les encouragements à la police "allez les bleus" me font plaisir, notamment parce qu'ils montrent qu'un certaine forme de terrorisme intellectuel ne fonctionne plus sur les jeunes. De mon temps (c'est-à-dire quand j'avais 20 ans), un tel soutien à la police vous marquait comme un "facho" et vous étiez ensuite stigmatisé. D'où la grande passivité face aux groupuscules gauchistes. On fermait notre gueule pour ne pas avoir d'emmerdes, en leur laissant le terrain. Ce temps là est fini et c'est tant mieux !

mardi 13 novembre 2007

Ne pas tout sacrifier

La vie politique, quand on s'y engage, amène à beaucoup sacrifier, et en premier lieu sa vie de famille. Combien d'enfants de politiques pourraient témoigner (la fille d'Eric Besson l'a fait très cruellement d'ailleurs) sur tout les problèmes liés à l'absence d'un parent (souvent un père) trop pris par sa passion. Combien d'épouses qui ne voient leurs maris que tard le soir et parfois le week-end.

C'est pourquoi il faut noter comme un fait exceptionnellement positif la démission du vice-chancelier allemand. Sa femme étant gravement malade, il préfère quitter ses fonctions au plus haut sommet de l'Etat, sans guère d'espoir d'y revenir (il a 67 ans) pour accompagner son épouse dans ce qui risque d'être sa dernière maladie. Combien d'hommes politiques, confrontés à la même situation, ont fait ce choix ? Pas beaucoup, et c'est bien triste.

A la grève comme à la grève

Cela faisait longtemps que la France n'avait pas connu un véritable "conflit social" où plusieurs mécontentements se rejoignent pour tenter de paralyser le pays de manière organisée et concertée. Le dernier grand pic a eu lieu en 1995, avec les grandes grèves contre le plan Juppé. Par la suite, il y a eu bien entendu de l'agitation (sur le CPE notamment), mais le pays n'était pas bloqué, mis à part quelques boulevards parisiens et de quelques grandes villes.

Visiblement, nous sommes à la veille d'une semaine noire, en Ile-de-France au moins. La grève des transports risque d'être quasi-totale et sur plusieurs jours. Pas moyen d'y échapper en prenant une journée de RTT mercredi. Il va bien falloir retourner au travail, honorer ses rendez-vous. On ne peut tout décaler au delà de plusieurs jours. La grande inconnue, c'est la réaction du public, des usagers. En 1995, ils avaient pris globalement fait et cause pour les grévistes. En sera-t-il de même cette fois-ci ?

12 ans se sont écoulés. Les mentalités évoluent, les raisons de la grève ne sont plus les mêmes, les moyens techniques sont tout autres (en 1995, pas de net, pas d'infos sur ratp.fr). Différents signaux montrent que les grévistes vont se retrouver face à une mobilisation plus importante des anti-grèves et de tout ceux qui, passés les premiers jours, ont besoin de reprendre leur activité normale. Chez les étudiants, je suis assez sidéré des évolutions. Que des votes soient organisés de manière à peu près régulière et loyale pour ou contre les blocages, c'est un grand progrès, impensable il y a encore quelques années, quand tout se passait dans des "AG" qui ressemblaient à des soviets, noyautées par les militants d'extrême gauche, où les non grévistes n'avaient aucun droit à la parole, et où tout finissait par se décider à main levée et à l'unanimité. Mais le plus inimaginable, c'est que le résultat du vote puisse être contre le blocage et en plus dans une fac comme Rennes 2, véritable repaire de gauchistes de tout poil (je le sais, j'y ai été étudiant). Là, il y a un véritable virage. Les gauchistes ne vont pas en rester là et vont sans doute tenter le blocage sauvage. On risque alors d'avoir une autre surprise, avec l'intervention de la police et des CRS pour dégager le campus. Il y a encore 10 ans, (quand j'y étais) un président d'université qui aurait fait entrer ne serait-ce qu'un seul policier sur le campus, se serait fait lyncher. Aujourd'hui, il semble que le vote démocratique est la première étape pour une intervention légitime des forces de l'ordre. Je ressens la même chose dans le public usager des transports parisiens. Je ne conseille pas aux activistes de tenter de bloquer les quelques métros ou trains qui circuleraient, ils risquent de se faire écharper par les voyageurs. Je conseille aussi aux syndicats de réserver les rues pour leurs manifestations, sous peine de se retrouver face à des cortèges d'usagers mécontents, aussi, voire plus fournis que les leurs.

La culture politique de notre pays a évolué, et accepte de moins en moins bien la voie de fait, la prise en otage de tous par une petite minorité, surtout pour défendre des intérêts purement catégoriels. Contrairement à ce qu'ils pourraient croire, les gauchistes qui sont derrière tout cela ne sont pas en position de force pour un bras de fer avec le pouvoir. Sarkozy n'est pas Chirac, il ne se couchera pas si vite devant les manifestants. Et au final, ce sont les syndicats qui perdront, sans avoir rien obtenu de plus, sinon de s'être discrédités. Un moyen comme un autre de redessiner le paysage social français, et de faire passer des réformes dans la foulée.

lundi 12 novembre 2007

La loi existe, il suffit de l'appliquer

En france, on fait des lois, qui du seul fait de leur existence, règlent les problèmes. Enfin en théorie, car la réalité étant têtue, les problèmes finissent par resurgir. On décide alors de faire une nouvelle loi, sans forcement avoir appliqué, ni même évalué l'efficacité de l'ancienne loi. Nous avons un magnifique cas d'école avec le projet de loi actuellement en discussion sur les chiens dangereux. Il a suffit de quelques attaques spectaculaires, bien relayées dans les JT avides de sang et de pauvres petits enfants cruellement mordus (l'émotion, toujours l'émotion) pour qu'on nous ressorte un projet de loi, alors même que le sujet avait déjà été traité par une loi de 1999, et que la question ne se limite pas aux pitt-bulls (les labradors aussi peuvent mordre).

Un autre texte de loi semble prendre le même chemin, il s'agit de la loi 2006-784 du 5 juillet 2006 sur la prévention des violences lors des manifestations sportives. Les incidents dus aux hooligans sont du même ordre que ceux provoqués par les chiens dangereux. C'est spectaculaire, abondamment relayé dans les médias, et susceptibles de toucher n'importe qui. Une loi a donc été votée, les décrets ont été pris, elle est applicable depuis le début de l'année. Les deux rapporteurs, suivant une bonne tradition instaurée à l'Assemblée, on produit un rapport, un an après le vote de la loi, pour étudier sa mise en application. La partie intéressante et significative se trouve dans les conclusions et les propositions des rapporteurs. Ils écrivent, noir sur blanc, que les services de l'Etat ne font pas assez usage des moyens que leur donne la loi, et que de ce fait, la loi perd une grande partie de son efficacité : "Toutefois, votre rapporteur et votre co-rapporteur constatent que les dispositions législatives en matière de violences des supporters ne sont mises en œuvre par les services de l’État que sous le coup de l’émotion, à la suite d’incidents graves. Or, la politique de lutte contre ce type de violences requiert un effort constant de prévention. Il serait particulièrement dangereux que l’effet dissuasif momentané de la loi conduise à baisser la garde. Cette relative passivité des services de l’État s’explique en partie par l’attitude de certains responsables qui considèrent que le hooliganisme n’est qu’un problème de football, affectant des supporters qui se battent entre eux, et qui n’appelle pas nécessairement d’actions des pouvoirs publics" et un peu plus loin : "Toutefois, votre co-rapporteur constate que les services chargés de l’application de la loi, en particulier les préfectures, agissent davantage en réaction à des incidents graves que de manière à assurer une prévention constante de ces actes de violence. Si le législateur s’est inspiré de l’exemple anglais, les mesures prises sur le terrain restent très en deçà des politiques menées outre-Manche. En particulier, le nombre d’interdictions de stade prononcées reste très faible, alors même que leur durée est limitée à trois mois, ce qui ne permet pas d’écarter réellement les supporters violents des stades. L’absence de mise en œuvre de la procédure de dissolution témoigne aussi du manque d’intérêt porté à ces nouveaux instruments juridiques".

Tout est dit. A quoi cela sert-il de voter des lois si elles ne sont pas appliquées. On prend les paris, à quand la prochaine loi sur les violences lors des manifestations sportives ?

El rey

Je suis surpris par le nombre d'interventions récentes du roi d'Espagne, Juan Carlos. Alors qu'il se faisait discret, restant en retrait de la vie politique, il vient d'enchainer plusieurs sorties spectaculaires. La dernière en date est ce coup d'éclat (justifié) contre Hugo Chavez, qui passe son temps à raconter des conneries. Cela vient après une visite aux relents très nationalistes à Ceuta et Mellila, les enclaves espagnoles en terre africaine. Son homologue du Maroc, Mohammed VI, a très moyennement apprécié. Le roi d'Espagne a également présidé un conseil de Défense, chose qu'il n'avait pas fait depuis bien longtemps, bien qu'il soit théoriquement chef des armées.

Doit-on voir dans cet activisme une réponse aux attaques contre la monarchie. Alors que la question de la monarchie ne se posait plus en Espagne depuis l'échec du coup d'Etat de 1981, le roi s'est senti obligé de monter au créneau. Les républicains ont toujours existé, mais savaient leur cause totalement marginalisée par l'action en faveur de la démocratie et le charisme de Juan Carlos. Aujourd'hui, 30 ans après, ils resurgissent dans les médias et trouvent un écho inhabituel. Tout cela est à rapprocher du mouvement actuel de retour de la mémoire à propos de la guerre civile, où les petit-fils des républicains et les anciens franquistes s'affrontent. Arrive au pouvoir une génération qui n'a pas vécu le franquisme, ni la guerre civile. Les positions de leurs parents ou de leurs aînés, qui ont géré la transition démocratique, leur sont assez étrangères, ou du moins très théoriques. Et les rapports de force ont évolué, permettant des évolutions importantes, pas forcement exemptes de conflit. On le voit bien avec la résistance farouche de l'église catholique espagnole (du moins de sa hiérarchie), nostalgique de l'alliance du sabre et du goupillon et du catholicisme religion d'Etat (version France d'Ancien Régime).

C'est, à mon avis, une période charnière pour l'Espagne qui s'ouvre. Un certain nombre de fondements sont remis en cause, les compromis de 1975 deviennent plus ou moins caducs. Juan-Carlos semble avoir très bien senti cela, et la nécessité, pour préserver l'institution monarchique, de l'appuyer sur une autre légitimité que sa seule action en faveur du rétablissement de la démocratie. Car l'Espagne est plus juan-carliste que monarchiste, et le prince des Asturies n'est pas assuré d'hériter, en plus de la couronne, de la légitimité personnelle de son père. Je suis curieux de voir comment la monarchie espagnole va mener sa mutation. En tout cas, on ne peut pas dire que ce soit une institution figée.

samedi 10 novembre 2007

Officine barbouzarde

Le site Backchich.info vient de franchir une nouvelle étape dans le maljournalisme, avec cet article sur André Santini et sa voiture verte. Selon les deux journalistes, André Santini risquerait l'invalidation pour avoir bénéficié du prêt d'un véhicule écologique, roulant au gaz naturel de ville.

L'argumentation des deux journalistes est complètement fumeuse. Ils semblent arguer du fait que le véhicule étant un prototype, il ne pouvait pas être loué, et que donc, André Santini a bénéficié d'un avantage en nature d'une entreprise, ce qui est effectivement interdit. Sauf que, André Santini a produit une facture, comme quoi son mandataire financier a pris en charge financièrement le coût de la mise à disposition du véhicule. Il est donc parfaitement en règle avec les lois sur le financement des campagnes électorales. Une entreprise fait ce qu'elle veut, et si elle entend louer un bien ou service pour une personne particulière, sans pour autant le faire pour le grand public, c'est son droit le plus strict. De la même manière, peu importe à qui appartient réellement le véhicule, qui peut très bien être légalement entre les mains d'une autre entreprise que celle mentionnée sur la carte grise. La location de véhicule, cela existe, et rien n'interdit de sous-louer. C'est vraiment chercher la petite bête là où il n'y a strictement rien.

Je n'arrive pas à comprendre pourquoi ce site s'arrête sur ce détail et y trouve quelque chose de répréhensible, sinon par archarnement et par hostilité personnelle pour André Santini. Car cet article sur la voiture au gaz du candidat Santini n'est pas le seul. D'autres, beaucoup plus agressifs, tentent de faire passer ce personnage au physique débonnaire pour un corrompu. J'ai beaucoup de mal avec ces pseudo-organes de presse, qui ne sont en fait que des officines barbouzardes à peine déguisées, chargées d'assurer les basses besognes et les attaques en dessous de la ceinture sur les cibles qu'on leur désignent. Ce genre d'article absolument sans fondement sur une éventuelle invalidation d'André Santini en est une magnifique preuve.

vendredi 9 novembre 2007

On a eu chaud

J'ai toujours été frappé par les affiches du parti communiste, qui appèlent à lutter, à reprendre l'initiative, à "battre la droite", mais qui jamais ne proposent quelque chose. On ne construit pas un projet politique sur des refus et une unité uniquement en brandissant un chiffon rouge. J'ai l'impression que c'est l'ensemble de la gauche (une partie du PS compris) qui glisse sur cette pente. A lire sur le sujet la reflexion de Sébastien Fath, sociologue, qui me parait très pertinente. Quand des gens de gauche comme lui en arrivent à désespérer de leur propre camp, on se dit une fois plus "heureusement que Ségolène n'a pas été élue en mai dernier".

Collège Félix Djerzinski

Au détour d'un blog très intéressant, je découvre qu'il existe en France un collège Félix Djerzinski, du nom du fondateur de la Tcheka, organisme ensuite rebaptisé KGB. Et personne ne semble trouver cela gênant ou anormal. Par contre, imaginez un seul instant un collège "Hermann Goering", vous savez, le fondateur de la Gestapo, véritable jumeau de la Tchéka...

jeudi 8 novembre 2007

Des élus de la Nation

Les députés sont élus dans le cadre d'une circonscription, mais une fois en place, ils sont les élus de la Nation. La fiction juridique est pourtant bien fragile quand on touche aux intérêts de leurs électeurs. On le voit avec la réforme de la carte judiciaire, dès qu'un TGI ferme, le député du coin se met à brailler, dénonçant le manque de concertation. Les bonnes vieilles recettes sont toujours là, avec Jérôme Bignon (qui perd deux TGI, donc double dose de protestation) en faux cul de première : "je suis pour la réforme, mais chez les autres". C'est vrai que supprimer le tribunal des prud'hommes de Friville-escarbotin mettrait la France en péril...

Mais hurler dans le vide, cela n'a pas d'intérêt, alors on monte un petit coup, dans la salle des quatre colonnes, le mercredi avant les questions. On est sur d'avoir plein de journalistes qui n'attendent que les petites phrases et les attaques personnelles. On leur en balance donc quelques unes, avec des vacheries sur Rachida Dati. Le drame, c'est que certains journalistes avalent sans beaucoup de recul et font un papier sur le sujet, en se contenant de relayer les bons mots, sans véritablement donner les enjeux et le dessous des cartes. En bref, il sert le soupe et en profite pour faire un papier vite écrit et facilement lisible car ne demandant pas d'effort au lecteur. J'attend un peu plus de lucidité et de recul des journalistes, qui sinon, ressemblent beaucoup à des blogueurs...

mercredi 7 novembre 2007

La poursuite de l'exception Rachida

Rachida Dati sera tête de liste UMP aux municipales dans le 7ème arrondissement de Paris. Le risque pris est faible, vu la couleur politique de cet arrondissement parisien, pas prêt de basculer à gauche.

Certains n'arrivent pas à comprendre, semblant croire que les arabes sont destinés à être candidats dans les banlieues. Je considère à l'inverse que cette candidature de Rachida Dati (même si le coté cumul des mandats me laisse un goût un peu amer) est une nouvelle victoire, car la difficulté pour un candidat UMP dans le 7ème arrondissement de Paris n'est pas d'être élu, mais d'être désigné comme candidat et d'arriver à fédérer autour de soi. Parce que les appétits sont nombreux pour cette place, bien plus que pour être tête de liste dans le 19ème arrondissement de Paris. En temps ordinaire, les "minorités visibles" sont cantonnées aux sièges perdus d'avance, comme Lynda Asmani dans le 10ème arrondissement de Paris (et c'est valable aussi à Gauche).

Alors, pensez donc, une femme, d'origine maghrébine, candidate pour un fauteuil en or massif. En temps ordinaire, on aurait trouvé là un homme blanc, la cinquantaine, 20 ans à patienter et à se battre comme un chien pour en arriver là (exemple : Philippe Goujon dans le 15ème arrondissement). Certes, c'est un peu la seule, mais qu'il y en ait une, c'est déjà bien, c'est une brèche ouverte. Le tout maintenant, est que Rachida Dati arrive à se faire mieux accepter des électeurs du 7ème arrondissement que des magistrats. Nicolas Sarkozy lui a offert la tête de liste sur un plateau, à elle de faire ses preuves et de transformer l'essai. Pour une fois qu'une personne issue de l'immigration est en position de le faire !

mardi 6 novembre 2007

Le cycle de la "grève étudiante"

Les syndicats étudiants tentent, sans véritable motif, de lancer les universités dans ce que l'on appelera, par facilité, la grève. De mes années étudiantes, me reste le souvenir de grèves et d'agitation à intervalles plus ou moins réguliers, en général tous les deux à trois ans. Et cela, indépendamment de l'actualité politique. Des grèves "statutaires" en quelque sorte.

J'ai toujours interprété cela comme le besoin irrépressible, pour tous les glandeurs de l'UNEF et des autres groupuscules gauchistes (CNT, Sud...) d'avoir leur grève, celle qu'ils ont soigneusement préparée, orchestrée. Ils ne l'auraient pas, il manquerait quelque chose à leur cursus militant. C'est vrai qu'un certain nombre d'entre eux ne sont pas à la fac pour étudier, mais pour militer, et que l'organisation d'une grève, c'est un peu leur examen final pour l'obtention de leur diplôme de militant gauchiste. D'où ce retour cyclique, car une fois qu'une génération a eu SA grève, elle est heureuse et ne cherche plus à "mobiliser".

Parfois, pas besoin de faire monter la sauce, c'est le gouvernement (de Droite) qui fournit la dynamite. Le dernier baril de poudre s'appelait le CPE. Un vrai bonheur pour le militant de l'UNEF, de l'or en barre. Avant, il y avait eu le CIP (le fameux SMIC-jeunes) d'Edouard Balladur, en 1994 et la réforme Devaquet en 1986. Que de combats épiques, d'AG enfièvrées, de luttes de tendances et de courses à pied avec les CRS aux fesses. Et que de faits d'armes à raconter aux jeunes générations, arrivée après la guerre et frustrées de ne pas être à la hauteur de leurs glorieux aînés. Quand il n'y a rien, on invente un épouvantail, prenant la moindre réforme comme prétexte. Cette fois-ci, c'est la réforme des universités de Valérie Pécresse qui servira d'exutoire.

Pourtant, il n'y a pas grande audace dans ce texte, et le peu qui a été voté n'est qu'une palette d'instruments que les universitaires utiliseront, ou pas. La mobilisation n'intervient que maintenant, de manière très déconnectée par rapport à l'actualité de ce texte, voté cet été. Mais c'est vrai que mobiliser les étudiants en juillet, c'est pas gagné. Et comme la rentrée n'ayant lieu que fin septembre ou début octobre, il faut laisser le temps aux militants de reprendre le rythme, de remettre la machine en route. Cela donne une mobilisation possible après les vacances de la Toussaint, pour une sauce qui doit absolument prendre avant les fêtes de fin d'année (qui ont tendance à briser totalement toute "mobilisation"). Le déroulement est toujours le même, on allume le feu dans quelques foyers, souvent les mêmes d'ailleurs, avec des blocages de locaux, des "votes" et des "Assemblées générales" manipulées et truquées.

Schéma d'organisation classique, arguments d'une mauvaise foi classique, franchement, rien ne change dans le "syndicalisme étudiant", qui tient davantage de ma noeuvre politicienne des groupuscules gauchistes contre les gouvernements de Droite que de la défense des intérêts des étudiants. J'espère que les étudiants, comme ils l'ont montré depuis peu, ne seront pas dupes et ne se laisseront pas embarquer dans des combats qui ne sont pas les leurs.

le poids du microcosme

C'est amusant d'observer le décalage qui peut exister entre la vision d'un certain microcosme, qui se focalise sur une facette (pas forcement très reluisante il est vrai) de la personnalité d'un homme politique et celle du reste de la population. Et le drame, c'est que les médias suivent l'ultra-minorité, ne pouvant s'empêcher d'ajouter systématiquement après le nom de Christian Vanneste, la mention de sa condamnation pour propos homophobes. Comme s'il se résumait uniquement à ce point qui est le centre de leur préoccupation à eux, sans penser un instant que l'immense majorité peut s'en foutre complètement !

C'est bien pour cela que Christian Vanneste sera investi comme tête de liste UMP aux municipales à Tourcoing, tout comme il a été investi par l'UMP aux dernières législatives. Parce qu'il est tout simplement le meilleur candidat possible pour l'UMP à Tourcoing, et que le but d'un parti politique est de remporter les élections, pas de complaire à des minorités revendicatives. Et la question des municipales de Tourcoing est particulièrement sensible, car si Vanneste l'emporte, il serait possible de faire basculer à Droite la communauté d'agglomération de Lille, actuellement présidée par Pierre Mauroy (qui se retire) et que convoite le premier vice-président UMP, Marc-Philippe Daubresse. Alors vous pensez bien que les indignations quelques homos parisiens, relayés par quelques journalistes fréquentant le même microcosme, cela ne pèse pas bien lourd.

vendredi 2 novembre 2007

Un job comme un autre

Je suis sidéré par la réaction de Bernard Laporte et de Maud Fontenoy à la proposition qui leur a été faite d'entrer au gouvernement. Le premier a accepté, la seconde a refusé. Pourtant, ils sont sur la même longueur d'onde quant à la proposition qui leur est faite. Secrétaire d'Etat, c'est une proposition d'emploi comme une autre, un simple job.

Etre membre du gouvernement de la France, ce n'est pas simplement être en charge d'un secteur particulier. C'est aussi être membre d'une équipe, qui, pour encore quelque temps, détermine et conduit la politique de la France. Il y a dans ce poste un aspect civique, un engagement politique vis-à-vis de ses concitoyens qui semble avoir totalement échappé à Bernard Laporte et à Maud Fontenoy.

C'est tout le problème des ministres non politiques, recrutés hors du milieu politico-administratif pour une compétence technique particulière (genre Christine Lagarde) ou pour leur image médiatique (beaucoup d'exemples à commencer par Bernard Laporte et Maud Fontenoy). Comment voulez-vous que ces gens là puissent faire de bons ministres s'ils sont dénués à ce point de sens politique et surtout, de sens de l'engagement citoyen. On ne devrait pas devenir ministre comme on deviendrait animateur dans une émission télé ou entraineur d'une équipe sportive. Un vrai politique doit savoir sentir, capter les attentes, acquerir l'autorité et le poids pour faire avancer ses dossiers, les porter jusqu'à l'aboutissement. Et pourtant, à chaque gouvernement, que ce soit de droite ou de gauche, on cède à la tentation des ministres-gadgets. Ils ne restent jamais bien longtemps, on se demande bien pourquoi.

Je pense qu'on a eu chaud avec Maud Fontenoy, et qu'on risque de s'amuser (ou de s'attrister, c'est selon) avec Bernard Laporte. Tout cela ne serait pas si grave s'il y avait au dessus d'eux un ministre de tutelle qui ait la carrure...

Misère de l'antisarkozysme primaire

Une photo, ridiculisant Nicolas Sarkozy, a fait très rapidement le tour de la blogosphère politique. Avec comme excuse "je sais ce n'est pas sympa, je sais que cela ne fait pas avancer le débat, mais c'est tellement jouissif de pouvoir se foutre de sa gueule". En fait, cette photo est un montage...

Même si la plupart des blogueurs que je lis et qui sont tombés dans le panneau ont eu l'honnêteté d'avouer leur erreur, je ne peux pas m'empêcher de me marrer !!! C'est fou ce qu'un militant peut plonger illico presto dès qu'on lui met sous le nez une chose qu'il a envie de voir ou de lire. Bien sûr que Nicolas Sarkozy est petit, qu'il met des talonnettes et des semelles orthopédique et qu'à chaque fois qu'il le peut, il utilise une petite estrade pour monter derrière son pupitre de discours. Mais cela fait des années qu'on le sait. Une telle photo (non truquée) ne serait pas un scoop, mais bon, il faut bien les comprendre, ces pauvres militants antisarkozistes en manque d'arguments. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a...

Sarkozy le transparent

S'il y a bien une qualité qu'on ne peut pas dénier à Nicolas Sarkozy, c'est sa volonté de transparence. Il agit au grand jour et refuse de se cacher, quite à en payer parfois le prix politique (sur son traitement ou pour ses vacances par exemple). Il n'y a pas meilleur signe d'une volonté politique forte.

Mardi après midi, les députés ont examiné le budget de la mission "Pouvoirs publics" qui regroupe les budgets des assemblées et de la présidence de la République. Un changement majeur s'est opéré, à savoir que la présidence de la République s'est engagée dans une démarche de transparence complète de ses comptes. S'il y avait un député heureux, c'est bien René Dosière, qui depuis 2001, s'est lancé dans cette croisade pour la transparence du budget de l'Elysée. Et il y avait à dire, car Jacques Chirac (et ses prédecesseurs) étaient d'une opacité totale quand il s'agissait de leurs petites affaires. Les comptes de l'Elysée étaient truqués et largement sous-évalués. Le principe de sincérité y était bafoué et seul un député socialiste a eu le courage de dénoncer cet état de fait pourtant scandaleux. Les médias ont mollement suivi, surtout à partir du moment où René Dosière a commencé à avoir un peu de grain à moudre, parce que ce qu'il trouvait était croustillant et médiatiquement vendeur (du genre le montant des achats de thé de Bernadette ou le nombre de chauffeurs mis à sa disposition). Par contre, sur l'exigence de transparence et de sincérité, rien, Dosière préchait dans le désert. C'est pourtant là que son combat prenait tout son sens, dans cette exigence de vérité.

C'est ce revirement qui aujourd'hui me fait très plaisir. Désormais, toutes les dépenses effectuées pour le compte de la présidence se retrouveront dans le budget de la présidence. C'est donc à un véritable bond en avant que l'on va assister. Les dépenses de la présidence ne vont pas subitement augmenter, elles vont juste être régularisées. A titre d'exemple, sur les 983 fonctionnaires qui travaillent à l'Elysée, seulement 159 (soit 16%) étaient budgétairement rattachés à la présidence de la République. C'est là qu'on verra si René Dosière avait bien fait son travail, ou s'il avait oublié des choses. Il estime que la somme annoncée par la gouvernement (+68,5 millions d'euros) n'est pas suffisante, et qu'à son avis, il y a encore des dépenses "cachées" qui devraient être réintégrées pour environs 10 millions d'euros. Les réponses du gouvernement ont été un peu confuses, car les "pointages" du cabinet du Premier Ministre donnaient 1045 personnes travaillant à l'Elysée. Je pense que pour avoir l'image exacte et fidèle, il va falloir attendre un peu. Mais vu l'ampleur de la tâche, on peut comprendre cette relative imprécision.

Deuxième point, les comptes de la présidence vont être certifiés, c'est à dire soumis à un contrôle extérieur, celui de la cour des Comptes. Des rapports détaillés de l'emploi des fonds publics seront rendus au Parlement, et surtout au Public, via internet. Certes, ce n'est pas spectaculaire, mais quand l'exemple vient d'en haut, on peut espérer que derrière, le reste suive. Imaginez, disponible sur le site internet de chaque ministère, les comptes certifiés, retraçant sincèrement (et si possible finement) la manière dont les fonds publics ont été utilisés. Le but est d'arriver à une lisibilité totale des comptes, et que puisse effectivement s'appliquer l'article 14 de la déclaration des droits de l'homme de 1789 : "Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée". Si cela n'est pas un objectif politique ambitieux et louable, je ne sais pas ce qu'il vous faut !

Enfin, la rémunération du président de la République sera fixée par la loi. Après, plus moyen d'y toucher discrètement, c'est d'ailleurs le but général de la manoeuvre, que plus rien ne puisse se faire discrètement, à l'abri des regards. C'est donc en vertu de cela que Nicolas Sarkozy a souhaité s'accorder une augmentation. Même si elle est substantielle, elle n'est pas, à mon avis choquante. Que le président de la République gagne autant que le Premier Ministre, c'est normal, vu qu'il travaille autant (voire plus). Que le président français ait une rémunération dans la fourchette de ses homologues, c'est normal. Mais le drame, c'est que les français ont tendance à regarder ce genre de mesures par le petit bout de la lorgnette. Même si le président avait demandé une augmentation de 100 euros par mois, cela aurait été encore trop. Avant déjà, à 8000 euros par mois, il gagnait trop ! Dans l'esprit des français, les élus ne devraient rien gagner, ils devraient même payer pour exercer leurs fonctions !! Et bien entendu, la gauche s'est empressée d'enfourcher ce cheval de bataille pendant la séance des questions au gouvernement, jouant uniquement la polémique. Parce juste après cette séance de questions, il n'y avait plus grand monde sur les bancs socialistes pour s'opposer "effectivement" à cette augmentation.

Résultat, de tout cela, il n'est resté dans l'opinion qu'une seule chose : Sarkozy s'est fait augmenter de 140%. C'est bien dommage, car la portée politique des décisions de transparence budgétaire est plus lourde que le reste. Nicolas Sarkozy amplifie un mouvement général de transparence des comptes publics. Commencé en 2001 avec l'adoption de la LOLF, il se poursuit par ces clarifications comptables et par la certification. Les premiers résultats commencent tout juste à arriver, mais il faudra encore quelques années, voire une décennie, pour que tout cela porte pleinement ses fruits. En politique, avoir accès à l'information est essentiel. En obligeant une administration française encline au secret à s'ouvrir et à communiquer, on fait réellement progresser la démocratie dans notre pays. C'est en cela qu'on peut dire que Nicolas Sarkozy est un grand démocrate.